OUTRAGES AUX LOTOPHAGES

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L’ouvrage apporte une connaissance diverse sur l’île de Djerba, d’une riche Histoire depuis les influences de l’ancienne Phla et du modèle de l’Ecclésia, des savants azzabas de l’impersonnel et modèle collégial des Rustémides, du territoire de Jason et de la Toison d’or, de l’influence ibadite et du pouvoir communautaire. Les Djerbiens n’avaient pas la tradition du pouvoir central et des citées dominantes ; ils ne connaissaient ni les Rois, ni les Maîtres, n’agissaient pas sous l’autorité d’un Prince. De manière homogène, ils défendaient les intérêts publics, d’une Communauté des insulaires autour de règles coutumières et de cellules autonomes, reliées au sein d’un réseau solidaire.

L’absence de ressources avait conduit à l’originalité d’un système d’organisation sociale, de schéma rural sans cité et d’autarcie autour du Houch, le Manoir de Djerba, discrètement fondu dans la luxuriance de la végétation. Les habitants vivaient en conciliation avec une nature, qui ressource, camoufle et protège. Les maisons fortifiées et isolées, bas minarets et sentiers tortueux, intégrés au terroir agricole et à la nature écologique, dressaient une beauté des paysages, attractive du tourisme et des investisseurs incohérents, qui transformeront les atouts en vices pour des ressources convertibles en seul papier fiduciaire.

Les éminents auteurs, dont le grand nombre a disparu, évoquent l’originalité de ce modèle insulaire, sous une plume laissée à votre appréciation. Ils plaident la défense des parcs naturels, évoquent la stratégie du tourisme, définissent les principes de gestion collective… Ils exposent les principes d’organisation, dressent un constat, définissent le mode d’action pour sauver ce patrimoine déshonoré.

Les Lotophages donneraient leçon au monde, à moins… à que cette expérience ne soit portée aux Outrages. L’île devient, plus que jamais, mise en danger par la perspective nouvelle des valeurs économiques et de l’argent exclusif, d’initiatives individuelles et anarchiques, pour des projets incohérents et abusifs.

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Description

« À Djerba, le végétal dispose d’un titre de propriété privée, pour l’exploitation, l’entretien, la production, et la transmission. Cette privatisation du végétal pose la responsabilité de soin, d’entretien, et d’exploitation des arbres. Les lieux de production sont isolés dans les campagnes (ghaba), avec des sols quasi ouverts, réservés aux activités de pâturage, de lieux forestiers, marinier, gardiennage. Cette privatisation des arbres de la forêt a entretenu la production et la luxuriance de la végétation, l’humidité des sols et le microclimat, la fraîcheur et la beauté des paysages, la protection du flan agricole et la défense civile. La culture agricole ne devait pas nier… »

 

  1. « Ce “jardinage de forêt” n’était pas un loisir, mais, obligation, mêlée à la pauvreté des habitants, qui tiraient un maximum de ressources du soin et du renouvellement de leur bien naturel. Ce jardinage faisait la luxuriance et la beauté des paysages. Or, l’État méprisa la faiblesse des retours de la production agricole, au profit d’investissements colossaux dans le tourisme, supposés mieux rentables. Les confusions entre droit d’exploitation et droit de propriété, droit privé et droit collectif, droit agricole et droit de construction, droit rural et droit urbain… s’avéreront gravement perturbatrices pour la production et l’environnement, la beauté des paysages et l’attraction de l’île, la richesse de la faune et les risques de désertification »

 

  1.  « L’organisation sociétale de Djerba est inspirée par la géographie de l’île et le constat de la biologie, marquée par l’insularité et l’isolement, les compartiments de la production et l’équilibre des vies. La topographie de l’habitat est marquée par cet esprit de l’insularité. Elle compose le réseau humain à l’espace, à la manière d’un corps biologique de cellules autonomes, autour d’un réseau de modèle vivant. Autant le territoire est insulaire, autant l’habitat est isolé ; autant la cellule biologique est vivante, autant les familles sont autonomes. Autant, la terre est camouflée de multiples végétations, autant, la structure sociale compose l’îlot dans l’île, l’autarcie dans l’autonomie, l’individu dans la conformité. Cette particularité, aux origines très anciennes, fut certainement un point fort de l’éducation responsable. Elle est devenue point de nuisances, de l’individualisme exacerbé et de l’anarchie, qui finiront par, fortement, nuire à la cohésion collective du présent thème de “l’Outrage aux Lotophages”.
  2. . “L’esprit d’itinérance et de voyage reste vif chez le Djerbien, qui fait dire, ‘qu’on tue le Djerbien à le priver de passeport !’ Malgré la permanence des établissements sur le continent, les Djerbiens conservaient une intime attache avec leur fief, de forts liens, au sein de la communauté, d’une vive diaspora et d’un voyage régulier. Les retours dans l’île étaient essentiels, comme un devoir pèlerin de retrouver son île et les siens, pour l’échange d’information et de connaissances, la transmission des expériences et la stimulation des performances. Il y a une diaspora à conscience Djerbienne à travers le monde, difficile à évaluer”.
  3. “La nature n’est pas un brouillon que l’on peut reconstituer d’un coup de crayon. Elle se calcule en centaines d’années d’évolution biologique, et ne se renouvelle pas aussi facilement. La prudence est un signe de sagesse. Elle prône de comprendre, et d’apprendre ce que la nature nous donne, pour la traiter avec délicatesse, gérer convenablement la biodiversité de l’île, dans un axe durable et harmonieux, adapté et équilibré. Tout comme les abeilles butinent le nectar pour produire le miel, sans abîmer les fleurs, les Djerbiens devaient faire entendre l’intérêt d’entretenir les arbres, pour protéger la ressource économique !”

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A propos de l'auteur(e) : Kérim Maamer

Kérim Maamer est Tunisien, francophone, baigné dans le monde culturel d’une Afrique cosmopolite des années 60 et 70. Il a vu se réduire une part de l’héritage social, en cause d’acclamations puristes, qui ont piétiné la riche diversité d’une Histoire de Tunisie. De son éducation au Lycée français de Tunis et de ses études universitaires à l’ULB, il traduira son apprentissage « nos ancêtres les Gaulois », en récit authentique des Ifriqiyens. Au plan professionnel, il a travaillé dans l’enseignement supérieur à Bruxelles et servi la coopération internationale en Afrique sahélienne. L’âge de la retraite lui inspire un devoir de rétablir les constats afin de préserver un avenir des nations nord-africaines. Il a publié chez le même éditeur : « Au cœur du masculin » - « La Politique et la Science » - « Outrages aux Lotophages » et l’actuel « Histoire de Djerba et d’Ifriqiya »