La vague à l’âme

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 « Ils n’ont pas l’habitude entre eux, de se livrer, d’exprimer leurs sentiments, allant même jusqu’à ne pas se montrer physiquement, voire ne pas se regarder lorsqu’ils se croisent, à défaut de pouvoir se cacher, de se rendre totalement invisibles. Ils croient se connaître, mais ne se connaissent pas, à moins que ce soit le contraire : ils croient ne pas se connaître, mais se connaissent que trop, ils sont si semblables. C’est lui qui les a faits semblables, c’est lui leur point commun, lui qui les enferme chacun dans leur tour d’ivoire, qui les rend discrets, secrets, introvertis et craintifs. »

                La vague à l’âme nous plonge au cœur d’une famille ouvrière dans les années 70. Sept enfants qui connaissent un enfer quasi quotidien à cause de lui, le père, de plus en plus violent.  Au moins l’appartement est grand ; un T6 dans une sordide cité HLM, qui donne la possibilité aux aînés d’avoir chacun leur chambre.

                Seule Delphine, la cadette, semble déterminée à quitter cet enfer, à “sortir” de son milieu et vivre pleinement sa vie. Fabrice, son puîné, suivra son exemple. Cependant, ils ne prendront pas la même porte, ne suivront pas le même chemin.

                Se retrouveront-ils ? Qui sait ? Ne dit-on pas que deux droites parallèles se rejoignent à l’infini ?

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Description

Il frappait d’abord, l’explication il la demandait après. C’était toujours le même rituel : comme il était gaucher, il commençait par retirer sa montre, une montre au bracelet métallique, argenté et élastique qu’il posait avec mille précautions, puis il frappait. Quand la correction était pour eux deux, en cas de litige sur l’origine de la bêtise, ce qui était souvent le cas, il commençait toujours par Bubune. Maigre cadeau : il avait beau savoir que les coups seraient moins appuyés pour lui, de passer en deuxième était horrible, car il avait l’impression de vivre, impuissant, deux fois le même supplice. Bien sûr, quand la bêtise venait de lui et de lui seul, et quoique les coups fussent là encore moins appuyés et moins nombreux que pour Bubune, il avait droit au même rituel, et c’est ce rituel, ce préliminaire, les gestes lents et appliqués pour retirer sa montre, puis pour décider d’un seul coup d’œil de l’endroit libre où la poser qui était le plus effrayant, le plus insupportable, parce que non seulement ce rituel annonçait les coups qui suivraient forcément, mais de surcroît, conférait à toute sa personne, lui habituellement si “ sanguin ”, l’aspect déterminé, froid et sadique d’un bourreau.

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En attendant, rester à la maison n’est plus possible. C’était difficile avant, quand ses parents lui faisaient honte, mais ça l’est davantage maintenant que c’est elle qui leur fait honte.

Le pire pour elle est de croiser le regard de Lucien lorsque sa sœur et lui reviennent de temps en temps déjeuner à la maison, car bien sûr, sa mère n’a pas pu s’empêcher de les mettre au courant eux aussi. À chaque fois, c’est comme un coup de poignard. Elle croit percevoir chez Lucien un petit sourire narquois qui a l’air de dire : « Alors ma petite belle-sœur, on s’est fait déflorée à ce qu’il paraît ! » ou bien encore : « T’as enfin connu le loup ! petite pucelle ! » ” Connaître le loup “, une expression qu’elle a entendue déjà dans la bouche de sa grand-mère, suivie de son petit rire malicieux.

Sa grand-mère à qui elle ne rend plus visite, à qui désormais elle ne peut confier sa peine ni quoi que ce soit d’autre. Sa chère Titine l’a trahie. « Comment a-t-elle pu dire – et penser surtout – que je couche avec n’importe qui » ? Non, rester à la maison n’est plus possible, elle ne le supporte plus, il faut qu’elle parte.

 

 

Informations complémentaires

Format Livre

ISBN Ebook

Version

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A propos de l'auteur(e) : Joanny Thioux

Après avoir passé toute sa jeunesse à Angers, sa ville natale, l’auteur s’est installé définitivement à Paris où, de comédien, il a fini par exercer le métier d’éducateur. Mélomane et musicien amateur, sa sensibilité artistique et ses dispositions de pédagogue l’ont conduit à être un temps professeur de théâtre dans une MJC de son quartier, et ponctuellement à créer des mises en scène de théâtre et d’opéra pour enfants ou enfants choristes. La vague à l’âme est son premier roman.