Ce que l’Occident et l’Orient doivent à la civilisation arabo-musulmane médiévale

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Une histoire de succession et de transmission

Durant des siècles, l’Occident et l’Orient ont peu à peu absorbé l’héritage majeur de la civilisation arabo-musulmane du Moyen Âge. Cette influence s’est effectuée suivant une double transmission : d’une part, celle de la science et de la philosophie antiques (grecques en particulier) et, d’autre part, celle du savoir imaginé, transformé ou complété par les savants arabes.

Cette énergie novatrice médiévale s’est imposée aux mondes occidental et oriental avant tout grâce à la soif de culture et de savoir des musulmans de l’époque, conformément aux préceptes de l’islam, qui reconnaissent que l’étude est une occupation agréable à Dieu (à même de faire valoir la magnificence de son œuvre) et qu’il n’y a pas de contradiction entre la foi et la recherche scientifique. Le prophète Mohamed lui-même avait d’ailleurs affirmé : « L’encre de l’élève est plus sacrée que le sang du martyr. » En second lieu, l’apport arabo-musulman ne s’est pas limité à la traduction ou à la passation des textes anciens (mésopotamiens, persans, indiens et grecs), mais a donné lieu à une véritable réappropriation de ces connaissances par une recherche scientifique poussée, ainsi que par un raisonnement mathématique abstrait, engendrant quantité d’innovations et d’améliorations techniques…

Mais le plus étonnant sans doute dans cette histoire, c’est que l’âge d’or arabo-musulman est venu d’une civilisation inconnue, et qui plus est issue du désert. La volonté d’accéder au savoir par tous les moyens possibles a ainsi conduit des tribus arabes à se mesurer aux civilisations existantes et, le plus important, à corriger les erreurs de ces dernières, dans les domaines de la médecine, des mathématiques, de l’astronomie…

Au xxe siècle, l’éminent historien français Fernand Braudel reconnaissait : « Quatre ou cinq siècles durant, l’islam fut la civilisation la plus brillante de tout l’Ancien Monde. […] À ces étages supérieurs, la civilisation musulmane, en ces siècles d’or, est à la fois une immense réussite scientifique et une relance exceptionnelle de la philosophie antique. Ces réussites ne sont pas les seules (si l’on songe aussi à la littérature), mais elles éclipsent les autres. » Et il précisait : « L’élan de cette reconquête cependant ne se limite pas à reprendre et retransmettre – ce qui à soi seul ne serait pas un mince mérite ; cette reprise est aussi prolongation, élucidation, création. »

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Description

Alors que les Wisigoths, pourtant de religion chrétienne, n’avaient jamais réussi à se faire adopter par la population, les Arabes, eux, accomplirent le tour de force de se faire accepter dans le cadre d’une vie en communauté, pendant des siècles. Le seul avantage que les musulmans avaient sur les autres habitants espagnols, juifs ou autres était l’exonération du paiement de l’impôt. L’essor que prirent les industries et surtout l’agriculture favorisa le travail et résorba le chômage. Les artisans, chefs d’entreprise, agriculteurs avaient non seulement la liberté totale de travailler, mais pouvaient aussi compter sur l’aide de l’État. Par exemple, les agriculteurs étaient encadrés par des formateurs qui leur faisaient planter toutes sortes de plantes ou d’arbres fruitiers qu’ils ne connaissaient pas ; on leur apprenait également à se servir des nouveaux instruments pour irriguer leurs terres. Toutes les régions andalouses jouissaient à cette époque d’une richesse inestimable, favorisée par l’exportation des biens industriels ou agricoles vers le sud de la Gaule ou le Maghreb.

 

Quant aux savants arabes, aussi bien ceux du Moyen‑Orient que de l’Andalousie, ils se distinguèrent par des inventions dans tous les domaines : médecine, physique, mathématiques, optique… Leur popularité franchit les frontières et fit affluer vers Cordoue, Bagdad, Ispahan et d’autres grandes villes arabes de nombreux visiteurs étrangers, notamment de l’Europe, qui voulaient étudier, et jusqu’aux souverains ou nobles chrétiens, qui venaient se faire soigner dans les hôpitaux dirigés par de grands savants comme Avicenne, Averroès, Rhazès et d’autres.

 

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A propos de l'auteur(e) : Kamel Berkane

D’origine berbère (de la tribu d’El Arbâa de Baghaï, fief d’El Kahina, la Reine des Berbères), Kamel Berkane est né en 1931 à Khenchela, au pied des Aurès.
Après avoir accompli en 1954 son service militaire en tant que sous-officier de l’armée française, l’auteur devient fonctionnaire dans la police d’État. En poste durant la guerre d’Algérie comme policier, il peut témoigner de faits importants, inconnus des historiens.
En 1962, le jour de l’indépendance de l’Algérie, Kamel Berkane rejoint la Direction générale de la sûreté nationale algérienne, où il va exercer les fonctions de commissaire pendant une vingtaine d’années.
Après avoir pris sa retraite anticipée en 1981 et alors qu’il se destine au métier d’avocat, un concours de circonstances amène l’auteur à devenir hôtelier en France, de 1982 à 2006.
Titulaire d’une licence en droit privé obtenue en 1974 et essentiellement autodidacte, Kamel Berkane se considère comme privilégié par rapport aux 95 % des personnes de sa génération qui n’ont pas eu la chance de s’instruire. Il est marié et père de 6 enfants (dont trois vivent à l’étranger) tous universitaires.