Atlante ou l’épine du je

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Dès son entrée à l’université, Vagharm Dampetrain a déjà un lourd passé derrière lui. Il dépose son coeur entre les mains d’Arlène avec laquelle il entame une relation aussi intense que chaotique. Cependant, les charmes d’une certaine Anissa ne laissent pas Juan tout à fait indifférent. Juan et Vagharm sont deux personnes bien fragiles, qui ne sont pas faciles à contenter, et dans la contrainte d’une cohabitation indissociable, ils savent qu’ils resteront à jamais deux êtres où chacun d’eux éprouvera des besoins existentiels très particuliers. Bien après avoir terminé ses études, Juan fait la connaissance d’un certain Félix Duchet. Particulièrement énigmatique et grand couturier de son état, il forme Juan-Vagharm jusqu’à en faire à la fois son alter ego et son meilleur ami. Marié, deux enfants splendides, riche, et une femme aimante à ses côtés, Juan Dampetrain a tout pour être heureux, et pourtant, il ne se sépare jamais de ses angoisses. Quelque chose manque à sa vie. Il consacre beaucoup de temps à traquer ce qui peut bien être à l’origine de ses malaises existentiels, mais en vain. Ailleurs, une femme muette et dépendante se redresse soudain de son lit en hurlant son nom, avant de replonger à nouveau dans ce même état de mutisme qui est maintenant le sien, depuis de nombreuses années. Un matin Félix Duchet supplie Vagharm de l’accompagner. Devant son insistance il accepte de le suivre pour un endroit et un monde dont il ne sait rien. Arrivé sur les lieux, Juan-Vagharm sombre dans l’horreur, s’apercevant alors qu’il n’est peut-être pas celui qu’il croit toujours avoir été…

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Description

EXTRAITS DU LIVRE

« Vous devez être Juan, je suppose ?
—C’est juste, vous supposez bien, Juan-Vagharm Dampetrain, enchanté madame…
— Rocio Montoya, je suis la directrice de cet établissement, mais appelez-moi Rocio, ça ira très bien comme ça.
— Très bien, alors enchanté Rocio. »
Elle me tendit la main, et ses doigt osseux n’eurent pas peur d’empoigner franchement ma main qui devait pourtant bien faire deux fois la sienne.
« Félix, je ne te cacherai pas mon inquiétude, les derniers bilans de Lucia nous sont revenus, et ils sont vraiment très moyens. Je me fais un sang d’encre, elle a perdu de ses forces ces derniers temps, et je ne sais vraiment plus quoi faire Félix. J’ai tellement peur pour elle, si tu savais.
—Je sais tout ton dévouement à son chevet Rocio, je sais tout ça, tu n’as pas besoin de me le dire, sans toi et toute ton équipe, il y a fort longtemps que je ne serais plus rien. »
Rocio prit le bras de Félix pour l’entraîner à l’intérieur du local, jusqu’à la chambre de sa fille. Je les suivais de très près, en prenant le parti de ne plus savoir qui était ou n’était pas au courant de ma venue, de ceux qui savaient qui j’étais ou non, et je sentis qu’il me fallait immédiatement ranger les petits tracas de ma petite personne dans l’impression houleuse que me laissait mon passage devant chaque chambre. C’étaient celles des grandes souffrances, hurlant en silence, dont je n’entendais que les gémissements crispés et aigus. Après avoir toqué à sa porte, on entendit un bruit de ferraille.
Rocio me renseigna.
« Elle tape avec sa canne. Une fois pour dire oui, et deux pour dire non. »
Je hochai la tête sans dire un mot. Nous entrâmes dans une pièce unique décorée de posters, de gadgets, de miroirs, ainsi que de mille autres petits bibelots qu’elle avait eu le temps de choisir sur catalogue ou lors de ses sorties en ville avec son père. Ah pour ça, oui, trente-quatre années passées dans une surface de vingt-cinq mètres carrés, elle n’avait pas eu besoin de se presser.
J’étais tétanisé, mais sur le seuil de sa porte, une force que je ne m’expliquais pas me poussa à faire le pas qui me ferait pénétrer dans son monde. Je ne la vis pas tout de suite, un coin de mur me cachait encore le haut de son lit. Felipe alla l’embrasser, Rocio fit de même et retourna en bout de lit pour lire ses constantes sur la feuille de métal accrochée à ses pieds. Je respirai profondément et fis deux pas pour enfin voir son visage.
Je ne pus m’empêcher de détourner la tête, et sur l’instant je crus que l’on s’était rendus par mégarde au sous-sol de la morgue. Rocio m’annonça, alors que j’étais encore dans le recoin de la pièce, pratiquement plaqué contre la porte.
« Venez Juan, ne craigniez rien. »
« Ne craigniez rien ! » Alors que j’étais sans doute le responsable de ses trente-quatre ans d’incarcération pour m’être fait l’épigone d’une poignée d’ahuris qui avaient, qui sait, peut-être parfaitement réussi leur vie jusqu’à aujourd’hui ! Elle en a de belles, elle. Que personne ne sorte, l’assassin est dans la pièce ! Voilà ce qu’elle aurait eu raison de crier ! Je pourfendis ma peur en me risquant de deux pas vers le lit ; un troisième me précipita dans l’avant de l’insoutenable

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A propos de l'auteur : Jean-Christophe Maillard

L'auteur ne manque presque jamais à sa parole quant à la véracité de ses dires. Voilà qui lui fait penser à ce géant des mots : Guy de Maupassant. Eh bien pour sa part, ce sera un « Guide de maux passants » où il aura cette volonté de transmettre au lecteur les pleurs, les rires, les joies, les peines, qui ne sont autres que la vie, défilant comme un bandeau insaisissable, violent ou velours, qui se voudra lui en dire toujours un peu plus, par le formidable pouvoir de la lettre imprimée, retenant ces moments fugaces, en souhaitant le marquer, l’abasourdir, lui faire prendre conscience... Et que dire des lecteurs quant au nombre de livres qu'ils ont lus, relus, cinq, dix, vingt fois, enrichis à chaque fois d'une nouvelle vision des choses, dans la fidélité des mots présents et inébranlables ? Voilà ce que l'auteur a très modestement tenté de faire dans son ouvrage, où la fiction ne tient qu'une place minime, tout juste de quoi pouvoir asseoir et organiser, dans le texte, ce qu'a pu être sa vie jusqu'à présent.