La Grande Histoire Des Petits Fruits Rouges En Picardie Médiévale

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Avant que des historiens ne fassent une enquête sur l’histoire du marché des fruits rouges de Noyon, une légende avait la vie dure : ce marché aurait existé au Moyen-Âge. Cette histoire est donc l’exploration passionnante du parcours des fruits rouges en Picardie depuis les temps les plus reculés : pourquoi cette légende était-elle née ? Étaient-ils consommés ? Quelles vertus leur étaient attribuées ? Certains fruits seront mêlés à des histoires de sorcellerie… Ils envahiront le monde des légendes et des dictons. Vertueux ou sulfureux, c’est néanmoins la peste noire de 1348 qui les fera réapparaître. Nous verrons comment un roi qui aimait cette ville va redonner aux fruits rouges leurs lettres de noblesse. Car il reconnut ces petits fruits comme nécessaires à la santé. La fraise, désormais cultivée dans ses jardins du Louvre, les fera revenir sur les tables, puis sur les marchés.

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Description

Extraits de l’ouvrage

De la page 70, ligne 3 à la page 72, ligne 20.

Aucun de ces documents ne parle de framboise, de fraise des bois ni d’aucune groseille ; ces fruits-là, bien que consommés et cultivés n’étaient pas dans la pharmacopée, mais dans l’alimentation. L’infirmerie de l’abbaye d’Ourscamp date de 1210. Juste à côté était l’herbularius, le jardin des simples et l’hortus, ou potager dont les fruits et légumes pouvaient aussi servir de médication. Le moine cellérier, autrement dit l’intendant, s’occupait de l’approvisionnement en nourriture, mais il pouvait aussi avoir office d’infirmier. C’est donc ce dernier poste qui conférait le droit de fabriquer les préparations médicinales.

En 1215, la révolution des jardins médicinaux est-elle vraiment aboutie ? Certainement pas partout, car l’infirmerie de l’abbaye d’Ourscamp sera terminée en 1220 et elle est voisine de son jardin médicinal…! Malgré tout, la médecine laïque s’implante et les études existent dans les grandes facultés. D’ailleurs, au XIIIe siècle, dans certains endroits comme l’abbaye de Fountains en Angleterre, on voit l’abbé se plaindre du montant des frais exorbitants occasionnés par les visites répétées du médecin de la ville au chevet de ses moines malades ! Ils ont déjà dû oublier leur savoir ! Peut-être, parmi les moines, se trouve-il des chercheurs en sciences naturelles qui peuvent compenser les interdictions, au moins pour les résidents ? Seuls les ordres hospitaliers ont le droit de soigner : servir nos seigneurs les malades, disaient-ils. Mais alors, avaient-ils gardé les traditions des soins monastiques ? Que sont devenus les cassis ?

Chaque croisade va faire évoluer les techniques agricoles et les techniques de fabrication. Elles vont permettre de varier considérablement les espèces dans les jardins, avec des plantes dont les plants avaient été cultivés en Orient, mais qui existaient aussi en Picardie pour la plupart, mais à l’état sauvage ou cultivés pour la médecine.

Les Croisés ont alors montré que les fruits avaient avantage à être cultivés pour faire des sucreries, des confitures, pâtes de fruits et sirops, mais aussi des desserts. Les habitudes agricoles ont donc évolué doucement avec la progression du sucre et des techniques culinaires.

Pour qu’une autorité locale ait compris la nécessité de créer un marché spécifique, il faut réunir les conditions nécessaires à sa réussite et ce qui mobiliserait les intérêts des uns et des autres. Il faut nécessairement des acheteurs et des produits, donc une culture régulière et des fabrications, puisque l’on sait que très tôt il y a eu des ventes de gâteaux, etc. Étant donné l’impossibilité de transporter de petits fruits aussi fragiles sur les grands marchés éloignés, aussi bien du fait des conditionnements inexistants pour ce type de produit que des conditions de transports, la vente des produits frais ne pouvait se faire que dans un lieu proche de la récolte où il y avait suffisamment de consommateurs argentés, donc des châtelains, des bourgeois.

Sans conteste, la région du Noyonnais et de l’Oise, proche de Soissons, Amiens et Beauvais, attirait la royauté et la noblesse pour chasser, profiter de la campagne et donner des fêtes dans les châteaux. C’est donc un argument de poids, mais cela ne suffit pas à faire évoluer l’alimentation en y intégrant les fruits, les légumes étant déjà mal considérés par l’élite !

À cette époque, les gens sont persuadés que leur type d’alimentation est la bonne ; n’entend-on pas les crieurs de rues de Compiègne attirer le passant dans une auberge : Ci a bon vin frès et noveln C’a d’Auçoire, C’a de Soissons, pain et char, et vin et poissons ; ceens fet bon desoendre argent, ostel, a tout gent ; ceens fet moult bon herbregier. Et les voyageurs, en l’occurrence trois aveugles, mangèrent pain et char, pastéz et chapon et vins. Il est évident pour tous que celui qui bien mengier et bien boit, bien chie et bien poit, il n’a mestier de mire (il n’a pas besoin de médecin). Ces extraits de fabliaux médiévaux datant de 1201 à 1300 sont révélateurs de la pensée populaire et des habitudes qui se pratiquent. Ainsi le précepte d’Hippocrate n’avait pas été oublié. Que ta nourriture soit ton médicament et ton médicament ta nourriture. Encore s’agissait-il de savoir formuler ledit médicament !

Et puis, les événements vont enrayer toute velléité de culture des petits fruits… Allons faire un petit tour dans l’Histoire !

 

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SOLANGE SAINT-ARROMAN a un cursus complexe. Elle est sortie des Beaux-Arts avec un diplôme national de photographie. Après deux ans à la maison de la culture de Chalon-sur-Saône, elle crée des vêtements pour les enfants pendant dix ans. Son parcours ayant été émaillé d’innovations, elle s’est tournée vers la prospective. Fondant sa propre société de prospective et d’innovation, elle a mis son expérience au service des grands groupes industriels avec de nombreux succès. Aujourd’hui, elle écrit et fait des recherches historiques et généalogiques.

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A propos de l'auteur : Solange Saint-Arroman

L’écriture a toujours fait partie de ses passions, ainsi que l’Histoire, les sciences et la photographie. Sa petite fille lui a demandé de lui écrire un livre. Habitant Noyon, le sujet des fruits rouges s’imposait. Écrire pour les petits nécessite aussi de faire des recherches. À la médiathèque, on lui conseilla de « rédiger ses notes ». C’est ainsi que cet ouvrage prit forme. Car la nature fait également partie de la grande Histoire des hommes. SOLANGE SAINT-ARROMAN a un cursus complexe. Elle est sortie des Beaux-Arts avec un diplôme national de photographie. Après deux ans à la maison de la culture de Chalon-sur-Saône, elle crée des vêtements pour les enfants pendant dix ans. Son parcours ayant été émaillé d’innovations, elle s’est tournée vers la prospective. Fondant sa propre société de prospective et d’innovation, elle a mis son expérience au service des grands groupes industriels avec de nombreux succès. Aujourd’hui, elle écrit et fait des recherches historiques et généalogiques.