Un drame au hameau du Noyer

9.99 19.90 

Gilles Teller, ancien pilote militaire blessé pendant la guerre d’Algérie, et après une difficile période de réadaptation à la vie civile, exerce maintenant la fonction de directeur d’un Centre de formation professionnelle agricole en Deux-Sèvres.
Au cours d’une visite professionnelle, il découvre le corps sans vie de l’agricultrice avec laquelle il avait rendez-vous. A sa grande surprise, ce décès se révèle être un homicide. Dès lors, tout en pratiquant son métier dans les campagnes verdoyantes du Poitou, il va avec l’adjudant de gendarmerie Hervé Meyer qu’il a connu pendant le conflit algérien, soutenu par Marianne maintenant son épouse, participer activement à une enquête pleine de rebondissements jusqu’à sa résolution des plus mouvementées.

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Description

N° 1 page 58 ligne 20 à 59 ligne 8

Ces rues étaient ouvertes à toutes les errances, créant un réseau de venelles, d’impasses plus secrètes les unes que les autres qui parfois débouchaient sur une placette ombragée encore plus intime qui profitait parfois à un couple d’amoureux tendrement enlacés. Gilles appréciait cette capacité de pouvoir les parcourir pédestrement, car leur taille et le calme inhérent parfois troublé par le chant modulé d’un rouge-gorge qui s’harmonisaient tellement avec un besoin de réflexion intérieure, comme l’invitation à une méditation profonde que la présence d’un banc public souhaitait exaucer. Cependant, il aurait pu choisir pour un circuit similaire de suivre la rue Émilien Travers pour longer le fronton de l’église romane Saint-Savinien aux formes rebondies et maternelles si caractéristiques du Poitou. Dans cette petite ville étape du pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle, il existait trois de ces merveilles architecturales construites au XIIème siècle, mais aujourd’hui bien moins fréquentées par les fidèles.

Extrait n° 2 page 72 ligne 19 à page 73 ligne 7

– Vous allez tout de même venir voir mes produits dans le hâloir, les invita-t-elle en se dirigeant vers une porte dans le fond de la pièce. C’était une proposition coutumière à laquelle Gilles s’attendait nécessairement.

En laissant à sa gauche la petite pièce conçue pour le séchage des fromages dans des périodes particulièrement humides courantes dans la région, ils la suivirent dans le hâloir. Gilles se sentait toujours intimidé devant ces rangées de claies métalliques qui supportaient une multitude de fromages classés selon leurs formes et leurs dates de fabrication. Au fur et à mesure de ce séjour conditionné par la température et l’hygrométrie du local leurs croûtes se formaient, puis se coloraient en bleu. Il lui semblait qu’elles palpitaient dans cette demi-obscurité complice. C’était un moment privilégié, une forme de communion païenne pendant laquelle il aurait voulu marcher sur la pointe des pieds comme si le moindre bruit allait perturber ce délicat processus de maturation.

Extrait n° 3 page 139 ligne 10 à page 140 ligne 8

Il trouvait que cette petite vallée où s’écoulait paresseusement un ru qui se glissait sous la voûte sombre de verdure, qui limitait la pâture, évoquait l’imaginaire des traditions du Poitou. Dans cette ombre complice, il se figurait que Berthe de Fondquerré, la Dame du Vallon, ait pu s’y promener et que son corps splendide vêtu de riches atours pût être changé en pierre pour avoir trop aimé Guy de Tremont. En se reprenant de cette évocation mythique, il revint à la réalité de sa présence dans ce lieu qui engendrait chez lui la manifestation d’un tel élan romantique.

Extrait n° 4 page 253 1igne 26 à page 254 ligne 16

Il chercha avec la main le corps endormi de Marianne à son côté, son souffle léger le rassura en lui apportant comme une confirmation d’un retour dans l’univers de calme auquel il aspirait. Telle une recherche de protection, il se pelotonna tout contre elle profitant de l’influence bénéfique de la douceur de la chaleur qu’elle exhalait. A cet instant, il lui vouait une reconnaissance sans bornes, car il reconnaissait sa présence toujours sécurisante lorsqu’il s’extrayait de ses cauchemars qui s’étaient multipliés après son retour d’Algérie. A chaque reprise, telle une fée bienveillante elle s’était penchée au-dessus de son corps encore agité par les affres issues de son imaginaire. En caressant son front trempé de sueur, en baisant ses lèvres desséchées, en chuchotant des paroles apaisantes, ce qui l’avait amené progressivement à s’évader de ce stress qui accompagnait immanquablement tous les retours à la vie civile des militaires qui avaient vécu l’ambiance tragique d’une guerre où les agressions psychologiques étaient courantes et se prolongeaient souvent anormalement sans que l’autorité militaire ne jugeât nécessaire de procurer un appui psychologique salutaire.

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A propos de l'auteur : Gilbert-Claude Toussaint

Le choix des ouvrages rédigés par Gilbert-Claude TOUSSAINT repose sur les deux phases marquantes de sa vie: la guerre d’Algérie à laquelle il a participé en exerçant la fonction de pilote militaire et le monde rural au profit duquel il a assumé le service d’ingénieur de développement agricole. Pendant cette deuxième période d’activité, il a été amené à restituer ces connaissances dans des publications techniques et économiques. Par la suite, il a fait le choix de s’orienter vers des écrits plus littéraires dans le souci de dévoiler combien ce conflit a eu de conséquences heureuses ou néfastes dans l’immédiat, mais aussi à plus long terme. Il souhaite également participer ainsi au devoir de mémoire comme membre actif d’une association d’anciens combattants.