Jean Baffier – Le Géant aux pieds d’argile

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En ce jour d’avril 1820, il pleut sur Sancoins. Cependant, une foule immense s’est rassemblée sur la place de l’église pour assister à l’enterrement du grand sculpteur berrichon, Jean Baffier. De là où il se trouve, Jean Baffier voit tout, entend tout, et tandis que de vibrants hommages sont prononcés en son honneur, le film de sa vie lui apparaît tout entier : son enfance paysanne à Neuvy-le-Barrois, son éblouissement à l’âge de treize ans devant la cathédrale de Nevers et sa décision aussi soudaine qu’irrévocable de devenir « tailleur d’images ». Il revit toute sa progression en tant que sculpteur et ressent à quel point il est « empoigné » par l’amour de son art et par celui de son pays. Alors repassent devant lui les périodes d’enthousiasme mais aussi les moments de doute intolérables ; il sait maintenant qu’il lui faut tenter de comprendre comment et pourquoi tout cela est advenu…

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Description

EXTRAITS DU LIVRE

Baffier écrit : «  J’aime ma patrie comme ma mère », aussi décide-t-il de faire une grande sculpture de Louis XI, l’homme grâce auquel s’est réalisée l’unité de la France.

La statue que j’imagine, je la veux grande mais cela ne sera pas celle d’un homme à cheval qui commande à des troupes censées être derrière lui, non, Louis XI sera assis sur un trône sans prétention, habillé de façon simple avec sur la tête ce bonnet à médailles qu’on lui connaît. Avant tout, ce qui m’intéresse, c’est son attitude, son expression ; assis accoudé à son fauteuil, sa main gauche est ouverte, comme on a coutume de le faire quand on expose un sujet à quelqu’un, de sa main droite il se soutient le menton, ses yeux sont mi-clos et il sourit, tout dans son expression laisse entrevoir sa grande intelligence, son goût pour la discussion ; charmeur et persuasif à la fois, il sait convaincre celui qui l’écoute et ne doute pas de ses talents.

Regard et sourire

Au monde de l’infini

Deux portes ouvertes

…Louis XI, c’est l’intelligence, le prince machiavélique amoureux de son pays, qui conduit ce dernier et en fait un grand État ; tout cela, ma sculpture doit le suggérer.

J’ai mal à la France. Souvent je quitte Paris pour retrouver mon Berry natal, j’ai ce besoin intense de respirer à nouveau l’air du pays de mon enfance, de retrouver une nature où la machine n’a pas encore tout défiguré. Je me noie dans l’admiration d’un paysage toujours semblable et toujours changeant. La nuit, je suis le roi d’un univers infini, je regarde la lune qui lentement, inexorablement, se déplace dans le ciel étoilé ; à la pleine lune, elle étire son voile laiteux sur les champs, les étangs, les arbres et les chemins, parfois des nuages la couvrent puis la découvrent, nous laissant entrevoir ses secrètes blessures. L’automne venu, je regarde les arbres habillés de feuilles d’or qui dans l’embrasement du soleil couchant s’envolent avec le vent, par la pensée je suis leur cheminement, tapis de feuilles sur le sol, elles se fondent à la terre pour devenir humus à la saison prochaine. Ou encore quand vient l’hiver, je m’émerveille devant les paysages de neige qui rendent irréels champs, arbres et maisons, les recouvrant d’un charme insoupçonné dans ce ciel gris rose des matins de froidure. Je réfléchis à ce grand manteau blanc, suaire de la terre endormie qui protège l’éclosion des futurs germes quand vient le printemps nouveau. C’est alors que m’apparaît de façon évidente que mort et vie sont intimement liées, que la vie naît de la mort, et, s’il en est ainsi des arbres, des plantes et des fleurs, il en est également ainsi de la nature tout entière et de nous autres, les hommes. Un lien invisible nous relie au passé proche, lequel est lui-même relié au passé plus lointain, c’est pourquoi nous sommes les descendants directs des géants d’autrefois, de ces Gaulois Bituriges qui les premiers, avec Vercingétorix, se sont dressés contre les envahisseurs Romains et par milliers ont donné leur sang pour défendre leur terre.

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A propos de l'auteur : Elisabeth Dubois-Colombe

Née aux Antilles en 1939, Élisabeth Dubois-Colombe a passé la plupart de son temps en France Métropolitaine. Elle a, des années durant, enseigné l’anglais, mais depuis toujours elle s’intéresse à l’art et à la poésie et elle est particulièrement sensible aux résonances qui peuvent exister entre différentes disciplines. Jean Baffier, qui était sculpteur, mais aussi conteur, musicien et militant dans diverses associations, lui est tout de suite apparu comme quelqu’un de particulièrement intéressant. De plus, ce sculpteur, né au milieu du XIXe siècle, vécut à un moment où les effets de la révolution industrielle, non seulement avaient un impact considérable sur tous les citoyens, mais également étaient à l’origine de troubles sévères dans la société. Pour elle, cette époque n’est pas sans rappeler ce que nous vivons aujourd’hui avec la révolution informatique…