C’est normal, tu as les roues carrées !

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La soirée se termine avec les incessants parallèles entre la France et le Canada. « Il faudrait gagner son fric au Canada et le dépenser en France ! », conclut Yvon.
Il est deux heures du matin et les deux couples se préparent à partir.
— On attend que vous soyez bien partis pour aller dormir. Si vous n’arrivez pas à démarrer, vous pouvez coucher ici et on appellera le dépanneur demain matin, dit Christophe.
— Oh là ! À ce point-là ! dit Yvon. Pourquoi, il fait vraiment froid ?… Il fait combien ? T’as été voir le thermomètre ?

— Oui !

— Et alors ?

— Il fait moins cinquante ! dit Christophe, laconique.

Un silence suit l’annonce. Les Français, hébétés, se regardent sans dire un mot : jamais ils n’ont connu cette température de leur vie. Seule Diane sourit, regardant la surprise des Français.

— Ce n’est pas une tempête ! Si vous arrivez à partir, il n’y a pas de problème, dit-elle.

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Description

— Oh tabarnouche !… Un en-jô-li-veur, détache-t-il avec la bouche en cul de poule.

Il sourit, se tourne vers le fond de l’atelier, et interpelle son collègue que Lucien n’avait pas repéré. « Hey Gaétan ! Viens t’en voir ! ». Un bucheron de même stature, mais sans la barbe, apparaît avec une chemise à carreaux, de couleur bleue cette fois-ci.

— Sais-tu comment on dit cap de roue en français ? dit le premier.

— Non !

— Un en-jô-li-veur ! répète-t-il, toujours la bouche en cercle avec les lèvres avancées, comme s’il allait envoyer un baiser, tout en imitant l’accent pointu français.

— Hey criss ! C’est-tu cute, ça, pour un cap de roue ! dit le second. Non, on n’a pas c’t’affaire-là icitte.

Lucien, dépité, repart en faisant chou blanc avec, en plus, la vague impression que les deux gaillards doivent prendre
les Français pour des gens précieux… pour ne pas dire efféminés !

Trois jours après, il ira acheter un cap de roue ou « chapeau de roue », comme on disait autrefois en France, chez Canadian Tire.

*****

— Si, si, pour le moment mon Boss est sympa et le boulot facile, parfait ! Et toi ?

— Moi, ça va. Je commence enfin à comprendre ce que l’on me demande. Les nanas sont sympas avec moi. Elles pensaient que j’étais la Française snob venant de Paris et qui sait tout ! Maintenant, elles voient que je suis normale. Les mecs aussi ça va, mais ils sont très boulot boulot !

— Il y en a qui te draguent ?

— Non, non ! Ah si, l’autre jour, il y avait un client qui était un peu trop entreprenant avec moi. Quand il est parti, Thérèse, la nana à la caisse, l’avait remarqué. Tu sais comment on dit draguer en québécois ?

— Non.

— Te chanter la pomme. C’est mignon non ?!

— Te conter fleurette, c’est joli aussi… c’est vrai que la pomme c’est la tentation… l’interdit !

— Alors, je préfère que tu me chantes la pomme ! dit-elle, en sautant au cou de Lucien.

 

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A propos de l'auteur(e) : Georges Savillan

Georges Savillan est né en 1950 à Berlin (Allemagne) et y habite jusqu’à l’âge de douze ans. Il passe ensuite son adolescence à Milan (Italie). À vingt ans, après avoir obtenu un diplôme de programmeur à Paris, il y travaille pendant deux ans pour une compagnie de services informatiques. Il émigre ensuite au Canada en tant que consultant et poursuit ses études à HEC Montréal. Huit ans après, de retour en France, il s’installe sur la Côte d’Azur, à Nice, pour le compte d’une compagnie chimique américaine qui délocalise ses bureaux douze ans après. Il s’installe alors à Paris pour se consacrer aux risques opérationnels dans une grande banque française à Paris.
Après vingt années dans la capitale, il se retire dans le sud de la France pour écrire ses romans.