Le coup de l’éventail- L’émergence d’un malicide français

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Le débarquement des militaires français de Sidi-Fredj, le 14 juin 1830, était-il la conséquence d’un « coup d’éventail » donné par le Dey d’Alger au consul Deval ? Et si l’offense faite à la France, causée par une dette non remboursée, n’était qu’un prétexte, comme au temps des croisades, qui allait pousser Charles X à orchestrer un malicide avec pillages et massacres, qui perdurera durant 124 ans de colonisation et 8 années de guerre d’Algérie ! Le livre prend racine sur l’histoire de l’Algérie et raconte le destin croisé de trois personnages de 1830 à nos jours dans une fiction pas si éloignée du réel où les politiques, comme De Gaulle ou Mitterrand, jouèrent une partition pas toujours limpide. Germaine Tillon, une anthropologue entrée au Panthéon, croisera à plusieurs reprises le destin de Nourach Sâadi, membre du FLN, responsable de la Zone Autonome d’Alger. Des années après, ce dernier verra sa route détournée par un ancien Cégétiste licencié de chez Continental, converti au racisme quotidien puis aux thèses extrêmes du FN pour finir au sein d’un mouvement occulte, chargé d’éradiquer fichés « S » et terroristes. Ce roman est un questionnement sur le colonialisme, un regard sur les politiques expansionnistes de la France. C’est aussi une réflexion sur la monstruosité de la nature humaine, le cynisme politicien, le terreau du terrorisme. Une plongée historique et littéraire dans un univers qui tente encore de garder les secrets du déshonneur de la France.

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Description

En sortant de la pièce, je repris immédiatement les vieilles habitudes du prisonnier : observer les lieux dans le moindre détail, mémoriser tout, au cas où l’envie d’évasion se présenterait. Mais, à mon âge, on peut avoir des envies sans vraiment les assouvir, c’est toute la difficulté de la vieillesse : on ne sait jamais si on est dans l’antichambre de la mort ou dans le boudoir de la sagesse, alors, on attend. On évite les risques superflus, et puis, un jour, tout devient inutile. Il me fallait gagner du temps pour mieux observer, je fis semblant d’être pris d’une quinte de toux, ce qui me permit d’observer à trois cent soixante degré. Les murs de pierre, avaient été repeints à l’usure du temps. Toutes les pièces étaient fermées. Chacune des portes était barricadée par l’extérieur avec trois verrous. Cela ressemblait à une geôle. Au fond de ce goulet sombre et maussade, un accès donnait sur le dehors. La liberté se trouvait là, à deux pas. Mais qu’y avait-il derrière cette porte ? Je n’avais aucune connaissance du lieu dans lequel je me trouvais. Vu la température, je devais être dans le sud de la France, la météo n’est pas si clémente dans le nord à cette période de l’année.

Pendant la guerre d’Algérie, l’angoisse m’était inconnue. J’étais dans la lutte et la lutte, ça vous tient en éveil. À chaque instant, ma vie était une menace. La mort n’était pas mon métier, mais elle était devenue mon quotidien. Nous la donnions peu mais nous la recevions beaucoup. De nombreux combattants mouraient mais les civils payaient le prix fort. J’aimais la noblesse de ma lutte. Se battre pour sa liberté, cela peut être douloureux, mais c’est tellement beau et fort. On s’imagine toujours renverser son adversaire comme Hercule terrassa le lion de Némée. La force reste en nous, tout le temps que la faiblesse du remord d’avoir tué ne nous gâche pas la victoire.

Aujourd’hui, je suis loin du quotidien de cette époque. Je vis dans le confort, entre la France et l’Algérie. Les français avaient réussi à insérer en moi une petite graine de ce pays, et ici je me sens un peu chez moi. Il est vrai qu’à presque 90 ans, je me suis ramolli. En vieillissant, on devient beaucoup plus fragile et plus craintif. Je n’ai pas peur de la mort mais la brutalité m’angoisse. Je n’ai plus la même force pour résister. J’avais été un héros adulé par des milliers de gens, désormais je suis un vieillard à l’aulne de sa mort ignoré de tous, vivant reclus dans ses souvenirs et présentant un avenir aussi court que radical.

Allongé sur le lit, je respirais le présent sans savoir pourquoi j’avais survécu si longtemps. Au fond, le monde ne m’intéresse plus. Aujourd’hui tout va trop vite pour mes neurones fatigués. Je ne saisis pas tout. L’époque actuelle m’apporte chaque jour sa dose de désagréments et je n’ai plus grand chose à lui offrir en dehors de ce corps flétri.

Je suis trop vieux pour entreprendre. Je suis trop vieux pour comprendre.

Je suis trop vieux pour encore me surprendre.

De cette existence bien remplie une seule chose me reste à accomplir : partir…

Alors autant le faire avec panache, en Moudjahid. Je vais leur donner ce qu’ils attendent de moi, pour accomplir leur basse besogne. Je vais leur raconter ma vie avant de leur donner mon âme. Je laissai le sommeil me couper de la réalité du monde.

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A propos de l'auteur : Ty Labussière

Amoureux de littérature et de théâtre depuis l'enfance, Ty Labussière s’essaye à l’écriture en écrivant des histoires pour enfants et des chansons. De ses pages sortiront trois contes, une dizaine de chansons et une comédie musicale « Sylvain et Verdie ». Quelques années plus tard, l’envie décrire le reprend avec "Ninon de Lenclos, mémoires d’une insoumise", pièce de Théâtre relatant la vie d’une courtisane, féministe avant l’heure, et publiée à compte d’auteur. Puis l’envie d’un nouveau défi : écrire un roman. Les trois années d’écriture qui suivent seront enrichies de lectures et permettront au fascinant roman « Le Coup de l’éventail » de nous faire visiter cette période de l’histoire de France ignorée des manuels scolaires.