Le visage de l’homme

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Le visage de l’homme ? C’est celui dont Michel Foucault évoque la disparition dans Les Mots et les Choses. N’est-ce pas là une hypothèse légitime, sachant que certains, aujourd’hui, cherchent à immerger l’homme dans la nature alors que d’autres, au contraire, ont pour ambition de le couper radicalement de cette dernière ?

D’une part, il est question de réduire l’homme à des propriétés purement matérielles ou bien à l’état d’animalité ; d’autre part, on cherche à en faire une pure production de la culture, ou bien on envisage, purement et simplement, son remplacement au profit d’un nouvel être bien supérieur à lui : le transhumain.

Nous verrons ce qu’il en est, au juste, de ces différents courants de pensée afin de déterminer si, oui ou non, la dernière heure de l’homme a effectivement sonné.

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EXTRAITS DU LIVRE

Le philosophe Kant, dans sa volonté de caractériser l’objet de la recherche philosophique, nous propose les questions fondamentales suivantes : « Que puis-je savoir ? » ; « Que dois-je faire ? » ; « Que m’est-il permis d’espérer ? ». Trois questions qui, selon lui, peuvent être résumées en une seule : « Qu’est-ce que l’homme ? »

Une telle question ne date pas d’hier. On la trouve déjà dans la bouche du Sphinx qui soumet cette énigme à Œdipe :

Quel être, pourvu d’une seule voix, a d’abord quatre jambes, puis deux jambes, et finalement trois jambes ?

Œdipe trouve la bonne réponse :

L’homme, car dans sa prime enfance il se traîne sur ses pieds et ses mains, à l’âge adulte il se tient debout sur ses jambes, et dans sa vieillesse il s’aide d’un bâton pour marcher.

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Il y a plusieurs manières d’envisager l’immersion de l’homme dans la nature, nous en retiendrons deux : on peut le réduire purement et simplement aux propriétés physico-chimiques de la matière ou bien considérer qu’il est un animal comme les autres. Dans les deux cas, il s’agit bien de remettre en cause l’existence d’un « propre » de l’homme à l’égard des autres réalités matérielles, qu’elles soient vivantes ou pas.

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Une telle théorie matérialiste ne date pas d’hier. On la trouve notamment chez ceux que l’on appelle les « atomistes », comme Épicure ou encore Lucrèce. Selon eux, tous les corps (l’âme comprise) sont composés d’atomes et de vide. Plus précisément, les atomes se déplacent dans le vide et, s’agrégeant de manière fortuite les uns aux autres, finissent par produire une infinité de corps et de mondes divers et variés. Puis, vient le temps où ils se désagrègent pour s’assembler de nouveau, et ainsi de suite éternellement.

On retrouve ce courant matérialiste, quelques siècles plus tard, au XVIIIe siècle en Europe avec des philosophes tels que d’Holbach ou encore La Mettrie. Ce dernier, par exemple, aura pour projet d’appliquer le modèle mécaniste, que Descartes réservait seulement au corps, à l’âme elle-même. L’« animal- machine » laissant ainsi la place à l’« homme-machine » :

Le cerveau a ses muscles pour penser, comme les jambes pour marcher.

Au XIXe siècle, le médecin et naturaliste Carl Vogt écrit :

Toutes les propriétés que nous désignons sous le nom d’activité de l’âme ne sont que des fonctions de la substance cérébrale, et, pour nous exprimer d’une façon plus grossière : la pensée est à peu près au cerveau ce que la bile est au foie et l’urine aux reins.

De fait, Vogt reprend, en les reformulant, certains propos tenus par Cabanis, un autre médecin :

[…] pour se faire une idée juste des opérations dont résulte la pensée, il faut considérer le cerveau comme un organe particulier, destiné spécialement à la produire ; de même que l’estomac et les intestins à opérer la digestion.

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A propos de l'auteur : Pascal Bernard

Après des études de droit et de philosophie, l’auteur, agrégé de philosophie, est aujourd’hui professeur en classes préparatoires aux concours d’entrée aux écoles de commerce au lycée La Nativité à Aix-en-Provence.