Pardon

Noté 4.67 sur 5 basé sur 3 notations client
(3 avis client)

10.99 20.90 

J’ai voulu, à travers le vécu d’un certain nombre de petits enfants aux quatre coins du monde et pendant les conflits qui ont secoué la planète après la Seconde Guerre mondiale, pointer du doigt la responsabilité des adultes dans le processus qui a conduit à transformer des gamins innocents en monstres que nous craignons tant aujourd’hui. La haine que nous, adultes, avons laissée germer dans leurs cœurs a pris le dessus sous des formes multiples. Radicalisme religieux, exploitation pour l’argent des plus bas instincts de certains, drogues, pouvoir, xénophobie… Tout est bon pour ces nouveaux prédateurs dont la mue s’est opérée lentement, sous nos yeux et dans l’indifférence totale. Mon livre est une forme d’appel à une prise de conscience collective ; seule à même, non pas de réparer les dégâts déjà causés, mais d’arrêter l’escalade, faute de quoi, l’humanité se dirige droit vers l’irréparable.

Effacer
UGS : ND Catégories : , Brand:

Description

Quelque part dans le désert d’Arabie, février 1948.

La tempête battait son plein dans cette immensité désertique de près de 2 millions de kilomètres carrés, qui s’étendait du Yémen à l’Irak et la Jordanie via l’Arabie Saoudite.

Isaak et sa femme Sarah, enceinte de 6 mois environ, étaient pris dans cette tempête de sable et étaient incapables de dire même approximativement, où ils se trouvaient, depuis combien de temps, ni même s’ils étaient encore dans la bonne direction.

Cela faisait plus de deux mois qu’ils avaient fui leur pays natal, le Yémen. Ce pays où ils avaient laissé leurs amis (Juifs et Arabes) qu’ils aimaient sans distinction. Ce pays où, lui, nouvellement promu professeur d’histoire et géographie à 25 ans, et, elle, 22 ans, stagiaire à l’hôpital de Sanaa où elle finissait sa formation d’infirmière et sur le point d’entamer la carrière dont elle avait toujours rêvé, celle qui allait lui permettre de faire ce qu’elle aimait plus que tout, c’est-à-dire soigner les petits enfants qui n’étaient pas pris en charge correctement par leurs parents, faute de moyens.

Ils s’étaient mariés d’un vrai mariage d’amour, et de l’amour, il leur en avait fallu pour vaincre les réticences de leurs familles respectives.

  • Mais, pourquoi doit-on absolument me couper le prépuce ? Il ne me fait aucun mal, là où il est.
  • Regarde, lui dit l’homme en costume et cravate en prenant une feuille de papier qui traînait sur le bureau. Il enroula celle-ci pour lui donner la forme d’un cylindre dans lequel il introduit un tube de gouache sans le faire ressortir de l’autre côté ; il froissa l’extrémité en papier jusqu’à en faire deux plis recourbés. Ça, dit-il, en désignant le tube de peinture, c’est ton pénis ; et ça, en désignant le bouchon du tube, c’est le trou par lequel tu fais passer ton pipi, tu vois ces plis au bout du cylindre ? Eh bien, à chaque fois que tu fais pipi, quelques gouttes de ton urine viendront se loger dans ces plis où elles resteront cachées, pour finir par se transformer en microbes qui peuvent te rendre très malade et si cela devait t’arriver, tu auras très, très, mal. Alors, vendredi, un monsieur viendra avec une paire de ciseaux et, d’un geste sec et rapide comme ceci, dit-il en joignant le geste à la parole et en sectionnant les plis en papier, coupera le bout de ton prépuce. Tu vois, ce sera aussi rapide que ça, les quelques gouttes de sang seront immédiatement nettoyées, et le médicament rouge que l’on te mettra dessus fera sécher ta blessure très rapidement. Et puis, continua-t-il en riant cette fois, est-ce que tu sais que beaucoup de gens viendront dans votre maison ce jour-là et que tu auras une montagne de cadeaux ? Et avec tout l’argent que tu récolteras, tu pourras t’acheter tout ce dont tu as envie. Tu vois bien que vendredi prochain ne sera pas uniquement jour de douleur ! Dit-il, pensant ainsi avoir fait le tour de la question.
  • Et votre fils, lui demanda Rayan, celui qui est dans la classe à côté de la mienne, est-ce que vous l’avez circoncis ?
  • Heu non, fut obligé de répondre le directeur, quelque peu désarçonné par la question.
  • Les neuf Roumis de ma classe non plus, n’ont pas été circoncis. Je le sais, puisque je leur ai demandé, et pourtant, aucun d’entre eux ne m’a dit avoir été malade pour cause d’un prépuce sale, alors, pourquoi pas eux ?! Pourquoi pas votre fils ?! Et pourquoi nous, et nous seulement ?

Ne trouvant pas d’échappatoire, le directeur fut obligé de dire la vérité ; de toute façon, il sentait bien qu’avec ce gamin-là, les faux-fuyants ne marcheraient pas :

  • Parce que vous, vous êtes des musulmans, mon fils, dit-il en sentant la situation lui échapper.
  • Mais, s’écria spontanément Rayan, je ne suis rien du tout, moi, je n’ai jamais dit que je voulais être musulman. Et si, une fois adulte, je décide de ne pas l’être, qui me rendra mon prépuce ?

Informations complémentaires

ISBN Ebook

Version

,

Format Livre

ISBN Livre

3 avis pour Pardon

  1. Note 5 sur 5

    Anieshkas

    Très bon et très émouvant
    Tellement passionnant
    À lire et à relire
    Une grande leçon d’histoire

  2. Note 4 sur 5

    ANNOUN

    Bonne analyse de la situation.

  3. Note 5 sur 5

    hacinebeyabdelhamid

    Si vous n ‘ avez pas peur de vous sentir responsable. Vous allez adorer

Ajouter un Avis

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A propos de l'auteur : H.B Abel

L’auteur né à quelques mois du début de la guerre d’Algérie, et durant les huit années qu’elle a duré, il commence par découvrir la mort à travers le décès de sa petite sœur d’une année sa cadette et dont il ne se séparait jamais. Une seule phrase « c’est là la volonté d’Allah » prononcée par son père ce jour-là a été l’élément déclencheur d’une suite ininterrompue de questions qui ont miné toute son existence. D’abord l’école où il découvre que les « autres » sont, en fait, des gens comme lui et les siens (même meilleurs à certains points de vue). Puis les voyages, pour ses études en premier, puis dans le cadre des différentes fonctions qu’il a eu à exercer, durant lesquels il a consolidé un pragmatisme déjà bien ancré en lui. En provoquant une véritable levée de boucliers à chaque fois qu’il essayait, face à des proches, de suggérer le dépassement des postulats, sources d’a priori, l’auteur décide que la meilleure façon d’expurger et de partager cette notion de responsabilité collective était de le faire à travers un livre. Ainsi, peut-être, espère-t-il que certains finiront par admettre que la solution aux fléaux qui mettent en danger aussi bien le genre humain que la planète est en nous ; il suffirait peut-être de poser le problème autrement et de commencer à se parler SÉRIEUSEMENT ET AUTREMENT. Profondément convaincu que toutes les solutions ne peuvent venir que du dialogue sans complaisance, ce dialogue doit commencer quelque part ; pourquoi pas à travers un livre ?