La brigade des caves

Noté 5.00 sur 5 basé sur 2 notations client
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Par quoi peuvent être liés Edouard Reversat, galeriste aixois réputé, sa voisine Odile Alberti, une modeste nonagénaire, et une étudiante en sociologie, Lydie Le Quéré, retrouvée poignardée dans une cave de la cité du Candeloun, un quartier difficile où sévissent la drogue et la violence sous l’autorité du caïd Nordine Hamdi, suspect que tout accuse ?

Le commandant Viala, locataire de la nonagénaire et proche de la victime, enquête sur ce crime et sur celui de Julia Reversat, fille du galeriste, découverte le même soir étranglée dans l’appartement de l’étudiante.

Très vite, le policier se confronte à des personnages socialement différents et surprenants dans leur complexité pittoresque. Viala doit aussi supporter les frasques d’un de ses lieutenants, mal intégré, imprévisible, et affronter l’hostilité d’un collègue des Stups.

Il lui faudra toute son obstination et son expérience pour élucider les relations toxiques entre des quartiers que tout oppose et le face-à-face de fenêtres derrière lesquelles macèrent depuis longtemps la haine et le mépris sur fond de lourds secrets.

Un roman policier, social et humain, qui illustre l’impossibilité d’effacer le passé et l’ambiguïté d’une cité bourgeoise à l’apparence trompeuse, où un boulevard, un aqueduc, une rue, tracent des frontières infranchissables.

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Description

Page 7, L l-22

A maintes reprises et sous divers prétextes, Tony Viala avait esquivé les invitations de ses propriétaires. Odile Alberti, une nonagénaire à l’élégance discrète et au menton prolongé d’un fanon ballottant au-dessus d’une écharpe de soie, occupait le second étage d’une maison bourgeoise, rue des Bons-Enfants. Sa fille, Carole, une septuagénaire remuante, logeant au premier, ne quittait sa mère que pour faire les courses et jouer les redresseurs de torts dans le quartier du Candeloun, de l’autre côté de l’aqueduc, un secteur où, depuis des mois, progressait l’araignée de la drogue, sans que la police d’Aix-en-Provence parvînt à déterminer le centre de la toile.

Depuis quelques semaines, l’ambiance de maison anglaise au cadre suranné pesait un peu moins au policier. Car il y avait Lydie.

L’appartement d’un autre âge, avec ses meubles d’un style indéfini, en bois sombre, buffets et commodes surmontés d’une plaque de marbre, sièges dépareillés qui accusaient les ans, lui paraissait plus accueillant. Maintenant il y avait Lydie, une étudiante logée dans le deux-pièces du rez-de-chaussée et conviée, elle aussi, aux rituelles soirées des dames Alberti.

Page 9, L 14

Odile Alberti et sa fille attendaient devant un plateau garni de verres et d’apéritifs divers.

— Je préfère vous voir ici qu’à l’hôtel de police, plaisanta Viala en direction de Carole.

— Tradition familiale, repartit la nonagénaire en riant. J’ai eu moi-même des démêlés avec la police. Les tags de notre époque étaient autrement politiques. Pour les boches, nous étions des terroristes. Avec tout ce que cela implique. Terroristes !

D’un coup, le visage de la vieille femme se figea avec un rictus. Elle avait plongé dans ses souvenirs. Un silence. Viala tenta une diversion et s’adressa à Carole Albert avec un clin d’œil complice.

— La municipalité semble bien indulgente avec les tagueurs du Candeloun.

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Dans le premier box, à droite de la porte coupe-feu, un corps couché sur le côté, au pied d’un vieux buffet. Une fille, à en juger par les bottillons. Pour le reste, des vêtements qui donnèrent un choc à Viala : ce caban beige ouvert sur un pull angora gris à col boule, ce jean velours noir, c’était une tenue qu’il connaissait. Et flottait comme un second souffle ce parfum de néroli. Du sang sur le ciment brut. Le policier se pencha sur le visage de la victime, tournée vers le mur. Second choc. Viala sentit un pieu se ficher dans sa poitrine.

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2 avis pour La brigade des caves

  1. Note 5 sur 5

    Christelle Andolfatto

    Un roman passionnant sous une plume passionnée. Que du plaisir et un peu de frustration quand on ferme le livre, car on voudrait que ça continue. Vivement d’autres lectures !

  2. Note 5 sur 5

    Nelly ESPOSITO

    Un roman noir grave qui se déroule dans la douce et lumineuse Aix en Provence… Voilà qui surprend tant le fait est rare. « La Brigade des Caves » est une enquête qui nous entraîne dans les quartiers et l’histoire de la ville que l’ont dit « D’eaux et d’art ». Art autrefois mal acquis, dans les circonstances historiques de la Seconde Guerre Mondiale. Le passé et le présent, le chic et le populaire, la vie et la mort se côtoient dans ce roman passionnant, dont le héros principal, le commandant Viala, est très attachant… Au point de souhaiter le retrouver dans une autre affaire palpitante…

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A propos de l'auteur : Claude R.A. Muller

Après une enfance marquée par les diverses mutations de son père militaire dans l’Allemagne occupée par les Alliés, Claude R.A. Muller enseigne dans le Second Degré. Quittant l’est, il s’installe dans le sud et soutient une thèse de doctorat d’Etat. Son travail sur l’autobiographie le conduit à méditer sur les secrets de famille et la relativité de la vérité. Auteur de plusieurs romans et d’articles pour le théâtre de la Criée à Marseille, il est intéressé par l’atmosphère de la ville d’Aix-en-Provence et entreprend des recherches sur la Résistance en zone sud. De là lui viendra la matière de ce roman, dont l’élément fondateur est un fait authentique qui fournit le titre du livre.