Le virus de la bougeotte-tome 1-Ma jeunesse

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Dans ces mémoires dédiés à sa fille, l’auteur retrace pour elle sa jeunesse et ses pérégrinations : l’Indochine en 1939-1940, le retour en métropole avec l’expérience de l’exode et de la guerre, son enfance à Bondy, la découverte du monde du travail (CSF), son service militaire et son séjour en AOF (Afrique-Occidentale française) – qui lui donne le goût irrésistible et définitif du voyage –, l’amour et le mariage, puis le grand départ pour l’Afrique noire au titre de l’OCORA (Office de coopération radiophonique). Le tout sur fond de guerres d’Indochine et d’Algérie.

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Description

J’aperçois trois collines. Ty Wan, le mont Boria et ce fameux cap Saint-Jacques, toutes trois piquetées de maisons blanches et ocres nichées dans la verdure. Des villas dont les terrasses sont envahies par de beaux arbustes, des bougainvilliers, qui descendent en cascades multicolores où le violet s’emmêle au rouge vif.
Une très grande bâtisse où flottent nos couleurs se montre avec fierté sur la hauteur ? C’est la maison du gouverneur de cette France d’outre-mer. Par mes parents, j’apprendrai que les « gens bien » s’y défoulaient en participant à de somptueuses fêtes.
Nous sommes dans une baie encombrée de jonques, de sampans munis de voiles lattées et de toutes couleurs. Ces bateaux sont là en attente de la marée montante. De légères embarcations rouillées languissent, avec le personnel de bord qui s’occupe du lavage des ponts.
Une petite vedette vient à notre rencontre, le pilote tout de blanc vêtu monte à bord. Ce dernier nous dirige vers les méandres de la rivière de Saïgon… Doucement, sur une centaine de kilomètres, nous commençons notre remontée devenue fluviale et lagunaire.

Dans cette ville, je subis mes premières peurs réelles, celles de la guerre qui débute. Comme une évidence, une attaque de la base se passe en semaine. Nous restons sous les bombes teutonnes bien à l’abri, la peur au ventre en écoutant affolés ces bombes sifflantes et les avions en piqué, toutes sirènes hurlantes. Nous en prenons plein nos oreilles de ces sons émis pour effrayer.
C’est une réelle panique, une anxiété grandissante et qui ne fait que croître. Notre père se trouve sous les bombes, il est aux premières loges sur les pistes visées. Mais peut-on prévoir qu’après la première vague, il y en aura d’autres ?
Nous laissant sous bonne garde, entre deux assauts, ma mère se dirige seule sur les pistes ravagées par ces bombes à ailettes et retrouve son mari vivant, mais en colère vis-à-vis d’elle. Cette mère qui, croyant bien faire, a, par son intrépidité, failli perdre sa vie inutilement. Après ce soudain et terrible chambardement, dans cette cité qui panse ses plaies et ensevelit ses morts, mes parents décident de quitter les lieux. Partir, mais où ?

Autres professeurs, autres méthodes. L’étude de la langue française semble moins rébarbative que celle des mathématiques ! Des farces, nous en faisons dans toutes les classes en particulier en « première », où sévit une terreur, un prof de l’ancienne école. Une terreur en effet que C. On pense aux images des livres sur l’école publique du temps de Ferry et de Zola. Tout est là, dans la salle : la robe noire sur un corps malingre, les manchettes et le monocle sont, avec le poêle à charbon, la copie conforme d’une classe de la fin du XIXe siècle. Ce prof, bougon et irascible au possible, est un gazé de la Grande Guerre, ce qui explique bien des choses. Mais quel bourreau ! Il se permet de fixer des épingles aux articulations de nos phalanges afin que l’écriture soit belle, avec des pleins et des déliés, usant au mieux de la souplesse de la plume dite « Sergent-Major ». Pour un peu, il aurait forcé ses victimes à écrire à l’aide d’une plume d’oie !

 

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A propos de l'auteur : Robert Belgrand

La vie de l’auteur est fortement marquée par l’appel du large. L’expérience indochinoise dans ses jeunes années est fondatrice. Il revient d’Extrême-Orient en ayant contracté un virus… Le virus de la bougeotte. Pour le combattre, la thérapeutique pasteurienne s’impose à coup d’injections : Première injection : le voyage en Indochine. Deuxième injection : son séjour à Dakar. Troisième injection : la coopération en Afrique. Enfin, le rappel : son séjour au Cap-Vert. De cette errance sans fin, de cette contamination doucereuse, il ne lui reste guère que de vagues souvenirs. Aujourd’hui à la retraite, il peut rêver qu’il est, comme Gabin, tel « un singe en hiver ».