18 octobre 2021

Dans le journal “Le Parisien” nouvel article de presse pour notre auteur Rémy Borel

Bobigny, le 6 octobre 2021. Rémy Borel, chef de la brigade des mineurs de Seine-Saint-Denis, a écrit « Un flic dans la brume ».

Seine-Saint-Denis : dans la peau d’un «flic» pendant l’Occupation

Rémy Borel, chef de la brigade des mineurs de Seine-Saint-Denis, publie un roman historique, « Un flic dans la brume ». Il y détaille les questionnements de l’enquêteur André Michel durant la Seconde Guerre mondiale, qui sont aussi les siens.

Le 16 octobre 2021 à 11h30

Le 23 juin 1940, au lendemain de la défaite de la France contre l’Allemagne, Hitler est en visite à Paris. En pleine Seconde Guerre mondiale, au lever du jour, le chef nazi s’arrête devant les plus grands monuments d’une capitale déserte et désormais occupée, avant de repartir deux heures plus tard. Une petite bicyclette s’est glissée dans son sillage. Au guidon, l’inspecteur André Michel, enquêteur à la préfecture de police de Paris, assiste, effaré, à la « promenade » d’Hitler en terrain conquis.

Cette « visite éclair » est véridique mais André Michel, lui, n’a pas vraiment existé, en tout cas ailleurs que dans l’imagination du chef de la brigade des mineurs de Seine-Saint-Denis. Dans « Un flic dans la brume » (Editions Sydney Laurent) le roman historique qu’il vient de sortir, Rémy Borel interroge la place des policiers face aux grands moments de l’Histoire. On y suit l’inspecteur aux prises avec ses collègues qui collaborent ou qui résistent, on ressent sa solitude et son désarroi face aux décisions à prendre quotidiennement.

«L’idée, c’est de regarder l’histoire en face»

« André Michel, c’est un clone littéraire, c’est moi dans mes interrogations, résume le policier. Je n’aurais pas été collabo… J’espère ! Mais je ne crois pas que j’aurais été résistant non plus. C’est un bouquin sur la dureté de l’histoire. Dans ces périodes-là, j’ai l’impression qu’il faut être un super salaud ou un superhéros. Il n’y a pas de place pour les mecs normaux. » Rémy Borel explique ne pas être dans « une volonté de repentance » : « L’idée, c’est de regarder l’histoire en face et quand je regarde, je vois qu’entre 1940 et 1945, la police française a fonctionné. »

Parce qu’« entre connaître l’histoire et écrire un livre sur la vie de tous les jours, il y a un gouffre, l’ancien étudiant en histoire contemporaine à La Sorbonne s’est longuement documenté. « Mon principal souci, ça été de ne pas faire d’anachronisme. » Le lecteur non spécialisé découvrira comment opérait la « BS2 » c’est-à-dire la brigade spécialisée chargée de traquer les ennemis de « l’intérieur ». En faisant la connaissance de Michelle, l’héroïne féminine d’ »Un flic dans la brume » , il apprendra que les premières femmes à travailler à la préfecture de police ne pouvaient avoir le statut de policier mais seulement celui d « auxiliaire de police ». Enfin, la plupart des nombreux truands recherchés par André Michel ont réellement existé, comme le braqueur de banque Emile Buissons ou meurtrier Pierre Loutrel, membre de la Gestapo, plus connu_ sous le surnom de Pierrot-le-fou. Pour l’exactitude de son récit, Rémy Borel a pu compter sur la relecture avisée de Jean-Marc Berlière, spécialiste de l’histoire des polices en France : « Il a fort bien utilisé les archives et ce que l’on sait de la situation, bien particulière de la police parisienne  sous l’occupation, coincée entre les exigences de l’occupant, la loi et les officines types « Gestapo française », vante d’ailleurs l’historien.

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A propos de l'auteur : Rémy Borel

Cet ouvrage est écrit par un Policier de la Préfecture de Police sur un Policier de la Préfecture de Police, sous l’occupation nazie. Commandant de Police, chef de la Brigade des mineurs en Seine-Saint-Denis, Rémy Borel est titulaire d’une maîtrise d’Histoire contemporaine à Paris IV - la Sorbonne. Il interroge dans ce livre la conscience professionnelle du policier dans les moments de doute démocratique.