Déesses sur divan – Freud face aux grandes figures féminines de la mythologie grecque

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Freud, reçoit dans son cabinet les principales déesses et femmes de la mythologie grecque. Celles-ci, dotées d’une personnalité bien particulière, vont tour à tour lui faire comprendre, non sans humour, qu’elles ne sont pas tout à fait telles qu’on les a décrites.

Plus modernes que jamais, elles dénoncent par leurs propos, parfois osés, tout le sexisme des hommes. Ainsi, ces femmes bafouées et ces mères critiquées s’insurgent contre toutes les injustices qu’elles subissent, quel que soit leur âge ou leur statut. Certaines, plus provocantes que d’autres, évoquent même la sexualité avec des paroles plutôt épicées, s’amusant ainsi de l’effet que cela peut avoir sur le célèbre psychanalyste, persuadé d’être un homme irréprochable…
Freud parviendra-t-il à changer ses idées concernant les femmes ?

 

 

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Description

EXTRAITS DU LIVRE

Acte 1 – Scène 6

HÉra, Freud

Arrive HÉra, elle porte une longue robe, une plume de paon, un chignon et des talons plats.

 Freud — Héra, déesse du mariage et de la fidélité, prenez donc place sur ce divan.

HÉra — (sarcastique) Vous voulez dire plutôt que je suis la patronne des femmes trompées, humiliées et délaissées.

Freud — Vous êtes jalouse !

HÉra — Comment ne pas l’être ? Je suis sûrement la femme la plus cocue de tous les temps ! (Elle soupire.) Hélas, les hommes sont de perpétuels coureurs !

Freud — Cela s’explique par leur instinct de reproduction.

HÉra — (sèchement) Et vous croyez que je ne le sais pas !

Freud — Voyons, calmez vous, ce n’est pas si grave…

HÉra — (désabusée) Répandre sa semence un peu partout est dans la nature de l’homme, visiblement !

Freud — (gêné) Euh…

HÉra — Mais il y a pire !

Freud — Ah ?

HÉra — (hausse le ton.) Figurez-vous que ce salopard a contraint la majorité de ses conquêtes à se soumettre à ses avances. Il a notamment payé Danaé par une pluie d’or, afin d’acheter son silence ! Et j’en passe, de toutes ses ruses et métamorphoses pour maquiller ses crimes, éviter de se montrer, tout cela par peur qu’on le reconnaisse ! Et cette pauvre et vertueuse Alcmène qui pensait qu’elle était dans les bras de son époux Amphitryon … Oui j’étais jalouse, du moins… au début !

Freud — Poursuivez !

HÉra — L’une d’elles est venue un jour me parler, et me raconter comment elle avait été abusée par cet homme sans scrupules… mon époux, le roi des dieux, Zeus !

Freud — (hésitant) Vous êtes certaine qu’elle ne l’a pas cherché…

HÉra — (se met pour de bon en colère.) Comment osez-vous insinuer que cette femme l’ait fait exprès ! Elle était détruite !

Freud — (confiant) Cela prendra peut-être un peu de temps, mais elle s’en remettra.

HÉra — (sèchement) Non ! Et malheureusement, ce n’était pas la seule dans ce cas…

Freud — Vraiment ?

HÉra — Oui, elles étaient nombreuses !

Freud — Que pouviez-vous y faire ? C’est ainsi…

HÉra — (reprend avec un petit sourire.) Je leur ai demandé de le dénoncer publiquement, afin que tout le monde sache quel homme il était, en créant un site pour cela : Balance ton Zeus. Il fallait, une fois pour toutes, briser le silence, oser en parler et agir pour ne plus que ça se reproduise ! Il a profité de ses fonctions et de son autorité suprême pour assouvir ses plus vils fantasmes, et promettait à chacune, qu’elle aurait une place parmi les déesses, si elle acceptait de partager son lit et de se laisser faire.

Freud — Elles voulaient peut-être l’immortalité ?

HÉra — Il n’y a que les dieux qui sont ainsi, on ne peut rien y faire. Les mortelles ne pourront jamais y avoir droit, quoi qu’on fasse. (À part) Et heureusement ! Il manquerait plus que ça qu’elles deviennent nos égales !

Acte 2 – Scène 6

Pandore, Freud

Pandore fait son apparition dans une robe fluide, un coffret entre les mains.

Freud — (irrité) Comment osez-vous venir ici avec cette boîte de malheurs, Madame ?

Pandore — (timidement) Vous ne voulez pas que je l’ouvre ?

Freud — Surtout pas !

Pandore — Vous savez donc ce qu’elle contient ?

Freud — Hélas oui !

Pandore — (d’un air désolé) Un coffret si richement décoré… Qui aurait cru… ?

Freud — (d’un ton accusateur) Vous avez déversé, en l’ouvrant, tous les maux sur l’Humanité, à cause de votre curiosité malsaine !

Pandore — (avec candeur) Vous croyez ?

Freud — Oui, vous êtes fautive !

Pandore — (soupirant) C’est si facile d’accuser une femme…

Freud — (en colère) Vous étiez censée veiller sur elle !

Pandore — C’est ce que j’ai fait…

Freud — Et surtout, il fallait la laisser bien fermée !

Pandore — Seulement, j’étais loin de m’imaginer ce qu’elle contenait !

Freud — (levant les yeux au ciel) Mais vous n’auriez pas pu vous en empêcher… ? Les femmes fourrent toujours leur nez partout !

Pandore — (se défendant) Docteur, avouez tout de même que nous connaissant, il fallait vraiment vouloir le faire exprès !

Freud — Expliquez-vous !

Pandore — (lui montrant les finitions de la boîte) Et bien, voyez qu’on peut facilement la confondre avec une boîte à bijoux. Quelle drôle d’idée d’y avoir placé tant de mauvaises choses !

Freud — (sèchement) Continuez !

Pandore — (s’expliquant calmement) J’étais tout simplement persuadée que les perles d’Aphrodite ou qu’un philtre d’amour et de beauté, étaient cachés à l’intérieur !

Freud — (se prend la tête dans les mains.) Ah ! Les femmes damneraient le monde pour des bijoux !

Pandore — Mes intentions n’étaient pas mauvaises… et la curiosité peut parfois être une qualité ! Ne trouvez-vous pas, Docteur ?

Freud — Non ! La curiosité est un vilain défaut, Madame !

Pandore — (s’affirmant) Et moi, je reste persuadée du contraire ! (Elle poursuit.) D’ailleurs cela m’étonne beaucoup, de vous entendre dire ça…

Freud — Pourquoi ?

Pandore — Parce que vous voulez toujours tout savoir sur tout… (Elle se retourne alors vers le public et fait un clin d’œil)… Et surtout quand ça se passe sous la ceinture !

Freud — Mais…

Pandore — Vous savez bien que c’est vrai !

Freud — (exaspéré) Fermez-la !

Pandore — La boîte… ou ma gueule ?

Freud — Les deux ! Vous auriez du laisser cette boîte fermée, comme on vous avait demandé de le faire, nous n’en serions pas là ! Quant à votre bouche…

Pandore — Oui, je sais ! Les femmes parlent trop, c’est ça ?

Freud — Trop ! Beaucoup trop !

Pandore — (ironique) Et les hommes sont parfaits, ils n’ont jamais rien à se reprocher !

Freud — (hurlant) Allez-vous donc vous taire, insolente ?

Pandore — (timidement) Pour en revenir à la boîte…

Freud — (amèrement) Le mal est fait désormais, et personne ne peut le réparer !

Pandore — Bien sûr que si !

Informations complémentaires

Format Livre

ISBN Ebook

Version

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A propos de l'auteur : Laetitia Bonafos

Maman de trois magnifiques enfants, dont l’un est atypique, Laetitia Bonafos est une femme philanthrope, qui a réussi à tirer profit des obstacles de sa vie. Ayant étudié à la faculté des Sciences-Humaines de Perpignan, c’est une passionnée de mythologie, qui fait du théâtre depuis quelques années. Elle est déjà auteur du guide humoristique Mesdames, que cachent ces messieurs ? Sa plume est crue, féministe et plus insolente que jamais.