Un jour je te dirai…

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Un avenir radieux s’offrait à Mona depuis son mariage avec Marc Rolland, riche avocat fiscaliste renommé. Elle découvrait l’ivresse de la fortune, le luxe, le pouvoir. Le destin mettra Loïc sur son chemin, adolescent de seize ans, vivant au rythme de la rue. Cette rencontre l’amènera à la dérive qui la conduira en prison. Incarcérée pour détournement de mineur, elle prendra conscience alors du double visage de son mari. Paul Lazare, son conseil, recueillera ses confidences sur une enfance et une adolescence chaotiques, tourmentées par les exactions d’un père alcoolique et violent. Troublé par la jeune femme à la fois fragile et déterminée, il lui était difficile d’être convaincu de sa culpabilité ou de son innocence. A-t-elle été manipulée, ou est-elle la clé de cette affaire ? Loïc, également sous le coup d’une condamnation, est-il responsable de ce dont on l’accuse ? Ces deux affaires n’en feraient-elles qu’une seule ?

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Description

Novembre 1994. Mona est assise sur son lit, seule, les coudes posés sur ses genoux, la tête dans les mains. En ce jour d’automne, le temps est gris, pluvieux et froid. Mona relève la tête, encore secouée par quelques sanglots, lentement, regarde autour d’elle. La pièce est très petite, à peine quelques mètres carrés, la porte métallique verrouillée, avec un judas par lequel le peu d’intimité qui lui reste est de temps à autre violé, des murs nus, et blancs, dégradés par les graffitis des détenues précédentes, le plâtre tombe par endroit à cause de l’humidité insidieusement infiltrée, la fenêtre est trop haute et accompagnée de barreaux. Le mobilier est sommaire, froid lui aussi : un lit métallique à la literie usagée, le sommier grinçant à chacun de ses mouvements, des W.C., une table et une chaise, un lavabo.

Mona est incarcérée depuis bientôt deux mois. Elle n’a que trente ans et se sent vieille, très vieille. Elle a enfin réussi à sécher ses larmes, s’assoit au fond du lit, dos au mur, elle s’essuie le visage à l’aide d’une serviette, se mouche. Elle respire profondément et ferme les yeux. Après avoir retrouvé son calme, elle se lève, va se regarder dans le miroir fixé au mur, au-dessus du lavabo. Ses cheveux sont en pagaille, les yeux rouges, des cernes sombres se sont dessinés, ses joues se sont creusées. Elle passe ses mains dans ses longues boucles blondes, essaie quelques coiffures et opte pour une queue de cheval. C’est vrai qu’elle n’est pas si vieille finalement, et se trouve plutôt jolie avec ses yeux noisette tracés en amande, son nez fin et délicat, sa bouche qui ne demande qu’à croquer la vie à pleines dents. Mona sourit à ce visage puis lâche ses cheveux qui retombent en cascade souple sur ses épaules.

Le bruit provoqué par l’ouverture brutale de sa cellule la fit sursauter.

— Dupuis ! Le dîner ! Tâche de le finir cette fois-ci, tu ressembles à un squelette, lança la surveillante sur un ton méprisant.

La porte se referma aussitôt, dans le même claquement de serrure. Elle se leva calmement, prit son plateau et se décida à reprendre des forces.

 

— M’sieur Lazare, c’est hyper classe chez vous. J’peux savoir ce qui se p…

Le plafond venait de s’écrouler. C’est ce que crut Loïc lorsqu’il reçut de plein fouet un uppercut en pleine tête. Il passa sa main sur son visage, encore effondré au sol, et étourdi. Du sang s’écoulait de son nez. Il tenta de se redresser. À peine relevé, un second s’abattit aussi violemment, de l’autre côté.

— J’vous ai rien fait moi, vous êtes complètement malade !

— Tu vois, je ne sais pas si c’est le fait que tu aies caché des choses essentielles à mon information qui me mette en rogne, ou bien le fait que j’aie été totalement incapable de chercher moi-même ce qui manquait (peut-être ne voulais-je pas savoir), dans ce cas je devrais changer de métier. Ou bien alors le fait qu’une pauvre fille se soit entichée d’un merdeux de ton espèce !

Soudain, inversement des rôles. Paul prit une droite extrêmement virulente et tituba en renversant les tabourets de la cuisine. S’ensuivit une rafale de coups de poings et d’empoignades, plus forts les uns que les autres. Le guéridon se renversa, quelques bibelots cassèrent. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, l’appartement s’était métamorphosé en champ de bataille. À bout de force, ils se laissèrent tomber sur le sol, le dos contre le dossier du canapé, face au comptoir de la cuisine. Haletants, épuisés, le visage tuméfié et ensanglanté.

— Tu m’as fait quand même passer pour un imbécile.

— Vous me l’aviez jamais demandé.

Paul éclata brusquement de rire, pourquoi, il ne savait pas, une simple envie irrépressible de rire, encore et encore, bientôt imité par Loïc. Deux guerriers redevenus enfants oubliant un instant leurs préoccupations d’adultes. Lorsqu’ils réussirent à se calmer, Paul regarda le jeune homme, et rit à nouveau.

— Je suis quand même content de moi. Si tu voyais ta tête, tu n’es pas beau à voir.

— Ben mon pote, j’dois dire que t’es pas mal aussi.

Paul se releva, tant bien que mal, se dirigea vers la salle de bains, et se planta devant un miroir, fit la grimace et se nettoya à l’eau froide. Loïc le rejoignit, rafraîchit son visage.

— T’as la tête dure pour un vieux.

— N’empêche que le vieux t’a fait une super tête au carré ! Je vais préparer de la glace. Tu veux une bière ? Tu n’auras qu’à te servir.

Loïc revint à la cuisine, prit une boisson et s’installa sur le canapé. Paul lui apporta une poche de caoutchouc remplie de glace qu’il posa sur son visage.

 

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1 avis pour Un jour je te dirai…

  1. Note 5 sur 5

    Myriam.riotte (client confirmé)

    Une histoire bien construite. Féministe et diaboliquement menée. On se laisse vite prendre dans l’histoire. À lire très vite.

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A propos de l'auteur : Christine Defrance

De formation administrative puis commerciale, elle a évolué dans des emplois d'assistante administrative et commerciale durant des années. Actuellement agent de sécurité suite à une reconversion, elle aspire désormais à une vie plus sereine. L'écriture lui permettant de laisser libre court à certains sentiments que l'on ne peut pas exprimer. Une grande dame a dit un jour : "Écrire, c'est hurler sans bruit". Elle s’en est inspirée, puis, durant de longues années, a retranscrit des faits réels, vécus personnellement, ou par son entourage du quotidien. Elle a voulu faire passer des émotions dans cette histoire, colère, joie, tristesse, humour.