La crasse

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11 novembre 1918, fin de la guerre. Julien, après quatre années passées sur le front des Ardennes, rentre chez lui dans le Haut-Doubs. Le paysage qu’il retrouve sur le chemin de sa ferme est calme et recouvert de neige. Tout est blanc et propre, il contraste avec ce qu’il vient de quitter : son état de soldat qui a vécu dans la boue des tranchées et le danger, parmi les cadavres et les blessés. L’enfer. Des images reviennent, et il se sent sale. Comment sa femme va t-elle accueillir cet homme crasseux qui sent encore la crasse et la pourriture des tranchées ? Cette idée de crasse devient rapidement une obsession à mesure qu’il se rapproche de chez lui et ne le quittera plus. Il entre alors dans une spirale de folie.

Le livre, en retraçant le parcours d’une « blessure invisible », met en évidence les pratiques médicales de l’époque et, en creux, le courage et l’amour d’une femme.

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Description

— C’est quoi ce clairon? finit par lâcher Raoul, un vieil habitué des coups durs et des missions délicates.
— Je crois bien qu’c’est une bonne nouvelle, mon gars, répondit Julien en souriant à moitié d’un air entendu.
— Quelle bonne nouvelle? T’en connais beaucoup, toi, des bonnes nouvelles depuis qu’on pourrit dans ce trou ? C’est pas trop le genre de la maison. Ça fait combien de fois qu’on nous annonce une «bonne nouvelle»… Tu parles… Un coup c’est la dernière offensive qui va arrêter la guerre, une autre fois c’est qu’on s’en retourne chez nous parce que la grande relève arrive… J’y crois pas, moi, à ta bonne nouvelle.
— Oui, mais cette fois-ci… Il n’eut pas le temps de finir sa phrase que, lancé par les sous-officiers, l’ordre courait à son tour sur la ligne de tranchée: «Cessez-le-feu ! Cessez-le-feu ! Armistice !»

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Ils restèrent embrassés de longues minutes, quand tout à coup, brutalement, il se redressa et la repoussa :
−Non! Ne me touche pas! Je suis trop sale ! Trop sale, m’entends-tu? cria-t-il. Je ne veux pas que tu te souilles de ma crasse, que tu attrapes mes poux. Je suis crasseux, crasseux, tu sais ce que ça veut dire? Intouchable, contagieux. Non! Tu ne peux pas savoir !
Jeanne était effrayée par ces éclats de voix qui résonnaient dans le silence froid de la campagne enneigée, par ce débit haché et ces mots répétés en hurlant, encore et encore.
Mais elle prit sur elle de l’apaiser d’une voix calme :
— Mon mari, mon Julien, calme-toi, c’est fini tout ça. Tu vas commencer par venir te débarrasser de ces vêtements et te laver. Après, tu verras, tout ira mieux, comme avant. Veux-tu ? Je vais t’aider, viens, allons… viens…

Informations complémentaires

Format Livre

ISBN Ebook

Version

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A propos de l'auteur(e) : Michel Auguglioro

Michel Auguglioro, né en 1937, professeur d’Italien puis proviseur de lycée pendant 27 ans, a vécu une partie de sa carrière dans le Haut-Doubs, à Pontarlier avant de l’achever à Nîmes. Actuellement retiré dans les Cévennes, il a écrit aussi bien sur le parcours d’une famille sicilienne émigrée en Tunisie, que des histoires qui ont pour cadre les villages des Cévennes, des nouvelles ayant trait à la Grande Guerre, ou sur l’histoire de la Tunisie.