Nombril équatorial – Préface de Patrice Nganang

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La beauté du nombril est qu’il est union entre corps et espaces, entre mère et enfant, mais aussi, dans sa présence modeste, humble au milieu du ventre, il est ce Gabon qui se plante au cœur de l’Afrique pour lui rappeler sa pulsion de vie, et son ancrage dans un passé profond. Le nombril est le rappel constant de la naissance du corps dans « la souche du cordon ombilical » – et août qui était indépendance, qui était promesse comme l’est le placenta, qui était fabrication d’une république cependant demeurée bancale, parce que peuplée de citoyens frappés de peur. Un peuple tétanisé ne peut pas faire son histoire qui, ainsi, demeure promesse, obligation à se retourner dans le corps de la mère, mais ce peut aussi être celui de la femme, ce retour perpétuel qui est amour, désir et son assouvissement, mais aussi interdit car inceste. Le futur est obligation, mais est-il vivable véritablement ?

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Description

J’appelle à l’invention d’une nouvelle réalité.

J’appelle l’Homme à être sans couleurs ni genre. Homme libre et communiquant de tous les horizons. Un homme plein d’ailleurs. Homme-tambour qui joue les rythmes de toutes les cultures et traduit le bouillonnement du sang des espoirs. Un homme-balafon qui, au fond, doit ramener de l’arrière-fond la sagesse des légendes qu’on ne raconte plus. Homme à la mémoire ouverte qui ne lutte que pour tuer les égarements qui bouchent les aubes fragiles. Un homme de significations qui mobilise bravoure et générosité contre les engins d’une modernité ensauvageante. Homme de générations qui interroge la faillite des civilisations, devant la misère et le chaos qui menacent la diversité. Un homme d’amour et de partage qui sait écouter la nouvelle lune. Celle qui enfante la vie, sous le soleil et la pluie. Un homme de lumière qui dresse les ponts de la vie parmi les défaites volontaires. L’homme qui laisse passer le vent, mais qui se lève pour l’opprimé et réclame la justice. Un homme disponible.

*********

En attendant, voici le pays.
Chaque nuit construit ses angoisses et ses rêves.
Le soleil qui monte la nuit ne sera jamais assez chaud pour effacer le langage des tam-tam. Mais est-ce qu’on crève un tam-tam qui unit les continents ?
Dans ma mesure de respirer et de cascader les rythmes de la vie, je me vante d’être un tam-tam des frontières.
Tam-tam de mon temps, tam-tam à peau de Malinga qui annonce à la postérité les pas de dignité et la prévient des pistes à éviter.
Humain sans patrie, homme multiculturel. Ouvert aux différences, je suis le poète de la moisson humaine.

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Format Livre

ISBN Ebook

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5 avis pour Nombril équatorial – Préface de Patrice Nganang

  1. David P.

    Très beau livre! Pour avoir lu les précédents livres de cet auteur gabonais, je sais que ce nouveau livre sera citer comme une référence dans son pays et en Afrique. S’il est bien médiatisé

  2. Charline Effah

    Du lourd…

  3. Urbain N.

    Une fois de plus, le poète Benicien nous plonge dans un vertige à la chair vivante. La forêt équatoriale est devenue son nouvel espace de création poétique, cette fois les vers ont l’odeur rebelle du Nombril où moussent les lianes poétiques de la vie. Sans surprise : ” aucun Powête n’a peur de la nuit”, met-il en garde. Oui, avec Benicien, la poésie est d’abord une expérience douloureuse de la confrontation de soi avec la mort que couvent les grandes nuits tropicales pour le plaisir monstrueux des caligula nègres. Il faut donc affronter la nuit qui, sous sa belle plume, devient l’allégorie de la cité qui meurt face à l’indifférence des populations devenues elles-mêmes complices de cet ” État honteux”, aurait dit Sony Labou Tansi, un autre visionnaire. Ce poète, assurément, est en train de dépoussiérer la poésie nationale, il la révolutionne en la rendant bâtarde mais savoureuse au mieux.
    J’ai pris un immense plaisir à lire ” Nombril équatorial”, c’est un vrai festin stylistique, un festival de clameurs, d’échos, de morts, mais surtout aussi de vie. Car Benicien est tout compte fait un poète qui chante d’abord la vie, je dirais même, pour paraphraser Nganang, qu’il est un concercierge de la République… Mais de quelle république au juste ? De quel peuple au juste ? La réponse se trouve dans son ventre universel là où loge notre Nombril équatoriale… Bonne lecture à tous les amoureux de la bonne poésie

  4. Noël Bertrand B

    Bravo le poète ! Bouschedy ne se lasse plus de poésie depuis les Larmes de cendres où les mots ont approché leur incandescence au plus près d’eux-mêmes, toujours tournés vers nous pour dénoncer l’oppression et faire advenir la liberté. Lisons la poésie même si le temps refuse de s’accorder à la poésie ! Le monde est une poésie en vers libres, et l’on touche le nombril du monde dès qu’on touche aux mots…

  5. Marion

    Ce n’est pas qu’un simple poème, mais une satire, un réquisitoire pour l’avenir, pour l’Afrique toute entière. Je découvre Bouschedy à travers ce livre que m’a recommandé un ami. Je le recommande à mon tour. Vivement le prochain !

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A propos de l'auteur(e) : Bénicien Bouschedy

Benicien Bouschedy est né à Malinga dans le sud du Gabon. Il est l’auteur de plusieurs textes de poésie dont la trilogie inaugurée avec Silences de la contestation (2016), Rêve mortel (2017) et Cendre de maux (2018). Il est également chercheur en littérature africaine francophone.