Templier : le dernier Gardien

9.99 

Ludovic Sablat est un homme simple. La trentaine, célibataire, il tient un magasin de livres d’occasion dans le quartier de la Croix-Rousse, à Lyon. Sa tante Agatha est la seule femme de sa vie : c’est elle qui l’a recueilli à la mort de ses parents, dans un accident de voiture, alors qu’il n’était encore qu’un bébé. Depuis, sa vie se partage entre le magasin, sa chatte Sonia et les visites d’Agatha.

Dernièrement, des cauchemars récurrents et de plus en plus réalistes le perturbent, le faisant douter de sa santé mentale, puis des événements étranges commencent à se produire autour de lui, ajoutant au trouble qui le gagne. Lorsque sa tante disparaît, tout bascule. Ludovic se retrouve entraîné dans une cascade d’événements dont ni lui ni son monde ne sortiront indemnes. Où est Agatha ? Qui est ce mystérieux visiteur qui vient le voir au magasin ? Et surtout, qui est Ludovic Sablat, en réalité ?

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Description

EXTRAITS DU LIVRE

Je marche. Je ne sais plus depuis combien de temps. Une heure ? Un jour ? Une semaine ? Le temps semble figé, ici. Autour de moi, il n’y a que scories et fumerolles, et il règne une chaleur infernale. C’est peut-être ça, après tout. Je suis mort et je suis en enfer, même si je ne vois pas ce que j’ai bien pu faire pour mériter ça. Tout est rouge, autour de moi, le sol comme le ciel et les vapeurs. C’est curieux, d’ailleurs : elles n’ont aucune odeur. Elles sont simplement très chaudes, presque brûlantes. Il n’y a aucune végétation, mais le sol n’est pas plat, loin de là. Je dois me frayer un chemin entre des monticules de roches pilées et coupantes comme de l’obsidienne. Ce sont plutôt des petites collines, en réalité.

Je me demande ce que je fais là. Je n’ai aucun souvenir de la manière dont j’y suis arrivé. Ce qui est curieux, c’est que je m’en fiche. Il faut que j’avance, c’est tout. Je ne sais pas pourquoi, mais je dois le faire. Quelque chose en moi me dit que si je ne le fais pas, je vais mourir. Et en même temps, si je suis en enfer, c’est que je suis déjà kaput ; alors qu’est-ce que je risque à m’arrêter ? À moins qu’il y ait plusieurs niveaux de mort ?

C’est bizarre, malgré la chaleur étouffante, je n’ai pas soif… Ni faim, d’ailleurs. Moi qui ai toujours un appétit d’ogre, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, je trouve cela de plus en plus étrange.

Soudain, devant moi, légèrement sur la droite, un monticule commence à bouger. Je m’arrête instantanément. Le tas se déplie et se retourne doucement vers moi m’exposant à une vision de cauchemar. C’est une espèce de monstre noir luisant de plus de trois mètres de haut. Au bout de ses bras, d’énormes mains s’ouvrent et se referment sur le cliquetis menaçant de longues griffes acérées. Un buste énorme surmonte deux jambes torses extrêmement musclées, mais le pire, c’est la tête. Deux yeux rouges comme des escarboucles luisent au fond d’orbites insondables. Le front est surmonté de deux longues cornes, noires et luisantes, elles aussi. La bouche, enfin, semble perpétuellement ouverte sur un rictus qui affiche de longues dents effilées et dégoulinantes d’une salive verte et corrosive. Chaque goutte provoque le dégagement d’une vapeur blanche en tombant au sol.

Je reste figé. J’aimerais bien fuir, mais mes pieds sont comme englués dans le sol. Le monstre s’approche et abaisse la tête vers moi. J’ai le regard plongé dans ses yeux couleur de rubis. Je peux y lire toute la malveillance, toute la perversion du monde, et pourtant, je ne parviens pas à m’en détacher. Tout doucement, je sens ses griffes m’enserrer la poitrine… (p.7-8)

******

Il est presque onze heures lorsque la clochette de l’entrée tinte. Je suis dans l’arrière-boutique, en train de ranger des cartons et jette un coup d’œil au moniteur de contrôle des caméras de surveillance. J’ai quelques volumes de valeur et je n’aimerais vraiment pas que quelqu’un me les fauche. Ils sont noyés dans la masse des autres livres, ce qui, à mon sens, est bien plus efficace que de les enfermer quelque part dans une vitrine, indiquant ainsi qu’ils sont très différents des autres.

Le gars est tout en jambes, la poitrine creuse et le visage émacié. Il a l’air malade. Je crois que je ne vais pas trop m’approcher de lui. Je ne sais pas de quels miasmes il est porteur, et je suis un peu hypocondriaque. On va éviter le contact direct.

Je sors de ma planque et passe derrière le comptoir. Il ne me prête pas la moindre attention. Je suppose qu’il est un peu comme moi. J’ai particulièrement horreur des vendeurs qui vous sautent sur le lard, dès que vous franchissez le seuil d’un magasin.

« Est-ce que je peux vous aider ? »

La plupart du temps, c’est une petite minette pimpante ou un grand dadais un peu efféminé qui se précipitent sur vous. On ne sait jamais, ils pourraient rater une vente. Ils ne se rendent pas compte à quel point c’est irritant. En règle générale, je me fends d’un « non merci » poli que j’agrémente parfois d’un «  je vous ferai signe si j’ai besoin de vous ».

Comme si c’était le cas pour choisir une chemise ou une paire de caleçons !

Informations complémentaires

Format Livre

ISBN Ebook

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A propos de l'auteur : P.J. Dubreuil

Professeur d’anglais à la retraite, P.J Dubreuil profite de sa liberté retrouvée pour écrire. Il a vécu une partie de sa jeunesse dans la région de Montpellier où il a fait ses études. Par la suite, il a enseigné dans de nombreuses structures universitaires, mais ce dont il est le plus fier, c’est d’avoir participé à « l’ascenseur social », lorsqu’il était coordinateur d’anglais au CUEFA (Centre Universitaire d’Enseignement et de Formation pour Adultes) de L’Isle d’Abeau dans le Nord Isère. De profundis est son septième roman.