J’aurais tant voulu qu’elle ne m’oublie pas

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La maladie s’est imposée sans prévenir, sans demander une quelconque permission, encore moins nous demander notre avis.
Ce triste sire qu’est Alzheimer nous a dicté ses lois et conditions, sans toutefois nous fournir le mode d’emploi.
Sans carte ni boussole, ma mère et moi avons ensemble entrepris cet éprouvant voyage en terre inconnue.
Ce long voyage semé d’embûches restera à jamais gravé dans mon esprit.
Comment peut-on oublier d’avoir eu un jour quelqu’un de si cher, très proche physiquement et pourtant tellement loin.
Je chéris tous ces petits instants que personne ne nous a pris, pas même la maladie.

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Description

Je m’avance vers elle, je l’embrasse et lui demande si elle sait qui je suis.
Elle acquiesce et me répond en regardant l’aide-soignante ” c’est ma grand-mère”
Je sens le trouble de la jeune femme, elle a vu je pense, mon mal être.
Je suis effondrée et pourtant je dois faire belle figure.
Je lui rappelle que je suis sa fille, elle me regarde, me sourit et me dit qu’elle le sait.
À son regard, je sais que ce n’est pas le cas. J’aimerais que cela s’arrête, je voudrais ne plus être seulement l’ombre de quelqu’un, une illusion de personne, totalement transparente.
Pourra-t-elle un jour me reconnaître, moi qui suis sa fille?

 

Je la promène, je prends soin d’elle, je veille à ce qu’il ne lui manque rien, je fais tout pour apporter un peu de soleil dans l’obscurité de la maladie et dans ses yeux je n’ai même pas l’illusion d’être qui je suis.
Alzheimer m’a non seulement pris ma mère, mais aussi mon identité.
Pour ma maman, je ne suis qu’une aide-soignante de plus au panel qui l’assiste.
Lorsque je tiens sa main, elle est si près de moi et pourtant si loin.
Pire encore, quand sa lucidité se perd totalement dans les méandres de la maladie, son regard devient fuyant, terne, hagard et là, j’ai le sentiment de la perdre un peu plus encore.

 

Informations complémentaires

Format Livre

ISBN Ebook

Version

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3 avis pour J’aurais tant voulu qu’elle ne m’oublie pas

  1. Brigitte Amalou

    Ce n est pas parce que tu es mon amie d enfance que je suis fière de toi non
    Je suis fière de la personne que tu es et ta Maman d ou elle est doit être fière de sa fille
    C est un livre très beau,avec des sources et qqs larmes
    Merci a toi

  2. Angelique Jost

    Très beau livre!
    On ressent de nombreuses émotions en le lisant. Très bien ecrit.
    Encore bravo.
    Je suis fier de toi, et je suis sûr qu’elle aussi.

  3. Emeline

    Voilà une belle autobiographie qui retrace le quotidien de l’auteure face à la maladie d’Alzheimer de sa maman.
    Un livre riche en émotion, qui m’a fais sourire et même parfois rire.
    Elle aborde le sujet avec simplicité et nous conduit à travers les époques que traverse sa maman et comment elle a su s’adapter à tous ces dialogues incongrus.
    Elle nous livre là son secret face à cette maladie et comment elle l’apprivoise aux fils des jours, des heures ou même des minutes.
    Une œuvre pleine de bienveillance et d’amour!

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A propos de l'auteur(e) : Marie Paule Henné

Marie Paule Henné est née à Metz, dans l'est de la France, en 1961 et y est domiciliée.
Mariée et maman de trois enfants, elle écrivait déjà à l’adolescence.
Aussi loin qu'elle se rappelle, elle a toujours aimé les mots.
L'écriture, un moyen de s'échapper ou de s'affirmer.
Après un licenciement pour inaptitude, suite à des soucis de santé, elle se retrouve donc sans activité.
Pour elle, la vie n'a jamais été un long fleuve tranquille, plutôt une vie cabossée qui lui a laissé des blessures qui ne guériront jamais.
Elle a dû faire très souvent preuve de résilience.
Lorsqu'elle n'a plus de larmes pour pleurer, plus de voix pour crier, plus de force pour se justifier et d'énergie pour se défendre, il lui reste les mots qu'elle met sur le papier.
Bien trop souvent dans l'abnégation.
C'est dans l'émotion que les mots sont les plus forts. Avec les mots, elle met son âme à nu pour exprimer ses joies, ses peines ou ses colères.
Une porte de sortie, presque une thérapie.