PUCK ou Une justice du crédit

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Puck, c’est l’histoire d’un article de loi particulièrement facétieux lorsque, par magie, il se transforme en lutin.
Puck, le narrateur de cette histoire, à la manière de celui rencontré dans Le Songe d’une nuit d’été de William Shakespeare, est donc un lutin, qui va évoluer, grandir, s’affirmer et mettre le monde judiciaire en émoi jusqu’à la Cour européenne de justice, avec des combats, des duels entre juge et avocat dans le cadre de l’évolution du droit sur le crédit à la consommation entre 1978 et 2018.
Mais où commence et où finit la neutralité du juge ? Juge : acteur ou observateur de cette défense ? Organisme de crédit : diable ou victime ? Le juge et l’avocat sont-ils condamnés à s’opposer ?
Mais, au fait, Puck, ce lutin espiègle et joueur, peut-il être amoureux ?

En annexe, sont présentées toutes les références de cette évolution réelle du droit de la consommation.

 

 

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Description

EXTRAIT DU LIVRE

Je suis né le 10 janvier 1978. Ma mère, madame Christiane Scrivener, et mon père, le Parlement, m’ont donné pour état civil un numéro : article 27.

Mon existence n’a pas été à l’origine de débats passionnés, comme si elle apparaissait normale, sans histoire particulière.

(…)

C’était compter sans ma fureur de vivre et mon espièglerie, que mes créateurs n’avaient probablement pas imaginées. Néanmoins, sans raison particulière, les autres articles nés de la même loi, mes frères, m’avaient très vite donné le surnom de Puck.

Mais laissez-moi vous conter ma joyeuse aventure…

*****

Lorsque Michel reçut une assignation à comparaître un mois plus tard devant le tribunal d’instance de sa ville, il ne fut pas particulièrement surpris.

Voilà déjà plusieurs mois, voire une année, il ne savait plus, qu’il ne payait plus le crédit Cetelodis avec lequel avait pu être construite la petite véranda depuis laquelle il aimait bien regarder son jardin, même les jours de pluie lorsque les gouttes d’eau rebondissant sur le toit venaient rythmer la danse qu’un merle un peu moqueur semblait lui destiner. Et il restait là, debout derrière la vitre. Dans ces moments-là, Michel se sentait bien.

Peut-être s’était-il laissé un peu influencer au Salon de l’habitat de sa ville ? Et puis, le vendeur lui avait précisé que les taux des crédits avaient bien baissé. Il fallait en profiter !

(…)

Oui mais voilà, depuis qu’il était en arrêt de travail, leurs ressources avaient bien diminué. Et sa femme lui reprochait maintenant sa véranda : « Qu’en avions-nous besoin ? ».

Et pourtant, quand il regardait dans le jardin les lapins sautiller, il se sentait bien.

Évidemment, il avait dû « taper » un peu, voire un peu plus, dans la réserve d’argent du crédit. Et, bien entendu, les mensualités avaient augmenté. Il avait dû faire des choix… Ce fut le crédit.

Alors, quand il recevait des lettres de relance, au bout d’un moment il envoyait un peu d’argent.

(…)

« Mais vous ne devez plus rien, monsieur Michel.

— Plus rien ?

— Non, plus rien. Le juge a estimé que les annulations de retard ne correspondaient pas à des paiements et qu’il n’y avait donc à ce titre aucune régularisation des anciennes mensualités impayées. Dès lors, en imputant uniquement tous vos “vrais” règlements sur les mensualités les plus anciennes, il apparaît que la première échéance impayée, et non régularisée, date de plus de deux ans.

— Mais j’ai payé encore il y a à peu près six mois.

— Oui mais ce paiement correspond en fait à une beaucoup plus ancienne mensualité. Et, comme la société Cetelodis aurait dû saisir le tribunal dans un délai de deux ans à partir de cette très ancienne mensualité, dite échéance impayée non régularisée, et qu’elle ne l’a pas fait, vous ne devez plus rien.

— Plus rien ? Mais j’ai à peine remboursé la moitié de ce que j’ai emprunté !

— Tant mieux pour vous. Tout cela grâce à un tout petit article de loi. »

Michel, rentré chez lui, se mit à fredonner en regardant, depuis sa véranda, sautiller lapins et merles, tout à coup complices d’un nouveau ballet. Curieusement, ils étaient plusieurs et, par moments, ils semblaient se suivre dans une démarche saccadée, là, sur la pelouse.

Il pensa, allez savoir pourquoi, à la vidéo mise en scène par les Pink Floyd, pour leur chanson « Another Brick in the Wall ». Il faisait beau et, si ce n’était pas la révolte annoncée par les Pink Floyd, il y avait bien une autre brique dans sa véranda. Et, puisqu’il ne devait plus rien – c’est le juge qui le disait –, il pouvait honnêtement chanter et danser lui aussi.

Sa femme, en le voyant, se mit à rire.

 

Informations complémentaires

Format Livre

ISBN Ebook

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A propos de l'auteur : Michel Herman

Michel Herman, ancien avocat, ancien bâtonnier, a beaucoup travaillé pour les organismes de crédit et apporte une vision qui tente de « dédiaboliser » ces sociétés mais surtout de s’interroger sur la mission du juge, parfois qualifié de « militant ». Par ailleurs, il a publié un recueil de poèmes en 2015 : Dreamly, chez Edilivre.