Le funeste tartuffe

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J’ai eu à cœur de partager avec ceux qui n’ont pas foi en leur potentiel de montrer qu’il est possible de le faire émerger, avec la volonté de voir le côté positif des choses.
Deux amis d’enfance se retrouvent par hasard. À la fin d’un week-end, malgré leurs divergences d’idées sur le monde actuel, ils décident de se revoir.
Après ce second séjour, l’un d’eux disparaît. Le commissaire Donna arrivera-t-il à confondre qui est le « Funeste Tartuffe » ?

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Description

EXTRAITS

En cette fin 2007, le crépuscule frappe à la porte du moulin de plus en plus tôt.

Dans un lent mouvement, sous les rayons du soleil couchant, les couleurs métamorphosent le paysage. La forêt s’embrase, le jour, comme la chèvre de Monsieur Seguin, ne lutte plus contre la nuit et la lumière s’estompe progressivement. Les bruits de la forêt se retirent lentement pour céder progressivement leur place à un silence sépulcral.

La froidure ayant pris de l’ampleur, le feu crépite dans la cheminée depuis quelques semaines déjà.

 

Pour Christian Chiriberg, l’ancien citadin accro à la vie urbaine, cela n’a pas été si facile de s’adapter à ce nouveau destin qu’il s’était choisi. Depuis environ un an, il savoure sa nouvelle vie, même s’il est conscient de la manière peu orthodoxe dont il s’est accaparé cet endroit.

Derrière sa fenêtre, il repense à la visite, reçue dans l’après-midi, par ce personnage à l’allure citadine.

Étrange, pensa-t-il, jamais personne ne s’aventure jusqu’ici. S’il l’avait croisé en ville, c’est sûr, il aurait pu le jurer, c’était un « Maigret ». Mais dans ces montagnes, au bout de ce cul-de-sac qui ne mène nulle part ailleurs que chez lui, il ne sait que penser. Ce n’est pas, non plus, les propos sibyllins tenus par ce monsieur qui l’éclairent sur ses intentions.

 

Cette nuit noire, pesante, effrayante dans ce coin de campagne, en transformant les arbres en monstres d’un autre temps, est enfin parvenue à ses fins.

Comme tous les soirs, à la même heure, cet environnement qu’il considère toujours comme inamical, fait naître en lui un sentiment de danger possible et imprègne son corps d’une angoissante hostilité.

Comme tous les soirs, il allume les lumières pour rompre cette anxiété, se dirige vers la cheminée et s’installe dans un immense fauteuil au cuir altéré par le temps.

À portée de main, sur une vieille table basse, flemmarde le livre écrit par son ami Gérard Kinton, qui les avait fait, par un hasard inexpliqué, se rencontrer dans un supermarché.

 

Pour lui, en cartésien incorrigible, il rejette cette idée. S’en remettre à elle seulement, c’est reconnaître à l’avance que sa propre réussite ne dépend pas de soi-même, de son intelligence et/ou de son activité.

 

Même si tout est déjà écrit dans le Grand Livre de la vie, il restera toujours à l’homme, par la force de son libre arbitre, tout comme un randonneur « bartasse » de ne pas suivre ce chemin tout tracé, pour aller au même endroit si tel est son choix.

Cette rencontre avec son ami ne pouvait être que le fruit d’un enchaînement de circonstances imprévisibles dont nous n’avions pas su décrypter les messages quand ils se sont présentés à nous.

 

Il se saisit du manuscrit, habille son regard de lunettes de vue, ajuste autour de son cou la cordelette protectrice de chute, et lit machinalement le titre à haute voix :

« Meurtrier de lui-même » ! ! !

Surpris du ton de son intonation, il a l’angoissante impression que quelqu’un d’autre vient de parler dans son dos. Sensation stupide, mais un long frisson parcourt son échine.

Depuis son installation, il en est sûr, il vit bien seul dans ce moulin et il n’a jamais vu aucun linceul traverser les murs ni entendu aucune chaîne cliqueter dans ce logement.

Malgré cette certitude, il sent comme une présence rôder autour de lui et ne peut s’empêcher de chercher du regard cet autre improbable.

 

Le souffle coupé par ce tremblement, il met un temps à se remettre.

 

Son calme retrouvé, après avoir épongé une goutte de sueur qui vient perler sur ses tempes, il entreprend de lire les premières pages…

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A propos de l'auteur : Gérard Lefeuvre

Dans sa jeunesse il a étudié les Beaux-Arts, l’Architecture… Dans sa vie professionnelle il a œuvré dans la publicité, les festivités, la communication, le cinéma… Toutes ces expériences cueillies au fur et à mesure de son existence ont enrichi sa bibliothèque mentale de sujets qui lui tenaient à cœur, ouvert son esprit de plus en plus sur le monde extérieur et ceux qui y vivent et développé sa créativité et son imagination. Tout au long de sa vie, il a pu être l’artisan de son devenir et au crépuscule d’une vie professionnelle, il a ressenti le besoin d’anticiper sur le comment vivre cet au-delà. C’est dans le courant d’une nuit chargée de rêves, qu’il découvrit ce nouveau défi tant recherché et que l’idée d’écrire des romans a pris naissance. Deux de ses romans ont déjà été édités « Le Funeste tartuffe » et « Son Reflet dans la vitrine » Ce troisième est issu en totalité de son imagination et a pris naissance grâce à deux particularités de son village.