Fugueuses dans l’âme

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Flavie Servant, ballotée par les aléas de la vie, va par tous les moyens essayer de s’échapper du milieu dans lequel elle vit.
Petite, ce seront des petites fugues pour suivre les grands camarades.
Puis à la recherche du bonheur en se réfugiant chez des amies, même si elles sont en plein deuil.
Ce seront aussi des fugues pour vivre paisiblement, confortablement.
Des fugues pour ne pas vivre « enfermée » dans un milieu qui lui est étranger.
Des fugues pour échapper à la violence d’un père.
Des fugues pour ne pas vivre avec un mari adultérin.
Elle nous racontera que sa famille faisait aussi des fugues et qu’elle a hérité de cet atavisme.
Chercher à tout prix l’endroit pour vivre au calme et heureuse.
Elle atteindra cette quête du bonheur, grâce à un caractère volontaire.

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Description

EXTRAIT DU LIVRE

Meknès

Mon père a fini par admettre que ma mère puisse s’ennuyer dans le petit village de Midelt où il n’y avait rien à faire, rien à voir. Il a accepté l’idée de déménager et de s’installer dans la grande ville de Meknès.

Le problème du logement s’est alors évidemment posé, il n’y avait pas de maison vide disponible immédiatement. Nous quittions une grande maison confortable, avec jardin, et nous nous sommes retrouvés dans la ville arabe, dans un trois-pièces, sombre et très étroit, de plus très éloigné de mon école. Les trajets devenaient épuisants, mais j’ai fini par découvrir un raccourci en traversant un cimetière arabe. En passant à travers les tombes, je me retrouvais dans des ruelles commerçantes débouchant sur mon école ! Je faisais la moitié du parcours en frissonnant de peur que l’on m’agresse ou que l’on me dispute d’avoir enjambé des tombes ou marché sur des sépultures, qui disparaissaient souvent faute d’entretien. Ou de me retrouver nez à nez avec un serpent.

Ma mère a alors contacté une de ses parentes, que j’appelais « tata Chérie », vivant dans cette ville. Elle nous a présenté sa grande amie : Lala Meriem, qui demeurait dans le plus beau Riad en face de chez nous. J’étais éblouie ! Une maison de trois étages, une entrée donnant sur un patio, un bassin avec jets d’eau et poissons rouges (je n’en avais jamais vu auparavant), des tortues en liberté et une immense cage à oiseaux avec des perroquets magnifiques, un véritable Eden, avec un petit jardin luxuriant garni de plantes exotiques ! Une immense cuisine ou s’affairaient plusieurs bonnes, toutes très discrètes, puis une multitude de salons plus ou moins vastes, salon pour les visiteurs de passage, salon pour la famille, salon pour les hommes, salon pour les femmes. Chambres pour le personnel à l’arrière de cette maison, au rez-de-chaussée. Un grand escalier menait au premier étage dans les grands salons d’apparat, à la chambre rose de Lala Meriem à côté de sa jolie salle de bains. Je croyais voir des décors de cinéma, c’était d’un luxe impressionnant.

Au deuxième étage, les chambres d’enfants. Lala Meriem avait adopté quatre enfants : filles et garçons, qui ne posaient aucun problème, tous travaillaient bien et se préparaient à réussir leur vie d’adulte. Lala Meriem était heureuse et fière de ses bonnes actions.

Comment peut-on avoir une si jolie maison, me suis-je demandé ? Avec toute l’audace que peut avoir un enfant, je suis allée la voir un matin, je l’ai embrassée comme à l’accoutumée et lui ai demandé si elle voulait bien m’adopter ! Sidérée par ma demande, elle a ensuite éclaté de rire et m’a demandé pourquoi ? Parce qu’elle avait une belle maison, qu’il y avait beaucoup de place et que j’étais trop à l’étroit chez moi.

– Si ce n’est que ça, je n’ai pas besoin de t’adopter, m’a-t-elle répondu, tu peux venir quand tu veux et dormir dans une chambre, si tes parents sont d’accord.

Sans demander la permission de mes parents et sans les informer de mon désir de changer de famille, encore une fois, je suis arrivée chez elle un week-end avec quelques affaires.

Mes parents ne se sont pas rendu compte de mon absence avant le lendemain et j’ai encore provoqué une grande panique. Ma mère a vite compris que j’étais chez Lala Meriem et que je m’amusais avec ses deux filles, tout à fait délicieuses et plus âgées que moi. Mais de là à m’installer chez elle, il ne fallait pas que j’exagère. Mon père est arrivé en courant pour me ramener « au bercail » en me tirant l’oreille.

Cela a été une nouvelle occasion pour mon père de se disputer avec ma mère et ce que j’ai entendu m’a sidérée :

– Tu ne veux pas que je laisse ma fille à cette tenancière de bordel ! lui a-t-il dit en hurlant !

Ma mère a riposté,

– Lalla Meryem est une brave femme, généreuse, lui a-t-elle craché à la figure et la bagarre a recommencé…

Je découvre effarée ce qu’est une maison close, mes oreilles chastes n’en reviennent pas !

C’est ainsi que j’ai appris le type de « harem » que Lala Meriem tenait à Meknès. Le seul réputé avoir de jolies filles et une forte clientèle. D’où sa fortune !

Sur ce, quelques jours plus tard, nous déménagions encore pour nous rapprocher de l’école.

J’ai perdu Lala Meriem de vue, ses filles également, et j’en ai ressenti une grande tristesse. Ce n’est pas parce qu’on tient un lupanar qu’on n’est pas humaine, charitable et fréquentable, telle était ma conclusion !

 

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A propos de l'auteur : Flavie Servant

Dans son troisième livre, Flavie Servant nous explique ce qui a motivé toutes les fugues qu’elle a faites depuis son plus jeune âge. Elle décrira ses mal-êtres, ses maltraitances physiques, psychologiques lorsqu’elle était enfant et adolescente. Elle subira plus tard des maltraitances affectives. Ce qu’elle écrit n’est pas non plus dénué d’une pointe d’humour... Elle nous racontera qu’à chaque fois une fenêtre s’est ouverte tout au long de son parcours. Elle a rencontré des gens bienveillants qui ont été un formidable modèle d’éducation pour cette enfant née dans une famille assez toxique. Depuis, Flavie a trouvé un moyen de faire sa résilience en devinant et en acceptant les souffrances de ses parents et tout ce qui a motivé leurs comportements. Malgré toutes ces tempêtes, Flavie Servant reste une femme joyeuse, équilibrée, la main toujours tendue vers ceux qui traversent à leur tour quelques difficultés.