Le trafic triangulaire

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En route, Clothilde parlait avec animation, elle était heureuse, avait la mine rose, épanouie, exprimant vie. Sa voix vibrait de bonheur dans sa gorge. Le trajet fut d’ailleurs court et ils descendirent de la voiture : Clotilde marchait devant Julien en sautillant comme une petite fille, dandinait en roulant ses fesses de joie. On dirait une agnelle bien gavée du lait maternel, qui exprimait sa joie et sa reconnaissance à sa mère. Julien souriait derrière elle en pensant au poète William Wordsworth, qui disait avec raison : « L’enfant est le père de l’homme ». En effet, Clothilde avait raison de jubiler de cette aubaine, qui lui tombait du ciel, un garçon robuste, grand, large d’épaules, dégageant une santé vivifiante. Un jeunot pareil plongé dans son giron était un don, une grâce, une bénédiction du Père céleste. Clothilde venait de recouvrer une sublime jeunesse, qui lui conférait sans partage Virginie. En effet, elle, petite et menue, lui, grand, les deux formaient un couple drôle en pronom personnel « il » : elle le « i » et lui le « l ». Alors, Clothilde ouvrit glorieusement la grande porte et ils entrèrent dans le Bar Western comme dans une merveille. La salle était aux trois-quarts bondée. La timidité gonfla la tête de Julien de honte. Il eut le sentiment que tous les regards étaient fixés sur eux. En tout cas, la rencontre extraordinaire de Julien et de Clothilde laisse imaginer une suite palpitante de rebondissements. On verra comment le jeunot s’y prendra avec Clothilde pour réaliser son rêve.

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Description

EXTRAITS DU LIVRE

La voix suave de l’hôtesse de l’air de la compagnie KLM annonça en un français teinté de néerlandais la mise de ceinture de sécurité. Julien jeta un coup d’œil par le hublot et vit un océan de lumière baigner Montréal. Une vue magnifiquement pittoresque. L’avion amorçait sa descente sur l’aéroport international Pierre-Elliot-Trudeau. Le Boeing 747 de la compagnie KLM atterrit en douceur suivi de l’applaudissement en chœur des passagers. Ils commencèrent à sortir à la queue leu leu, et Julien intégra la ligne avec une lourdeur dans les jambes. Dehors, au bout de la passerelle, l’odeur de la brise printanière lui caressa agréablement les narines et il en absorba goulûment quelques bouffées d’air pour se gonfler la poitrine de courage. Dans la file, les passagers étaient nombreux et majoritairement des Blancs. Mais, une angoisse tenaillait ses côtes ; le vrai-faux passeport avec lequel il voyageait au nom de James Sydney, habitant au 2463, rue Des Lauriers à Montréal, l’inquiétait beaucoup à cause de la photo qui ne lui ressemblait pas à cent pour cent. En tout cas, le baume au cœur pour lui est que, communément, les Noirs se ressemblent pratiquement par leurs visages, et les Asiatiques s’inscrivent aussi dans la même fresque physionomique.

Message d’accueil du Canada

 Le Canada, cette terre des Hommes a toujours accueilli les hommes et les femmes de notre planète avec la générosité d’une madone maternelle. Depuis toujours, cette terre jadis des chasseurs et cueilleurs, des trappeurs et bûcherons a su fondre un brassage de populations en son sein culturaliste, qui fit d’elle du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest la terre du multiculturalisme : c’est sa fierté aujourd’hui. Terre pas facile au début par son aspect naturellement sauvage voire hostile, mais par son abondance, elle a nourri ces hommes et femmes, qui avaient fui les guerres, les exactions insensées de l’Homme, et a accueilli à bras ouverts les orphelins, les misérables, les indigents venus d’ailleurs. Tout ce monde volontiers et imbu d’un volontarisme constructeur dans sa conscience et dans son inconscient, était à la recherche de la paix, qui devrait lui permettre de se réaliser, de prendre goût et de sourire à la vie : c’est cette paix du cœur, synonyme d’ambition, qui brûlait ses tripes pour la réussite et faire de cette terre hospitalière sa nouvelle patrie, qui a motivé ce monde venu d’ailleurs. Salvatrice qu’elle fut jusqu’à ce jour, elle, cette terre subissait dans sa générosité débordante et naïve l’abus de certaines exploitations. Les classes pauvres, en fait, des pestiférés et des oubliés d’ailleurs : germa le Canada, en l’occurrence la feuille d’érable. C’est cette feuille symbole qui, malgré les divergences politiques, économiques, religieuses et linguistiques, permit à ses fils et filles de transcender les problèmes, de se souder et de coexister en faisant un front commun face aux aléas de la vie pour faire triompher l’idéal commun qui représente l’unité du Canada.

Dans cet équilibre, ne trouve-t-on pas des anglophones et des francophones majoritaires ou minoritaires dans les dix provinces ajoutées aux trois territoires ? C’est ce mariage qui a fait la beauté du Canada cohabitant avec lui-même. C’est cette prospérité qui a fait de ce grand pays, un pays viable, le classant dans le concert des plus grandes Nations du monde. Cette prospérité représente le fruit de durs labeurs de ses fils et filles sur le plan de la recherche, de la technologie et en fait, l’excellence prodigieuse pour le développement. La réalité canadienne, fille de la vieille société européenne, fut une jeune société, qui a voulu se bâtir, se grandir grâce à la participation édificatrice de ses enfants. Le corridor Québec-Windsor a toujours concentré la quasi-totalité de la population canadienne. Qu’en était-il des territoires du Grand Nord ? Et des zones glacières ? C’est pourquoi, aujourd’hui, le Canada a toujours besoin d’hommes, bien sûr de la force de leurs bras, de leur ingéniosité et en fait de leur imagination. Cette imagination qui fait du rêve la réalité. C’est dans ce registre idéal qu’est venu s’inscrire Julien pour se mouler dans le rêve constructeur canadien.

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Format Livre

ISBN Ebook

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A propos de l'auteur : William De Gaston

William De Gaston, diplômé de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales à Paris, est anthroposociologue de la communication, chercheur scientifique, écrivain et enseigne l’anthroposociologie de la communication. L’auteur évolue dans le champ de la communication interpersonnelle, interactionnelle, l’analyse de la conversation et des théories de la communication, etc. Ethnographe du corps humain, ses champs d’étude comprennent l’anthroposociologie du corps, l’expressivité érotique du corps humain dans les phénomènes publicitaires et la communication non verbale englobant le langage silencieux, la gestuelle, y compris la communication verbale. C’est en étudiant La sociologie du sourire ou Le pouvoir de la séduction que l’auteur a dégagé l’hypothèse sur les aisselles de la femme qui jouent un rôle fondamental dans la publicité comme phénomène et dans la communication sociale. Pourquoi la présence effective des aisselles dans le champ de la publicité et dans les médias ? Parce que c’est le corps humain qui est mis au cœur de l’action langagière du social, de la culture, de la politique et de l’Économique. En effet, tout est retourné au corps humain au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale. Ce corps qui a souffert physiquement et psychologiquement, violenté, torturé, martyrisé, et enfin libéré, qu’on doit chérir, oxygéner à l’air libre de la lumière avec la complicité de l’Économique. L’auteur démontre dans ses analyses que tout ce que nous consommons passe par le corps : nous consommons le corps avant le produit acheté. Le corps humain est devenu un élément central dans le monde social. En l’occurrence, les aisselles demeurent au carrefour de tout ; et tout doit passer par le corps qui sert de matrice de passage incontournable.