Défenses d’éléphant – Départs

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Cette « fiction réelle » raconte l’histoire d’un enfant africain, depuis sa naissance et ses premières initiations dans un petit village des savanes, jusqu’à son arrivée à la fin de l’adolescence en France, pour des études de psychologie. Il retournera ensuite exercer ce métier en Afrique de l’Ouest, avant de revenir s’établir en France. Le récit retrace le parcours de cette enfance africaine de l’immédiate période postcoloniale ; puis de cet étudiant africain dans la France post-soixante-huitarde ; et enfin, de ce psychologue lui-même africain, formé en France, et confronté aux réalités familiales, sociales, politiques et culturelles d’une Afrique des années 80-90 en marche vers une modernité aux contours encore flous. Confronté à une série de paradoxes, Kalgnon se construit dans un va et vient entre deux mondes en interactions parfois conflictuelles. Perfusé dès le départ à la pulsion de vie, et adossé à de solides défenses d’éléphant, il surmonte les épreuves comme le soldat insouciant traverse en courant un champ sans s’être aperçu qu’il est miné. Ce récit, chronique d’une vie en devenir, est l’ethnographie sensible et habitée d’une réalité villageoise d’enfants des années 60 -70. Les amitiés, le travail des champs, les relations avec les adultes, la complexité des relations intrafamiliales, les initiations… C’est aussi une authentique vignette où l’histoire personnelle et l’engagement professionnel se prolongent et se nourrissent réciproquement, donnant à percevoir de l’Afrique les mutations déjà amorcées à cette époque et qui préfiguraient celles à venir au 21°siecle du côté des jeunes générations.

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Description

EXTRAITS DU LIVRE

La vie des enfants se passe entre les champs et le village. Ses souvenirs les plus précis sur cette période concernent davantage les travaux des champs. Ils accompagnent les grands et les adultes aux champs et participent aux travaux en fonction de leurs capacités. Kalgnon a un vague souvenir d’une histoire de fourmi dans le lait, avec sa sœur aînée. Il doit avoir 3 ou 4 ans et ils sont au champ. Sa sœur Basoum a apporté pour le déjeuner de l’enfant une bouillie de semoule de maïs au lait qu’elle a posée sous un arbre. À l’heure du repas, elle veut le lui donner, mais constatant que les fourmis l’ont investi, elle s’applique à les retirer une à une, puis devant le nombre, elle abdique et lui tend le bol «mange, ça fait grandir». Il a mangé les fourmis avec le lait et la semoule et, en effet, il a grandi, mais bien plus tard. Basoum a été une petite mère pour Kalgnon. Elle avait 10-12 ans et s’est entraînée sur lui pour son futur rôle de mère.

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J’ai aussi découvert la revendication en lieu et place de la doléance. Dans le premier cas, on fait valoir ses droits, dans le second on fait appel à la magnanimité, à la bonté, on fait profil bas. En Afrique, les syndicats présentent leurs doléances. Ici, ils présentent d’abord leurs revendications. Ici les choses se conquièrent par la lutte. « Libérez Martinez », peut-on lire sur les murs de l’Université de Poitiers. Je n’ai jamais su qui est ce Martinez, mais ces mots sont pour moi une délivrance, comme une injonction que je peux m’autoriser. «  Libérez Mandela » et non « pitié pour Mandela », comme j’ai souvent entendu au pays. La liberté est un droit et non une faveur.

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Par ailleurs, dans les représentations collectives, revenir de France dispose à avoir un poste important, très grassement rémunéré, et surtout où on est suffisamment influent pour placer un cousin, un neveu, un ressortissant du village, etc. Tout le monde finit par y croire et demander des interventions à toutes occasions. Concours d’accès à des formations, place à l’hôpital, recrutements…

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La conséquence de ces promesses stériles est que beaucoup de jeunes, plutôt que de miser sur des critères objectifs comme leur propre investissement, leur travail, leurs talents et compétences, comptent sur quelqu’un qui les aidera ; et finissent par rendre les autres responsables de leurs échecs. On pourrait faire une analogie en politique avec l’espoir que les populations mettent sur l’homme providentiel, le sauveur… Qui déçoit toujours

 

 

 

 

Informations complémentaires

Format Livre

ISBN Ebook

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A propos de l'auteur : Tichimfôlô Pelkan

Djakaridja KONE dit Tichimfôlô Pelkan, est né vers 1953 à Arikokaha, village situé au nord de la Côte d‘ivoire en pays Tagouana (Sénoufo). Dernier garçon de son père paysan, Il est destiné à être son bâton de vieillesse, et donc à l’accompagner aux champs. Il est initié très tôt à cette fin. Mais son oncle instituteur en décide autrement et l’amène avec lui en ville à 7 ans pour le scolariser, et accessoirement exploiter ses petites mains pour les œuvres domestiques. Après ses études primaires et secondaires, il obtient une bourse d’état pour des études de psychologie à Poitiers puis à Rennes, au terme desquelles il retourne ensuite exercer ce métier, d’abord dans son pays d’origine, puis dans toute l’Afrique de l’Ouest pendant une dizaine d’années, avant de revenir s’établir en France. Il est actuellement psychologue auprès des enfants et leurs familles en Bretagne. D. Koné est auteur de nombreux articles spécialisés sur l’enfant et la famille, ici et ailleurs.