ANNIE’S BLUES

9.99 

Après quatre années d’étude à l’École Normale de son département, un jeune enseignant affronte, seul pour la première fois, une classe. Il lui est confié celle de Cours Moyen Première Année de trente élèves. Il remplit assez bien sa tâche. Un beau dimanche, alors qu’il « descend en ville », il rencontre la sœur de son meilleur élève, qu’il avait aperçue deux ou trois fois, ravissante, mais qu’il avait jugée trop jeune. Jeune, elle l’était effectivement et avait, l’année précédente, été élève au Cours Complémentaire. Elle l’aborde pour lui annoncer que son frère ne viendra pas en classe car il est souffrant. Elle lui avouera, un peu plus tard que c’était un prétexte pour faire sa connaissance, car elle en avait très envie. Ils vont vivre un violent amour, une « liaison dangereuse »….

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Description

EXTRAITS DU LIVRE

Le ciel de mars s’enrobe de nuages. L’air est frais, de cette fraîcheur qui sent encore l’hiver, mais annonce déjà le printemps. Le jardin baigne dans la rosée du matin. Comme presque tous les dimanches matin, je descends en ville à pied. Rarement de bonne heure, car je me lève toujours tard.

Des deux côtés de l’avenue, hirsutes, les platanes taillés brandissent leurs moignons. Des champs ou des terrains vagues, envahis de mauvaises herbes, séparent les maisons. Ils disparaîtront peu à peu, occupés par de nouveaux pavillons. Ces habitations sont généralement modestes, occupées par des ouvriers qui travaillent, pour la plupart, à l’Usine. Celle-ci en emploie qui viennent de toute la région. Plus tard, comme tant d’autres, elle fermera. Nous vivions alors une période euphorique de plein-emploi national, sans « plans sociaux », manière hypocrite d’évoquer le chômage, sans « délocalisations », autre façon de camoufler la destruction de notre industrie ou son exportation sous d’autres climats, à cause de la voracité des patrons qui sont restés ce qu’ils étaient au temps de Zola, des exploiteurs sans patriotisme, et surtout, de l’incurie de nos dirigeants politiques, plus soucieux de leurs intérêts personnels que de la conduite raisonnée des affaires publiques, jusqu’à cette apothéose de marasme, d’impéritie totale, où l’outrecuidance fait, avec la hargne, un si merveilleux cocktail. Colbert, Necker, je pense que vous vous retournez dans vos tombes.

*********

Ce matin, nous n’avons pu, à cause du calcul qui a pris plus de temps que prévu, réciter le poème étudié ces jours derniers. Cet après-midi, j’interroge quelques élèves :

Printemps

L’aubépine et l’églantine[1]

Et le thym,

L’œillet, le lys et les roses,

En cette belle saison

À foison

Montrent leurs robes écloses…

 

Nous avions analysé ce texte, en classant ses thèmes : fleurs, oiseaux et animaux, en attirant l’attention sur les images.

  • À votre avis : à quoi l’auteur compare-t-il les corolles de ces fleurs ?
  • Oui, Philippe
  • À des robes de femmes.
  • C’est bien !

Gloussements de la part de quelques garçons que commencent à troubler les questions sexuelles et qui en ricanent surtout.

[1] Extrait de Avril de Rémy Belleau. J’ai remplacé « aiglantin » par « églantine » qu’ils connaissent, ce qui nuit à la rime.

 

 

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A propos de l'auteur : Jean-Baptiste Besnard

Né à Conflans-Sainte-Honorine le 11 juin 1933, il a vécu son enfance au bord de la Seine, pendant l’Occupation. Il a connu les alertes et les bombardements. Sans être allé à l’école, il lit couramment à six ans et s’adonne à la lecture dès l’âge de sept ans, il va au cinéma, presque tous les dimanches. Livres et films contribuent à le baigner dans un univers romanesque. À sept ans, commence sa scolarité. Bon élève à l’école primaire, il poursuit, de 1944 à 1948, ses études au Cours Complémentaire. Le jazz deviendra sa seconde passion. Il fréquente l’École Normale d’Instituteurs de Versailles, de 1948 à 1952. Il commence une carrière d’enseignant, vite interrompue par un service militaire prolongé, de 1954 à 1957. Libéré, il enseigne, de 1957 à 1976, dans le primaire. Ayant repris des études à la Faculté de Nanterre, de 1970 à 1976, titulaire du CAPES, il est professeur de lettres modernes, dans les collèges. Retraité en 1989, il s’adonne totalement à l’écriture et participe à des concours. Il est membre de La Société des Poètes Français et de la Société des Poètes sans Frontières.