Les dieux n’écrivent pas nos vies

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Lui est un hybride moitié Berbère, moitié Breton, ni Français, ni Arabe, un questionnement perpétuel. Il est né dans les quartiers nord de Marseille. Il aime Éluard, Grand Corps Malade et le slam. La poésie de demain affirme-t-il. Cela ne l’empêche pas d’être avocat spécialiste en droit international. Après un premier job, le chômage pointe son nez. Il va de galère en galère jusqu’à l’ultime décision… Elle est belle, superbement belle et intelligente. Elle est avocat fiscaliste et n’a aucun problème, sa famille lui a réservé un emploi. Elle ne hait pas le slam, elle ne connait pas, ce n’est pas sa culture. Elle adore le jazz. Elle est riche mais cela ne suffit pas à son bonheur. Leur rencontre était peu probable, leurs amours impossibles sauf que « sur la pendule des acharnés à tout moment ça peut chémar » ! 

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Description

Incapable cependant de détourner mon regard de Christine nue, je restais là immobile, à la fois bouleversé et fasciné par tant de pureté sculpturale offerte à mes yeux ignorants. Je la regardais dans le silence religieux du jour et j’en demeurais anéanti. Illuminé par une singulière extase, je fus pris de tremblements irrépressibles, bien malgré moi, comme une feuille suspendue au dernier fil de vie. Je puis affirmer que ce jour-là je fus touché par la grâce de ce corps. Malheureusement, je n’eus nullement besoin de cette vision pour définitivement comprendre que Christine n’était pas pour moi, le petit beur habitué aux filles récoltées sur les trottoirs de la vieille ville, toutes des meufs flétries, brévilignes et lourdes, trop souvent affligées d’une consternante vulgarité. Il y eut un début à tout, même à cette atterrante vision de l’inaccessible perfection. Christine passa, cataclysmique, insensible à mon trouble, elle me regarda sans me voir, non pas qu’elle m’ignorât, manifestement je faisais partie de son environnement, comme l’eut été un animal de compagnie doué d’un minimum d’intelligence.

 

Je suis sorti sans me retourner. Sur le palier, l’ascenseur m’attendait, les portes grandes ouvertes pour enlacer l’être inutile, évincé de cette société fossilisée, qu’en quelques instants j’étais redevenu. J’ai pressé rageusement le bouton « 0 ». Là, au niveau zéro de la société j’étais à une place prédestinée. La place dont me fit grâce la société le jour de mon premier cri. Ma place. L’ascenseur descendit lentement. Avec cette interminable descente je pus apprécier ma déchéance et au plus je m’approchais de ce zéro absolu au plus j’avais l’impression de me recroqueviller sur moi-même. De rétrécir ou de me sublimer en un état d’inexistence vaporeuse. J’implosais en quelque sorte, ne laissant autour de moi qu’un halo fantomatique évidé de toute substantialité. Je n’étais plus qu’un murmure indissociable du néant. Ce n’était là que les premiers instants d’une chute brutale vers une inexistence. Lorsque dans un dernier sursaut l’ascenseur s’arrêta, je n’étais plus que l’ombre meurtrie d’un non-être. La société venait de me foutre à la porte. Je devenais un requérant, un assisté. J’entamais une marche à contresens.

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A propos de l'auteur(e) : Dominique A. J. Lombardo

Dominique A. J. Lombardo est né sur la rive nord du Vieux-Port, dans le quartier populaire du Panier à Marseille. Après des études de sciences et l’obtention d’un doctorat en biochimie et d’un doctorat d’état Es-Sciences Physiques, il est parti vivre en famille aux USA, où il a poursuivi ses recherches à l’Université de Californie à San Diego. De retour à Marseille, il a fini sa carrière de chercheur en biologie, comme directeur de recherche. Il a pendant de nombreuses années dirigé un centre de recherches en oncologie. Prisonnier de sa mission, avec le stress vécu au quotidien et la recherche permanente de superlatifs d’excellence, D. A. J. Lombardo a su trouver un espace de liberté dans l’écriture de fictions. « Les Dieux n’écrivent pas nos vies » est son premier roman publié. Il vit aujourd’hui à Éoures, entre Marseille et Aubagne-en-Provence.