No Black’s Land

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À des kilomètres à la ronde, j’étais la seule. C’est par cette phrase que commence mon récit qui n’a rien d’imaginaire.

Car j’étais la seule enfant métisse élevée dans un village de Blancs. Ce qui me faisait dire :

 » Partout où je vais, il n’y a jamais personne qui me ressemble. Les gens ne peuvent pas savoir ce que ça fait.

Et ça fait drôle !  »

Souvent dans les émissions à la télé, j’entendais :  » C’est les plus beaux gosses les métis !  »

J’avais donc tout pour être heureuse et le caractère exceptionnel de ma situation aurait pu rendre mon existence

originale et peu banale.

Ce fut un enfer.

Très tôt je découvre la cruauté des enfants et de certains adultes qui rejettent ma couleur de peau.

Dès l’entrée au CP puis du collège au lycée, je subis le harcèlement scolaire, suivi plus tard du harcèlement au travail.

On suit mon parcours de ma naissance à l’âge adulte, au fil de l’évolution de la société, des années 60 à l’ère d’Obama.

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Description

EXTRAITS DU LIVRE

Page 61 

Ligne 21 à 25

Quant à savoir de quelle couleur j’urine, je me dis qu’un jour ils vont me suivre jusqu’aux toilettes pour vérifier.

Même là, dans ce lieu d’aisance, je ne suis jamais tranquille. Le plus souvent je me retiens le plus longtemps possible, quitte à me retrouver avec la vessie prête à éclater. Quelquefois, on tambourine à ma porte et on donne des coups de pieds, je sais que c’est eux car j’entends : — Alors la guenon, tu vas sortir !

 

Page 62

Ligne 1 à 10

Je retiens ma respiration et je me retiens d’uriner, après je n’y arrive plus tant la peur qui me tenaille le bas ventre

est la plus forte. Pendant de minables, interminables minutes, tapie au petit coin, recroquevillée comme une bête traquée, j’attends qu’ils se lassent et se décident à partir. Quand enfin je n’entends plus bouger, étouffant mon souffle, je sors de ma retraite avant de monter en classe quatre à quatre.

Du coup, souvent j’arrive en retard, le cours est déjà commencé. Le prof, agacé, m’enguirlande :

— Eh bien Aurore ! Tu as encore traîné !

J’aurais bien trop honte de lui dire pourquoi. Je ne dis mot en regagnant ma place.

 

Page 67

Ligne 3

Ce matin, le cours d’histoire vient de commencer.

 

Ligne 7 à 18

Soudain, il interpelle ses élèves :

— Par exemple, si on prend Aurore… regardez-la bien ! Est-ce qu’elle est noire ?

C’est brut et brutal, je ne m’attendais pas à ça. Collée à ma chaise, je retiens mon souffle.

La réponse ne se fait pas attendre. Les trente-deux bouches attablées hurlent en choeur :

— Non !!! « Le professeur m’ordonne alors :

— Lève-toi Aurore et mets-toi bien face à tes camarades pour qu’ils puissent mieux te voir !

Mon cœur bat à tout rompre tandis que je me mets debout, tremblante.

Et là, j’entends cette même voix du maître :

— Allez Aurore, va sur l’estrade !

Je m’exécute comme on monte à l’échafaud.

Informations complémentaires

ISBN Ebook

Version

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Format Livre

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A propos de l'auteur : Catherine Casiez

Catherine Casiez est née d'un père originaire de la Martinique et d'une mère nordiste et blonde aux yeux bleus. Élevée exclusivement par sa famille maternelle, elle grandit dans un village à la campagne, rebaptisé " No Black's Land ", un no man's land qui semble n'avoir été créé que pour elle, là où il n'y a pas de Noirs et où elle est la seule enfant métisse. Confrontée dès son plus jeune âge au racisme, son nom et son prénom "bien français" n'y changent rien. Elle trouve refuge et réconfort dans les livres, la musique, les films et les séries télé. Mais elle cherche en vain des ouvrages traitant de ce qu'elle a subi : le harcèlement scolaire dû à la couleur de peau. Elle décide alors de relater sa propre histoire. Son projet d'écriture : Aider par les mots, adultes et adolescents qui auraient vécu des choses similaires et qui pourraient se reconnaître dans son récit. Elle décrit à l'état brut et sans concession des événements forts tels qu'ils se sont passés, et l'on suit son parcours chaotique de l'enfance à l'âge adulte où plus tard, elle découvre le harcèlement au travail. Au final, un sujet de société qui peut toucher n'importe qui, quelle que soit sa différence. Mais cette autobiographie est aussi un message d'espoir pour dire que l'on s'en sort. Pour ne plus qu'aucun être harcelé n'en vienne à mettre fin à ses jours.