Que du bonheur ! Une enfance heureuse

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Des lieux, des gens, des objets. Tel a été pour moi, comme pour d’autres, le cadre de mon enfance et, chose merveilleuse, la nature m’a doté d’une mémoire suffisante pour me souvenir combien j’ai eu beaucoup de chance.
Il eut été coupable de ne pas en rendre compte !

 

 

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Description

EXTRAITS DU LIVRE

Mon grand-père !

Nous l’appelions « Pépé ». Le terme de grand-père et grand-mère, de même que grand-maman et grand-papa étant plutôt réservé aux classes plus élevées de la société et les notions de mamie et papy n’avaient pas encore fait leur apparition. Quant à l’usage du seul prénom, préconisé par des aïeux en mal d’identité, cela ne nous serait jamais venu à l’esprit. Je ne l’ai connu que retraité, avec de beaux cheveux blancs qu’il cachait sous un béret chaque fois qu’il sortait de la maison. Il était veuf, ma grand-mère étant décédée très peu de temps après ma naissance et c’est probablement pour cette raison que nous étions venus nous installer chez lui alors que j’avais à peine trois ans. Je dis probablement, car nous ne parlions jamais de cela et je n’ai pas malheureusement interrogé ma mère à ce sujet de son vivant. Il faut dire que cela ne me questionnait pas et pourtant j’aurais pu ; certes, l’époque était bien différente, mais de là à trouver normal l’installation d’une famille de quatre personnes dans la petite maison de tout juste 65 m² sans aucun confort d’un vieux monsieur, il y a un pas.

 

La salle à manger

Pièce importante qui évoque pour moi les dimanches et les amis. En effet, c’est là que nous déjeunions chaque dimanche midi et recevions nos amis.

En sortant de la cuisine sur la gauche trônait, posé sur une petite table, le poste de radio. Du même format que celui de mes grands-parents d’adoption, il ne sera remplacé par un transistor que vers l’âge de mes 10 ans. En attendant, c’est assis devant lui, l’oreille collée au haut-parleur pendant que ma mère repassait sur une couverture posée sur la table le linge de la semaine, que j’écouterai avec passion la retransmission le dimanche après-midi des matchs de football professionnel. Ceci, bien entendu, jusqu’à ce que mon père cesse de pratiquer sa chasse dominicaine. Comme tous les garçons de mon âge, j’étais passionné par les exploits du stade de Reims et ses vedettes Kopa, Fontaine, Piantoni, Jonquet ou le gardien Dominique Collonna. Celui-ci me fera rêver quelques années plus tard en réalisant, pour l’indicatif du journal dominical sportif de la télévision, un plongeon à l’horizontale qui, avec la complicité des caméras, semblait effectué à hauteur de la barre transversale des buts, soit à 2,5 m. L’AS Monaco avec Michel Hidalgo me plaisait bien aussi. Comment imaginer que ce dernier, en qualité de sélectionneur national, tirera des larmes à des millions de Français en perdant la demi-finale de la coupe du monde des nations contre l’Allemagne à Séville en 1982, à la tête d’une équipe merveilleuse et ô combien malchanceuse en ce soir de juillet.

 

La Messe

Ma mère catholique fervente mais non pratiquante, m’obligeait chaque dimanche à assister à la messe. Les jours de match, je me rendais donc à la chapelle de notre quartier pour la première messe du matin vers huit heures en survêtement avec, déjà enfilés, le short blanc et les chaussettes rayées vertes et blanches aux couleurs de mon club. Je m’installais sur la chaise la plus proche de la sortie et, pressé de voir la fin de l’office, attendais impatiemment que le prêtre prononce le libérateur « Ite Missa est » auxquels les fidèles répondaient en chœur et à mon grand soulagement « Deo Gratias » ; et je me précipitais dehors pour vite rentrer chez nous et repartir au stade. Je ne sais pour quelle raison et alors que je n’avais pas encore fait ma première communion (la communion privée), j’ai suivi un dimanche des camarades qui allaient communier. L’abbé qui officiait ce jour-là n’y porta guère attention et me remit l’hostie sans problème. De retour à la maison, tout content, j’informai ma mère de la nouvelle !

Que n’avais-je fait là ? Branle-bas de combat ; ma mère, outrée, m’imaginant probablement déjà en enfer, prit le téléphone et appela immédiatement le curé de la paroisse en personne pour lui avouer mon « forfait ». Heureusement, le brave homme la rassura en lui disant qu’il y avait plus grave et qu’il ferait le nécessaire pour que j’intègre tout de suite le niveau de cours de catéchisme me permettant de faire d’ici à la fin de l’année cette indispensable communion privée ! Ce que je fis sans discuter !

Informations complémentaires

Format Livre

ISBN Ebook

Version

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A propos de l'auteur(e) : Louis Simon

Une biographie serait-elle comme le bon vin ? A savoir qu’il faut savoir attendre suffisamment longtemps pour en extraire le meilleur. C’est en tout cas l’opinion de l’auteur qui, arrivé à un âge ou la sagesse prend le pas sur le dynamisme, savoure avec délice le souvenir sans concession mais bienveillant d’une époque fondatrice de sa vie.
Par chance, les nombreuses années professionnelles passées à la tête de services administration finances d’entreprises industrielles lui ont laissé intacte sa capacité à s’émouvoir et témoigner des qualités humaines des personnes qui l’ont conduit à travers son enfance.
C’est avec beaucoup de plaisir qu’il a composé ce texte qui permettra aux jeunes générations de visiter une époque bien différente de la nôtre et pourtant très proche. Pour les plus âgés, ce sera l’occasion de se remémorer le meilleur des « trente glorieuses ». C’est aussi l’occasion pour lui de rendre hommage à tous ses familiers.