Les experts traducteurs-interprètes en milieu judiciaire

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Quels experts traducteurs-interprètes pour la justice ? Quelle justice pour les experts traducteurs-interprètes ? Telles sont quelques-unes des questions que Dorina Irimia soulève dans ce livre consacré à la place des traducteurs-interprètes au sein du système judiciaire. Elle traite ainsi un sujet peu abordé, celui des experts traducteurs-interprètes en tant qu’intervenants de la justice. L’auteure a voulu y présenter leurs missions et tout particulièrement leurs difficultés, qui constituent autant d’aspects inconnus ou peu connus, y compris par les autres intervenants de justice qui, pourtant, font quotidiennement appel à eux. Ce livre fait aussi une description et une analyse très fine des missions des traducteurs-interprètes, de leur déontologie, de leurs pratiques. Dorina Irimia nous emmène ainsi dans les coulisses de la justice et dans ses rituels, vus par les yeux des traducteurs-interprètes. Elle s’intéresse de près aux liens qui unissent ces experts à la justice dans son processus actuel de transformation, de changement de ses impératifs et d’évolution de ses objectifs.

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Description

Le juge se trouve face au souci de la « rationalisation » de l’emploi du temps dans le prétoire, à un temps d’audience, à la pression de nouvelles audiences. C’est lui qui gère l’audience, la loi lui confie la police de l’audience, il choisit donc le rythme. Il peut retirer la parole à une personne et réduire le temps de la plaidoirie.

À l’évidence, chaque audience se déroule selon la personnalité du juge qui la conduit ; il est maître de son audience. Faut-il s’adapter continuellement ? Certainement, oui.

La part d’inconnu est grande lors d’une audience. C’est le lieu où se mêlent le droit et les faits. La complexité de certaines affaires fait que trop d’informations tombent comme une pluie de grêle sur l’interprète, le rythme est accéléré. Sur une durée d’une minute, l’être humain est capable d’enregistrer 800 mots mais ne peut enregistrer plus de cinq informations simultanément. Le seuil de compréhension d’un message verbal est de l’ordre de 170 mots par minute. Comment faire si on n’a pas une mémoire auditive ?

Comment tenir bon ? En termes d’interprétation orale, l’interprète a le choix entre deux méthodes : consécutive et simultanée. La simultanée est la mieux adaptée parce qu’elle est plus fluide, il n’y a pas de perte de discours, et elle est plus fidèle, avec moins d’interprétations de la part de l’interprète. Certains magistrats et avocats apprécient également le temps gagné. La consécutive s’y prête moins tout simplement car elle est incomplète, subjective, non fidèle. Mieux vaut faire une interprétation simultanée des réquisitions du ministère public et des plaidoiries des avocats. Le rythme est soutenu : pas assez de temps pour laisser l’interprète « traduire », dans le sens d’améliorer ou filtrer. Le problème qui surgit, c’est que le prévenu ne réagit pas assez vite ; le langage judiciaire lui échappe, la procédure est compliquée pour lui.

Que réclament donc les interprètes ? D’abord, le respect du temps de la parole pour traduire et, ensuite, d’avoir un minimum d’informations sur l’affaire avant de rentrer en audience. La difficulté du dossier, l’ampleur des débats se font sentir surtout lorsque l’interprète n’est pas préparé aux détails de l’affaire ou aux termes techniques développés par les experts (le médecin légiste, le psychiatre, le psychologue) dont les rapports seront lus en audience par le président. La seule possibilité qu’il lui reste est de s’approcher de l’avocat de la personne qu’il assiste ou de demander à l’huissier d’audience de lui permettre de lire l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel. Si c’est devant la cour d’assises, il faut demander au président de lui donner, trente minutes avant le commencement de la première audience, la copie du rapport qu’il lira lorsqu’il présentera la prévention.

Que réclament les magistrats ? Pour l’essentiel, que l’interprète et l’avocat l’aident à rationaliser l’emploi du temps. Concernant l’interprète, cela signifie comprendre le débat et faire l’interprétariat en simultané ; et pour l’avocat, respecter le temps de la plaidoirie. Aujourd’hui, les pénalistes plaident moins souvent et moins longtemps. Parallèlement, l’écrit prend plus de place.

 

Informations complémentaires

Format Livre

ISBN Ebook

Version

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A propos de l'auteur(e) : Dorina Irimia

Dorina Irimia est docteur en droit français et a exercé la profession d’avocat en Roumanie. Elle est actuellement formatrice et traductrice-interprète agréée par la Cour de cassation et la cour d’appel de Lyon où on la croise régulièrement. Elle s’intéresse aux traducteurs-interprètes devenus experts de justice. Prenant appui sur sa propre expérience, elle livre un regard sur leur activité, leur rôle et leur place au sein de la justice, aspects qui demeurent insuffisamment connus par les autres intervenants de la justice.