Regards croisés sur le temps qui passe

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 Préface de Patrick Valdrini – Recteur émérite de l’Institut catholique de Paris

En dépit d’une présentation qui l’assimile à un « Dictionnaire amoureux de… » la musique, du théâtre ou d’autres choses encore, cet ouvrage n’en est pas un.
En revanche, il rassemble une sélection de plus de deux cents chroniques parues ou diffusées çà et là depuis une dizaine d’années. Les regards sur le temps qui passe portent pêle-mêle sur des thèmes aussi divers que ceux que capte le temps, et donnent lieu à des commentaires, sur l’actualité (la laïcité, les gilets jaunes, le voile, l’écologie…), des réflexions (sur le déplacement du statut de la vérité, sur le dialogue interreligieux, ou sur le concept d’autrui chez Lévinas…), des histoires (celle de Sumer, mais aussi celle de la Ka’ba dans la vie de Mahomet, la Maison d’Izieu, l’Athènes de Périclès, ou le contexte politique juif à la naissance de l’Église…), et une vingtaine de portraits d’Etty Hillesum à René Rémond en passant par Antoine Blondin ou Maurice Bellet. Bref, des sujets dont la diversité a l’apparence d’un paysage qui nous arrête de temps en temps pour admirer le panorama.
C’est volontairement que ces quelque 200 chroniques sont présentées en l’absence de toute chronologie, de sorte que le lecteur peut aller à son gré consulter les pages selon l’envie du moment.

 

 

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Description

10 juin 1991. Devant l’église Saint-Germain-des-Prés, tout Paris se rassemble pour lui rendre un dernier hommage, que le quotidien Libération titre à sa manière: «Même l’église était bourrée.»
Joli clin d’œil à Antoine Blondin qui, c’est bien connu, avait une passion pour l’alcool, laquelle avait été traduite dans Un singe en hiver, œuvre adaptée au cinéma par Henri Verneuil. Blondin aimait à définir ainsi le travail de l’écrivain: «On écrit avec un dictionnaire et une corbeille à papiers, tout le reste n’est que litres et ratures.»
À son époque, on n’était pas très regardant sur les notes de frais. Celles de Blondin présentaient, entre les dépenses d’hôtel, de restaurant ou de voyage, des lignes qui avaient de quoi intriguer le comptable de son journal. Ces lignes étaient libellées s, c, p.  Une personne cependant s’enquit un jour de la signification de ces lignes: «Qu’entendez-vous, Monsieur Blondin, par «s, c, p?». Blondin, sans se troubler, lui rétorqua: «Si ça passe!» 

Antoine Blondin reste gravé dans nos mémoires

 

Loin d’être le lieu d’un affrontement, la laïcité doit permettre la liberté de conscience, l’affranchissement de la tutelle d’institutions religieuses, le ciment des diversités, l’espace pour un dialogue constructif. En cela elle est valeur de la République. La vérité qui nous rend libres, c’est ce à quoi nous pouvons croire, c’est ce à quoi nous pouvons ne pas croire, ce à quoi nous pouvons adhérer, ce que nous pouvons attester ou contester. Librement, «laïquement», autrement dit dans la reconnaissance d’autrui et de sa singularité, de son irréductibilité, de sa différence, qui ne doit ni se soumettre ni s’imposer. Tous les hommes, parce qu’ils fondent l’humanité présente, sont frères. Il n’y a pas, comme l’a déclaré un stupide humoriste, d’un côté les croyants, de l’autre les «pensants». Comme s’il y avait d’un côté les impies, de l’autre les élus. Nous sommes tous embarqués dans la galère qui nous mène vers un port où sont déjà échoués ceux que nous aimions.

Brèves de comptoir

 

L’hiver s’annonce, la pudeur des arbres demi-nus est malmenée par le vent déjà froid. Les parterres aux dessins géométriques finement ciselés s’effaceront bientôt sous un tapis de glace. Les statues impassibles offrent aux pigeons le perchoir de leurs coiffes. Le brouillard a tout pris, ce matin, autour du palais ; le brouillard a tout mis dans son sac de coton.
La ronde des coureurs ne dure que ce que dure le temps d’une aurore prolongée. Comme un manège, et comme si la cloche du forain avait retenti, la course s’arrête et l’essaim s’éparpille soudain. Et l’on se dit : « à demain!»
Le Luco, parce qu’il est habillé d’arbres majestueux qui étouffent les confidences, parce qu’il y a des enfants qui rient, parce qu’il y a des femmes qui ondulent et des     qui courent après rien, c’est le plus beau refuge du monde.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       Les souvenirs se voilent

 

Informations complémentaires

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A propos de l'auteur(e) : Gérard Leroy

Gérard LEROY est théologien laïc, spécialiste de science et de théologie des religions. Avant d’être professeur de philosophie morale, il a travaillé dans différents domaines rattachés à la santé, enfin comme conseiller ministériel.
Pendant 7 ans il a assuré la fonction de Secrétaire général de la Conférence mondiale des Religions pour la Paix (section française). Il fut, avec Bernard Kouchner, l’un des fondateurs de l’association RÉUNIR, dont il a été vice-président.
Gérard LEROY fut reçu, après la traduction de son premier ouvrage en roumain, membre de l’Académie des Hommes de Sciences et de Lettres de Bucarest.
Il a fondé le Pôle Universitaire Catholique (PUC) de Narbonne, dont il a cédé récemment la direction
Pour son travail en faveur du dialogue interreligieux, il a été distingué par la République.