Celle qui racontera ce qui s’est passé ” Uwo kubara inkuru”

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La violence du génocide des Tutsis en avril 1994 n’est pas la seule description qui vaille. Il faut introduire la vie quotidienne durant le génocide puis l’élargir sur ce qui se passe ensuite, d’où la première partie écrite par une rwandaise.
La rencontre des personnes qui vivent des situations extraordinaires permet une forme d’histoire concrète d’un pays, surtout quand s’y ajoutent des références à l’Histoire passée. L’utilisation de nombreux termes rwandais enracine, sans faire de folklore, accentue la réalité et permet de comprendre la richesse culturelle du Rwanda. Les situations priment sur les descriptions afin d’être plus proche des personnes prises dans l’action. Dans la seconde partie écrite par un européen, il s’agit de montrer l’universalité des comportements. Sa comparaison entre des situations individuelles ou sociales, dans un temps et des lieux fort différents, est une incursion dans sa mémoire confrontée au vécu des Rwandais que « Celle qui racontera ce qui s’est passé » explore avec densité. Dans les deux cas, il ne s’agit pas de la vérité pour la vérité, mais de comprendre la puissance de ce qui est vécu.

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Description

 

EXTRAITS DU LIVRE

Je fais quelques pas et je rencontre Mado. Ma voisine me dit

—As-tu entendu les coups de feu de la nuit ?

—Eh bien, c’est normal ! Je les entends tout le temps, même pendant le grand jour.

—As-tu écouté la radio ce matin ?

—Non, je n’ai pas de radio et puis les grands mensonges passent par la radio.

 

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—Le temps n’est pas à la blague ni à la révolte, Édith. Il s’agit bien d’une mort exceptionnelle. Le président Habyarimana est mort. Son avion a été brûlé.

 

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—C’est la prophétie de Magayane !

—Celui-là qui est mort en 1989, emprisonné par Habyarimana vers 1976 ?

 

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—Seigneur Jésus, toi qui as pardonné à tes tueurs, aide-moi à pardonner à Butera et Cyusa. J’avais juré en moi de les poursuivre en justice, jusqu’aux innocents de leurs familles que sont les femmes et les enfants, ce, jusqu’à ma mort pour obtenir satisfaction. Oui j’ai vu Butera violer ma fille. Oui j’ai vu Cyusa la transpercer de sa lance. Aujourd’hui Jésus s’est révélé à moi. Comme lui, je jure de pardonner à Butera, à Cyusa et à tous les tueurs. Ils étaient les messagers inconscients de Satan.

 

Page 98 – Ligne 21

—On dit que le juge n’accepte pas de libérer les prisonniers qui sont accusés même s’ils sont pardonnés.

—C’est normal. Il faut les juger et les punir.

 

Page 150 – 3ème paragraphe

Édith me devient essentielle, calque de tant de parts de moi-même que j’imagine qu’elle est aussi copie de ce que j’ignore de mes fors intérieurs, si forts qu’ils ne me sont pas apparus. Je vais suivre cette marchande en connaissant déjà l’histoire rwandaise découverte a posteriori. Édith, l’espiègle gamine, me réserve-t-elle une vérité de ce temps-là que les livres existants ne m’ont pas complètement dévoilée ?

 

 

 

 

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A propos de l'auteur(e) : Edith Nzayibara et Michel Affortit

Deux auteurs qui se sont rencontrés au Rwanda.
Edith Nzayibara est née dans l’est du Rwanda. Après ses études à Butare, elle exerce la profession d’assistante sociale. C’est un métier qui ouvre l’esprit et permet d’aller vers les autres. Sans doute est-ce cette qualité qui lui a permis de réunir, dans ce récit, ce qui s’apparente à des confidences de la vie des gens durant le génocide à Kigali. Puis les années ont suivi avec d’autres récits en relation avec ce vécu extrême pour se terminer en 2001. Les rencontres d’Edith, avec l’autre qui est à connaître, sont au centre de toute sa vie active.
Michel Affortit est né à Paris. Ses études l’ont amené à être éducateur. Quand il part au Rwanda en 1995 c’est pour être au plus près des difficultés psychiques inévitables. La rencontre avec l’auteure de ce livre lui fait prendre conscience que, si ce génocide a des spécificités, il a également des résonances avec l’Histoire de son pays, avec les comportements humains qu’il a rencontrés et avec sa propre histoire. En accord avec l’auteure, il propose des « inserts » qui sont reportés après le récit rwandais afin de ne pas en rompre la linéarité.