Alger, le 25 janvier 1961, l’assassinat de Me Popie

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Après avoir connu Maître Popie pendant mon service militaire en Algérie, en 1955/56, j’ai visité la ville d’Alger avec lui, alors que commençaient les opérations dites de « maintien de l’ordre ».
Je le retrouvai quand ma société m’y renvoya comme ingénieur de forage au Sahara. À sa demande, nous avons, pendant une quinzaine de jours, début 1959, visité le Sud algérien. « La guerre » continuait alors dans le Nord depuis quatre ans. Je quittai bientôt Alger pour la région bordelaise, où la recherche pétrolière était très active. Et c’est là, un matin du 25 janvier 1961, que j’appris l’assassinat de mon ami Me Popie.

 

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Description

Me Popie, connu comme avocat libéral algérois touchait à toutes sortes d’affaires. Il avait souvent plaidé pour nombre de musulmans accusés de collusion avec le F.L.N. En outre, il avait constitué un certain nombre de dossiers sur toutes sortes d’affaires de torture qu’il dénonçait. Enfin, il était considéré à Alger comme l’un des leaders des libéraux d’Algérie.
Lors d’une émission de Cinq colonnes à la Une, l’émission d’information la plus célèbre de la télévision française, Pierre Popie avait été interviewé. Plusieurs questions lui furent posées par le reporter, auxquelles Me Popie répondit sans ambages, clairement, sûr de lui. C’est sa conviction qu’il voulait ainsi à toute force faire passer dans sa brève déclaration.

— Pensez-vous, poursuit le reporter, qu’avec des réunions publiques et de l’information politique, vous arriverez à rassurer la population de Bab-el-Oued ?

— Nous sommes persuadés que si nous parvenons à leur faire comprendre qu’une République algérienne est un État neuf dans lequel ils auront tous les droits de citoyens à part entière, eh bien, je suis persuadé que nous arriverons à les raisonner car, pour eux, il n’y a pas d’issue.
Puis, martelant ses mots, Popie, poursuit :

— l’Algérie française ne peut pas être pour eux une issue. L’Algérie française est morte. Il faut
qu’ils se tournent vers l’avenir et que dans cet avenir, ils arrivent à s’intégrer en citoyens pleins et entiers de la République algérienne.

— Coupez.

— Bon pour le son ?

— C’est bon pour moi.

Me Popie se lève, s’éponge le front et dit en riant à l’équipe de Cinq Colonnes :

— J’espère aussi que ce sera bon pour moi !

 

Il vient de signer son arrêt de mort. C’est quelques jours plus tard, le 25 janvier qu’il est poignardé dans son cabinet rue de l’Abreuvoir. Sa mort est accueillie avec satisfaction par ceux qui, depuis la « bataille d’Alger, connaissent son action au sein du mouvement libéral.

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A propos de l'auteur(e) : Jean Laurent

Jean LAURENT est né à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) le 22 juillet 1933. Après des études d’ingénieur (E.S.M.E.), il effectua son service militaire en Algérie de 1955 à 1957 (classe 552B), puis toute sa carrière professionnelle dans la recherche pétrolière en France et au Sahara, ainsi que dans la géothermie profonde, en France et en Amérique latine pour la recherche d’eau chaude et enfin pour la recherche d’eau potable par puits et forages, en France et en Afrique. Il a été conseiller municipal de Saint-Germain-en-Laye de 1988 à 2008. À sa retraite, en 1993, il fut bénévole dans les milieux associatifs : Croix rouge, soutien scolaire. À la demande de ses petits-enfants, il a écrit son autobiographie : « Je dirais malgré tout que cette vie fut belle ». Puis quelques autres livres : « Une passion en terre d’esclaves », « Un socialiste en Péricardie », « Un cadavre dans le pétrin », « Conviction d’un athée de bonne foi », « Le dernier d’une grande lignée » et « Histoire des treize rois de France de la Maison des Valois 1328-1589 ».