Du polonium au dessert

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On peut être de la Rousse et, en même temps, être un doux anarchiste, comme un épi rebelle sous le peigne des contraintes et de la hiérarchie… On peut être de la volaille et porter des jugements acerbes sur nos institutions, sur nos prétendues « élites », et sur nos comportements d’occidentaux prétentieux, dits « civilisés ». Bref, mettre de la dérision sur (presque) tout… On peut être un poulet distingué et, aussi, être un individu réticent aux courbettes, aux ronds de jambe, à la pédanterie et aux salamalecs… On peut être ce cogne traquant les vilains et, néanmoins, se sentir proche des voyous, leur témoigner de la tendresse, jusqu’à aimer leur langage. Bref, on peut être raffiné et, cependant, argoter tout son saoul. Je suis cet homme provocateur et transgressif !

L’argot est le langage de la rue et de ses bas-fonds. Il fut longtemps celui du peuple, dont nous sommes, tous, issus. L’argot n’est pas vulgaire. Il est gouteux, coloré, joyeux, expressif, évolutif, car le temps se charge de l’enrichir sans cesse. Une langue vivante, en quelque sorte, et qui travaille à l’unification des peuples car il se nourrit de tous les « parlers » de la Terre… L’argot est présent dans la vie de chacun. Vous le parlez tous un peu ! Tous les jours ! Sans même le savoir, et bien plus souvent que vous ne le pensez…

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Description

J’ai craqué une allouf et foutu le rif à la clope qui me pend aux badigoinces. Je vais pour quimper la souffrante quand je détranche le taulier qui me louque vilain et je me ravise alors. Je le connais, c’est un sanguin, et il n’est pas indispensable de lui cramer son tapis persan pur sucre à peine sorti de chez Ikea. Je la renfile, alors, aussi sec dans sa boite, me retourne vers mon perdreau stagiaire, un arpète jeunabre et badour comme un éphèbe, qu’on m’a demandé de dessaler aux subtilités de la bigorne. Malgré sa naïveté, il me fait la balle. Je lui demande :

— Tes premières constatations, fils ?

— La victime a cessé de respirer, patron.

— C’est un bon début. Et encore ?

— C’est une femme qui…

***

C’est en sueur, et exténués, que nous nous retrouvons l’un à côté de l’autre, allongés sur nos arêtes et les vasistas fixés sur le dais qui surplombe le page. Un lit à baldaquin, je viens de m’en apercevoir. En face de nous, un chêne nous regarde d’un œil sévère, une vieille taupe aussi, tous deux scandalisés de notre indécence. Il est vrai que ma partenaire a la chevelure un brin dans le désordre et, quant à moi, j’ai le Jésus qui fait la génuflexion alors que ce n’est pas à lui, ordinairement, de le faire. Je les suspecte tous les deux, les vioques du tableau d’en face, d’être un peu jaloux, bien que, dans leurs cadres accrochés aux murs, le peintre n’avait pas prévu que ces birbes aient encore envie, à leur âge, de se laisser aller à la bagatelle.

— Si vous êtes aussi bon policier qu’amant, je ne voudrais pas faire ma truande en France, hoquète-t-elle avec difficulté et en reprenant lentement ses esprits.

Informations complémentaires

Format Livre

ISBN Ebook

Version

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A propos de l'auteur(e) : Bruno Pinel

Bruno PINEL est auteur d’essais et de romans policiers. Ecologiste et pratiquant la communication animale, il vit dans la campagne bretonne, entouré d’animaux et au contact d’une Nature encore un peu préservée contre la folie des hommes. 

Ses écrits sont tous le fruit d’une longue réflexion sur l’amitié, la tolérance, la vie, la non-violence et aussi sur la justice et le pouvoir. En somme, sur ce que pourrait être une société idéale dans laquelle, sans être exposés aux rivalités entre les uns et les autres, en veillant simplement à vivre libre et en bonne intelligence avec tout cet environnement dont nous ne sommes qu’un élément constitutif parmi d’autres, une harmonie presque parfaite est possible.