Stigmates de vies zébrées ou l’imparfait de l’éternité

7.99 17.90 

À travers ces quelques textes présentés sous forme de nouvelles et de poèmes, sans ordre et sans chronologie, c’est ici le récit de rencontres et pensées, parfois romancées, avec une part de réel ou de pure fiction, mais toujours faites d’émotions de rêves ou de fantasmes portant sur les thèmes essentiels de l’existence injustifiée, de l’amour inaccessible, du temps qui passe et de l’enfance, à jamais inachevés… c’est-à-dire de ce que l’on pourrait nommer plus généralement « les choses de la vie », vécues et explorées avec ce regard propre aux individus qualifiés par la psychologie moderne de « zèbres », dont le trait de personnalité essentiel est plus généralement connu sous le terme de douance.
Et partant, souligner ainsi, pour mieux les appréhender, les plus courants des maux et de la souffrance nichés au creux de l’âme de ces personnes « extra-ordinaires », poètes quelque part malgré eux, que l’on dit surdouées mais toujours talentueuses, débordantes de richesses, hors normes et décalées.
Et pour le lecteur de rencontre, essayer ainsi de les mieux comprendre à travers quelques-uns de leurs rêves et souvenirs ou de ce qu’il en reste, c’est-à-dire, quelque part, quelques stigmates…

Effacer
UGS : ND Catégories : , Brand:

Description

L’enfant a six ans…

Il écoute la voix, dans cette cuisine immense tout en longueur, toujours froide, où la lumière ne pénètre jamais, où les murs épais emprisonnent cette odeur caractéristique où se mêlent l’ancienneté des lieux et leur humidité ; il écoute la voix en rêvant un peu, comme à son habitude, perdu dans la contemplation d’un bouquet d’anémones, si suggestives à son goût, source d’une rare poésie, qu’il aime tant observer, dans la présence desquelles il aime tant se perdre, et qui semblent là dans le vase de cristal, s’offrir à lui seul, à lui petit garçon dont le regard est vide, réfugié qu’il est dans ce désœuvrement habituel dans lequel il se complaît, sans prêter attention à ce qui l’entoure, ni au bourdonnement des mouches au-dessus de la toile cirée de la table…

(page 17, La rafle)

************

Parce qu’il sait aussi, comme l’on dit au cinéma, qu’il y a des vies pour apprendre à s’aimer, et puis il y a celle où « il était une fois… » ; l’autre, la seule, l’unique, la vraie qui vous soit donnée, celle avec laquelle on ne doit pas, on n’a pas le droit de rater le rendez-vous.

Et parce qu’il reste intimement convaincu qu’avec elle, ils ne seront, ensemble elle et lui, dans cette vie à venir, réunis que pour le meilleur et pour des jours et des jours, parce que c’est elle, bien sûr, celle qu’il a attendue durant toutes ses vies, depuis le début.

C’est pourquoi il l’attend, qu’il l’attend là ou ailleurs, qu’il l’attendra toujours, et qu’en secret il espère…

Le rat a maintenant disparu derrière un pan de mur brisé ; l’eau noire et glacée, irisée de milliers de gouttelettes de pluie dont chacune se reproduit en millions de ronds concentriques, n’apporte pas de réponse.

Gardienne du passé, elle conserve pour l’instant, et pour l’avenir, jalousement, intact, le mystère…

(page 166, Eschatos, ou la belle inconnue)

Informations complémentaires

Format Livre

ISBN Ebook

Version

,

ISBN Livre

Avis

Il n’y a pas encore d’avis.

Soyez le premier à laisser votre avis sur “Stigmates de vies zébrées ou l’imparfait de l’éternité”

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A propos de l'auteur(e) : Lou Jubé

Retraité du ministère de l’Intérieur, l’auteur est également professeur d’arts martiaux, diplômé d’État (B.E.E.S.) de judo, ju-jitsu.
Le trait de personnalité propre aux êtres décalés et atypiques, qualifiés par certains de zèbres et plus connu généralement sous le terme de douance, l’a fidèlement accompagné et taraudé tout au long de sa vie, avec ses joies, son soleil et sa lumière…
Mais pour celui doté d’une identité toujours rayée et marquée du sceau de l’imparfait et de l’éphémère, cette identité fut également toujours conjuguée et vécue tragiquement, dans un monde souvent perçu comme hostile, avec toujours le besoin intresecus de donner du sens à chaque instant, et ce souci constant de perfection et d’excellence, qui l’a toujours obsédé…