L’Insoumise

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Mathilde, presque la quarantaine, mère célibataire, a une vie terne et anodine dans laquelle elle étouffe en tentant de survivre tout en gérant un quotidien difficile et sans perspectives. Une rencontre vraiment hasardeuse et dangereuse va la métamorphoser et à terme révéler qui elle est: pas une petite bibliothécaire transparente mais bien une femme de tête, organisatrice et manipulatrice.

Le roman est inspiré très indirectement d’un fait divers américain des années 1950 et pose la question de la culpabilité. Cest un road-trip volontairement court et haletant de manière à ne pas laisser une seconde de répit au lecteur.

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Description

  • Et forcément le dîner n’a pas lieu parce que caser deux enfants en trois heures, surtout quand il faut aller les chercher à l’école, c’est difficile. Mathilde retrouve alors son quotidien ; il était déjà insupportable, il le devient davantage. Pourquoi se fait-elle chier avec ces deux marmots au lieu d’être à son dîner, enfin tranquille, avec un gars qui en impose ? Pourquoi ne peut-elle pas vivre enfin en tant que femme au lieu de se retrouver cantonnée au rôle de nourrice, à laver, repasser, consoler, rassurer ? Elle aussi a besoin qu’on la prenne dans ses bras et qu’on la rassure. Merde, la vie est une merde. Pour la deuxième soirée consécutive, elle se couche sans se brosser les dents et cette fois-ci, sans déplier le canapé ni même se déshabiller : elle sera plus vite prête demain. De toute façon, personne ne s’en apercevra. Après tout, personne ne la regarde, ni devant les écoles lorsqu’elle dépose Marie et Jean, ni à la bibliothèque où elle travaille dans un silence assourdissant et étouffant. C’est une nuit sans rêves, un trou noir béant mais réconfortant dans lequel elle tombe ; la vie, la vraie, ne vaut pas la peine d’être vécue, seul compte le sommeil qui éteint la lanterne et qui annonce enfin l’apaisement avant le réveil du matin, synonyme d’angoisses, de factures, de cris, de course contre la montre pour une journée qui sera à l’identique de toutes les autres : sans une lueur et sans un espoir. « Et je me tue parce que je ne puis plus vivre, que la fatigue de m’endormir et la fatigue de me réveiller me sont insupportables. Je me tue parce que je suis inutile aux autres »- ça résonne et ça détonne dans la tête de Mathilde, de vieux vers qui remontent à la surface comme une soudaine réminiscence de sa jeunesse et de ses rêves perdus.
    • Mathilde a sombré et ne s’est pas réveillée. Quel délice ! Elle s’est lovée dans les draps en se retournant mille et une fois pour trouver la bonne position afin de trouver le sommeil tout en se promettant de se lever dans quinze minutes.

    – Maman, samedi ? Faim.

    C’est Jean qui la sort de sa torpeur. Sept ans et déjà comme son père, il la dérange, il l’empêche de s’abandonner et de pouvoir se réfugier, il faut lui préparer à manger, tout son père ! Il est capable de sortir ses céréales seul, Mathilde lui a expliqué mille fois mais Jean persiste à la prendre pour sa servante. Faut dire qu’il est un peu autiste et va dans une école spécialisée car on lui a refusé le CP normal ; il ne parlait pas à la fin de la maternelle sauf pour répéter mots pour mots ce qu’on lui disait. Une fois elle l’a égaré par inadvertance et les deux jeunes filles qui l’avaient récupéré étaient désemparées car à la question « Où est ta maman ? », il ne savait que répondre : « Où est ta maman ? ». Ceci dit elle l’a retrouvé. « Maman veux ci, maman veux ça… ». Ça il a appris. Est-il handicapé ce môme dont elle n’a pas voulu, dont personne ne veut et dont elle se charge malgré tout ? Ne peut-il pas comprendre qu’à l’âge de soi-disant raison, il pourrait faire autre chose que de demander ? Son nez coule encore, comme d’habitude, Mathilde l’entend mais même se moucher seul il en est incapable ! Son père tout craché ! Un lâcheur, un assisté, un rebus de la société, constamment au chômage, incapable de payer une pension ni même de voir son fils une heure en plus de six ans. Dans sa torpeur, dans un demi-sommeil, Mathilde se souvient par flash de sa faiblesse et de cet homme qu’elle a cru aimer mais qui l’a abandonnée le jour où elle a accouché. Ce connard a profité de son accouchement pour déménager après qu’elle l’ait engraissé pendant presque deux ans à regarder la télévision, sa télévision, dans son appartement dont elle payait le loyer naturellement seule. Mathilde l’a attendu à la maternité, lui, a cherché des excuses : il préparait l’appartement, la chambre. Il avait peur de prendre le bébé, petite chose toute fripée et fragile, normal, tous les hommes sont ainsi. C’est ce qu’elle a expliqué aux infirmières qui la questionnaient et se montraient plus prévenantes qu’elles n’auraient dû l’être à son égard. Il faut dire qu’elle n’a pas eu une seule visite, la seule amie qu’elle avait était partie vivre en province, au soleil et elle avait fait sa vie avec un gars solide et franc.
    Pour rentrer en taxi, 58 euros, avec un marmot rouge et braillant, un tube digestif, dans un appartement vide et froid, pour découvrir que la moitié de ses meubles avaient disparu et que plus personne ne répondait au téléphone. Alors, ce marmot, cette boule puante, oui, elle s’en est occupée parce que ça se fait, mais elle s’est mise à la détester. D’autant qu’il s’est révélé être un peu abruti, retardé et qu’à sept ans il ne sait communiquer qu’en alignant quelques mots qui forment avec peine une phrase.

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A propos de l'auteur : M.K Kaplan

Professeure de français depuis 25 ans, M.K Kaplan ne ressemble pas à son héroïne ; vie calme, amoureuse de la nature et des animaux, elle travaille en collaboration avec son compagnon Vielo, illustrateur, qui a réalisé tous les dessins. Un prochain roman s’intitulant La Reine couronne et qui constitue une espèce de suite de L’Insoumise avec retour de personnages sera prochainement disponible, les deux romans pouvant se lire tout à fait séparément.