Le cri de la luciole- « Si tu cèdes à ton destin, il te conduit, si tu lui résistes, il te traîne »Giacomo Casanova

7.99 

Veule et passif, Jean nourrit de ses rêves l’ordinaire de son quotidien.
Sous couvert de sa solitude, le jeune homme fuit la vie avec complaisance dans l’attente d’une fin qui le délivrera de ses démons.
Lorsque la providence s’en mêle, la roue du destin s’accélère faisant basculer une existence bancale.
Confiné loin de chez lui sur une ile incertaine, un second souffle noie la banalité d’une vie dans l’univers extra-ordinaire et apocalyptique d’un ancien soldat d’élite du Reich reclus dans son passé carnassier.
Les improbables destins se croisent opposant deux hommes à la fois très différents mais aussi très semblables, l’un ne croit plus à la vie avant même de l’avoir vécue, l’autre n’y croit plus parce qu’il l’a vécue.
Mais dans l’ombre du vieil Hauptmann, Fleur a grandi comme une impossible rédemption.
Au pied d’un volcan condamné au silence mais au contact d’une nature tourmentée et sans cesse en mouvement, la petite fille à la candeur infernale règne sur un royaume ludique et sans partage. Une lumière décapante venue de l’autre coté de l’océan altérera les rêves sucrés de cet ange damné qui, du bout de ses ailes naissantes, effleurera les âmes en perdition avant que l’une d’entre elles ne s’abime à jamais.
Un itinéraire foudroyé entre rêve, fantasme et réalité…

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Description

Que la peau de Marina était douce et soyeuse bien qu’étrangement froide. Les draps qui la couvraient à peine semblaient si grossiers. Jean était attiré par les rondeurs inertes qu’offrait indécemment ce corps dénudé. Il semblait si serein. En le caressant, il glissait du bout des doigts sur les courbes entraînantes et dormantes. Elle s’était assoupie.

C’est comme ça qu’il aurait voulu mourir Jean, sous les caresses, celles exquises de Marina. Des caresses parfaites pour un corps imparfait. Des caresses si pures qu’elles l’emmèneraient en douceur si près de la mort, loin des tourments de l’âme. Chaque frisson d’un dard acéré piquait son existence rugueuse d’un délice divin. Eux seuls hérissaient sa vie de plaisir. En vérité, peu de chose que peu de gens savaient donner. Comme un sacrement, Jean aimait recevoir ces caresses. Chérubin déchu qui gisait les ailes brisées par le plaisir. Sur ce lit débauché, un enfant approchait l’inconcevable. Un sourire et sous ses caresses, il aurait avoué n’importe quoi. Qu’elle était belle et même qu’il l’aimait à condition que sous aucun prétexte, elle ne mît fin au supplice.

L’équilibre et la grâce de cette enfant étaient indicibles, presque irréels…Une silhouette vaporeuse ouvrait délicatement les yeux de Jean. La fillette papillonnait. Avec désinvolture, elle colorait une pièce monochrome. Le vinyle s’était tu, emportant définitivement les dernières notes baroques. Le silence glacial le fit sortir de son sommeil lâchant une silhouette au milieu des entrechats improvisés de la petite ballerine. L’ombre, en se voûtant, dressa Jean sur le lit. Échappé d’une toile jaunie, un visage immobile étroitement éclairé lui présentait un bol de tisane. La patine du temps avait craquelé la profondeur de son regard sans en altérer la gravité. Sous le vernis disparu, des cicatrices. Elles écorchaient encore une peau dont les rides d’une grande sévérité scellaient une bouche presque effacée. Une main légèrement en retrait se réservait la bouteille de rhum. Au milieu des effluves que l’aurore n’avait pu soustraire à la soif inextinguible, un mutisme martial informa Jean, bien plus qu’un long discours, qu’il lui était redevable.

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A propos de l'auteur : Philippe Leschi

A 19 ans, l’auteur s’engage pour voyager à moindre frais dans la grande muette. Son roman le restera aussi, forgé dans la solitude d’une aventure humaine au contact du meilleur et du pire, jusqu’à ce qu’il soit exhumé de l’oubli. Un premier chapitre né sur les bancs d’un cours de philo au lycée attendra patiemment que les décennies qui suivent mettent, au fil d’une existence maintes fois remaniée, un point final à ces pages d’écriture arrachées à la nuit.