La traversée des Balkans

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Ce récit historique reconstitue, à partir de données factuelles, l’évasion de Constantinople, en 1453, lors du siège de la ville par les armées ottomanes, d’un jeune étudiant de dix-huit ans, qui fuit l’avancée turque dans les Balkans, en évitant tous les pièges d’une période troublée.

Sa fuite le conduit des rives de la mer Noire jusqu’au Rhodope bulgare et à la Morava serbe en direction de Zemun, sur les rives du Danube, puis de Venise, alors que les armées turques envahissent ces territoires et menacent les populations civiles de razzias, pour alimenter le marché des esclaves nécessaires au repeuplement de Constantinople.

Il est aidé dans sa fuite par le réseau des monastères orthodoxes, ceux du moins qui ont été épargnés par l’invasion turque dans les Balkans. Il retrouve, à Zemun, son grand-père, riche négociant en vins et en épices, et sa mère, avec laquelle il termine son périple, en passant par Venise et Dubrovnik, avant de parvenir à Bologne, où son père a trouvé refuge auprès du cardinal Bessarion.

Ce récit fait revivre une séquence de l’histoire de l’Europe, qui montre la communauté de culture à laquelle appartenaient Grecs, Serbes et Italiens, dans les premières décennies de la Renaissance, à un moment où la redécouverte de l’Antiquité, grâce aux conciles d’union entre les Églises chrétiennes, destinés à lutter contre la déferlante turque, conduit les élites grecques à prendre le chemin de l’exil vers l’Italie, emportant avec elles tous les trésors littéraires, scientifiques et artistiques, dont l’Occident chrétien tirera la substance de son propre renouveau.

 

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Description

EXTRAIT DU LIVRE

Des nuages filaient en ligne incertaine sur la barre rocheuse des Rhodopes, atténuant la limite des couleurs bleu-noir de la forêt et blanc doré du sommet encore éclairé de la falaise, dont les indentations donnaient au relief une animation majestueuse, celle d’un décor surhumain, où s’affronteraient les forces de la nature et celles de l’au-delà.

La falaise, tout effilée et régulière, formait comme un rempart posé là pour protéger le ciel et le rendre inaccessible aux humains, ou aux Titans, qui avaient vainement cherché à conquérir l’Olympe. Avec le couchant, le ciel s’assombrissait, et un flot de nuages sombres envahissait la ligne de crête, abolissant la frontière entre la pierre et le ciel. C’était comme si la montagne s’était élevée et était entrée dans le ciel. La falaise flottait dans le ciel avec les nuages, épousant leurs sinuosités et leurs volutes, jusqu’à se dissoudre dans leur inconsistance colorée de gris et de bleu.

Alors la montagne n’était plus rempart, mais marchepied pour accéder au ciel, voie d’ascension pour partager le sort des immortels. Était-ce cela les îles des Bienheureux, où les Anciens avaient logé leurs dieux ? Car ces îles ne peuvent être qu’au sommet des montagnes, qui sont les seules résidences dignes des dieux. Dans ces oscillations où la plongeaient les flux et reflux des nuages et leur insensible dissolution dans le ciel, la falaise s’évanouissait. Elle ne marquait plus une frontière pour les hommes. Elle marquait au contraire l’ouverture d’un monde unique, où les couleurs du ciel imprégnaient celles de la terre au point de dissoudre montagnes et forêts dans l’unité de l’au-delà.

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A propos de l'auteur : Michel Quiot

L’auteur, dont c’est le premier roman, est un universitaire spécialiste de philosophie ancienne. Son parcours professionnel l’a conduit à s’intéresser à Byzance et aux civilisations slaves de l’Europe centrale, dont sa connaissance du terrain fait de ce livre un remarquable guide de voyage à l’intention d’un large public cultivé.