MOZARMES CITOYENS

9.99 19.90 

Le roman « Mozarmes citoyens » relate l’histoire de deux sœurs nées après-guerre au sein d’une famille juive. Les blessures abyssales des générations précédentes s’y dessinent en creux. Au travers d’anecdotes infimes s’ourdissent des atrocités parfois à peine murmurées. Avec l’acuité et les mots de l’enfance, ce texte acide relate ce qu’elles en découvrent et en comprennent, mais révèle aussi l’enthousiasme et l’ancrage de leur devenir et de leur liberté.

Abordé sous l’angle des articulations intimes en miroir, entre conflits familiaux, partis pris idéologiques et au fil des réalités, ce récit s’intéresse au sort et aux dommages vécus par les générations de l’« après » et tente de mettre en lumière ces luttes muettes tombées entre deux vacarmes, le « silence » assourdissant, apnéique, des abominations de la Shoah, et les « espoirs » bruyants des Trente Glorieuses.

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Description

EXTRAITS DU LIVRE

Eux, on ne sait comment ils étaient arrivés là, rescapés miraculeux d’un moment de l’histoire où ils avaient été pourchassés, mutilés, torturés, assassinés. Ils avaient gardé secrètement au fond de leur cœur les Jacques, Léa ou Maurice qui n’étaient pas revenus. Ils n’avaient même pas pu se réjouir de la Libération, tout occupés pendant de longs mois à attendre et espérer le retour de quelque autre miraculé.

Et, à partir de l’instant même où ils avaient pu s’abriter derrière les pierres des beaux immeubles parisiens, à cet instant précis, très exactement celui-là, tout devait rester figé pour l’éternité, leur bonheur d’être en vie, immuable et leurs souffrances reléguées dans le silence de leurs peines qu’ils devaient faire taire à tout prix, l’horreur contenue dans leurs muettes cicatrices.

Ce qu’ils avaient vécu était tel que cela constituait un interdit absolu à ressentir ou dire quoi que ce soit pour nous, les enfants. Pour eux, nous étions nés « après », n’avions pas connu tout ceci et nos petites misères, comparées aux leurs, n’avaient pas cours.

Une fois réchappés de ce qu’ils avaient subi, ils ont essayé, les malheureux, de figer le peu de bonheur auquel ils avaient enfin droit. Plus rien, à l’exception d’un nouveau chaos mondial, ne devait s’opposer à ce tableau désormais immobile et digne.

Le problème est que les enfants vivent, bougent, questionnent, pleurent et rient, désirent et s’indignent.

C’est justement l’après de cet instant où ils ont posé les contours de leur bonheur revenu, enfermant pour toujours leur torture dans le silence, que je vais essayer de raconter.

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Mozarmes citoyens,

formez vos batoyens…

C’est l’hymne national. Depuis qu’on nous l’a appris à l’école communale, Anna et moi le chantons à tue-tête… à notre façon ! «Mozart», on le connaît bien, «citoyen» est un mot que nous comprenons. «Formez vos batoyens», il s’agit de se regrouper. Marchons, marchons, qu’un «sanguin» (fait peut-être référence à une orange, passons), «pur» suivi de «abreuve», il s’agit d’eau. L’étendard (républicain) est «sans glands», contrairement à certaines armoiries En gros, ce qui nous apparaît comme important est qu’il s’agit de marcher en chantant bien fort et en se regroupant, et que si on le fait bien, on sera abreuvé d’eau pure. En tout cas, cela nous remonte le moral.

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A propos de l'auteur : Corinne Cain

Fuyant des systèmes familiaux communautaires opposés en conflit permanent, Corinne Cain est vite rentrée en rébellion intérieure. Afin de ne pas sombrer dans la folie des objectifs et diktats contradictoires sur ce que devait être le destin tout tracé et inéluctable d'une bonne fille et petite-fille, bonne épouse, bonne bru, bonne mère, la liberté qu’offrent la pensée et la parole, les mots et les silences, se sont vite imposés à elle. Puis l'institution scolaire dans la France républicaine de l’après-guerre, les études, le travail, les rencontres avec les camarades et les amis chers, vont lui fournir de formidables appuis. Considérant que les petits faits, les minuscules virus de la vie peuvent être aussi destructeurs aussi violents que les grands, c’est vers ceux-là que l’auteur s’est tournée.