Croix de guerre ou la véritable histoire de Firmin Brochard

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1925, après dix ans d’absence, Firmin Brochard rentre chez lui en Bretagne. Sur la place du village, son attention se porte sur le  nouveau monument. Une imposante statue d’un poilu triomphant surplombe l’édifice.
Un à un, Firmin découvre pétrifié, gravé sur le granit, le nom de ses conscrits. Comment a-t-on pu laisser mourir tant de jeunes gens ?
Dieu merci, la guerre a épargné ses frères. Alors lorsqu’il aperçoit son propre nom en lettre dorée, Firmin esquisse un sourire.

 

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Description

Page 86 :

Au loin, au bourg, la petite cloche de l’église sonnait à coups répétés. C’est Hippolyte qui réagit le premier :

—  Ah, y’a le feu quelque part !

Les trois hommes et leur mère se mirent à tournoyer sur eux-mêmes à la recherche d’une colonne de fumée quand il vint à l’idée de Constant qu’il s’agissait d’autre chose.

—  Non ! Ce n’est pas le feu, c’est la guerre !

—  Sainte Marie Joseph ! dit la mère en se signant. Les trois fils l’imitèrent sans comprendre vraiment ce que venait faire la Sainte Vierge dans cette histoire.

—  Continuons, ordonna Albert à ses deux frères, on n’a rien entendu !

 

Page 113

Pendant la nuit, la colonne de trains passa l’Île-de-France, mais personne n’en fut réellement témoin. Les changements d’aiguillages étaient bruyants et secouaient les wagons de gauche à droite. Au matin, à Soissons, le convoi s’arrêta un long moment pour le ravitaillement. Tout le monde descendit du train et des dames de la Croix-Rouge leur offrirent du café à volonté. Les filles étaient jeunes et belles et ils furent nombreux à les courtiser, comme ça, juste pour rire.

Ce lundi 10 août, pendant toute la matinée, Joseph resta le nez collé à la vitre de son compartiment ; il put ainsi remarquer que les ponts et les tunnels étaient gardés par des hommes en armes. Des gars de la quarantaine passée, des territoriaux probablement, bien souvent restés en vêtements civils ; les uniformes manquaient.

Ils aperçurent quelques vignobles autour de Reims puis le paysage s’éclaircit avec des plaines incroyables, des prairies à perte de vue. Il repensa alors à la pitoyable ferme
de ses parents. Pourquoi diable existait-il de telles différences dans l’exploitation des terres ?

Dans le wagon de Constant, plus personne ne faisait le mariole, les cœurs se resserraient ; chacun pensait à son village et à la famille laissée là-bas. Un gars se mit à pleurer sans que quiconque vienne le consoler.

Constant se sentait seul, il n’avait pas revu Joseph depuis son départ de Vitré.

C’est à Vouziers dans les Ardennes que le convoi s’arrêta enfin. Non pas que ce fut long, mais si hier encore certains criaient à la victoire, le sentiment d’aller au-devant de la mort était désormais dans tous les esprits.

Page 245

Devant mes yeux, juste à côté de moi, Frank, l’Alsacien, venait d’être trucidé dans son sommeil. Cette vieille carne de sergent nous avait surpris en plein sommeil et il n’avait pas hésité un instant à tuer Frank. D’un premier coup de baïonnette au niveau de la gorge, il avait fait couler le sang, réduisant le soldat germanique au silence. Puis, savourant son crime, probablement en le regardant dans les yeux, il lui avait percé le cœur. Je me retournai vers mon supérieur pour lui faire part de la situation, mais il me coupa l’herbe sous le pied lorsqu’il me signifia ceci :

—  Là, mon petit gars, tu es bon pour le peloton d’exécution, mais ne t’inquiète pas, je réunirai moi-même les gars et je prendrai les meilleurs. Tu ne souffriras pas !

Il riait tellement qu’il fit un faux pas et glissa dans notre trou. Décontenancé, son arme lui échappa. Il était à ma portée, l’occasion était trop belle.

 

Page 320

—  Je m’appelle Greta Bernhard, mon mari s’appelle Frank Bernhard, et vous, quel est votre vrai nom de famille ? Pourquoi portiez-vous la plaque de mon mari ?

Abasourdi, je tentai de remettre les pièces du puzzle en place. Ainsi, la femme de Frank avait été prévenue et elle venait à son tour m’interroger. Je ne savais cependant quelle confiance lui accorder.

—  N’ayez crainte, je ne suis pas à la charge de vos geôliers, je veux seulement savoir où est mon mari.

La voix aussi basse que possible, après plusieurs mois de mutisme, ma bouche se délia et je lui dis ces quelques mots :

—  Délivrez-moi de ces bourreaux, par pitié, emmenez-moi loin de là, et je vous dirai tout ce que je sais sur votre époux.

Ma prière fut celle d’un prisonnier repenti et ma voix tremblait comme le misérable que j’étais devenu.

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3 avis pour Croix de guerre ou la véritable histoire de Firmin Brochard

  1. Note 5 sur 5

    Isabelle Ordonneau

    À lire dès que possible !
    Un roman qui vous plonge sans artifice dans cette terrible guerre des tranchées voilà presque un siècle.
    Une occasion de découvrir ou redécouvrir ce que certains de nos aïeux ont vécu il n’y a pas si longtemps.
    Un roman bien documenté, où se mêlent scènes de la vie quotidienne, la guerre bien sûr et l’Amour qui réunit ou déchire les cœurs.
    Bonne lecture !

  2. Note 5 sur 5

    Christophe Harnois

    Je viens de terminer le livre  » croix de guerre  » .
    C’est toujours un plaisir de lire cet auteur. Vivre une partie de l’histoire dans une région que l’on connaît, ma beaucoup plus. Les recherches sont poussées, c’était très prenant. A chaque étape du livre, l’auteur nous oblige à poursuive la lecture, comme un marathon. Merci pour ce bon moment.

  3. Note 5 sur 5

    Charles-Antoine Chevrier

    J’ai vraiment bien aimé, la scène de l’enterrement est en effet hilarante 😂 Ça m’a permis d’aller sur les pages wikipédia de certains événements de l’époque que je ne connaissais pas (les querelles de inventaires par exemple) et on sent qu’il y a un travail d’écriture pour coller aux événements historiques de cette époque (et ça rend bien !). Il a vécu de belles aventures sous votre plume en tout cas, ce sacré Firmin

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A propos de l'auteur : David Haubert

David Haubert est né en 1962 vit à Vitré, en Bretagne. Avec un formidable goût pour la lecture, le cinéma et les voyages, en 2010, il met fin à une carrière de chef d’entreprise active et découvre, entre autre, le plaisir de l’écriture. Son humour et sa gaieté ne l’empêche jamais d’évoquer des sujets graves, c’est toutefois son esprit libre et aventureux qui prévaux, pour le plaisir de ses lecteurs. Pour ce quatrième roman, David Haubert dresse le portrait d’une famille, d’une commune et d’une région face aux évènements de la grande-guerre. En abordant ce nouveau thème, il désire rendre hommage à ces pauvres familles à qui leur pays a demandé l’ultime effort, le don de leurs fils, ce pour des raisons qui leur resteront éternellement obscures. La patrie, diront les principaux responsables de cette hécatombe. C’est l’histoire de la famille Brochard que cette guerre malmènera bien après le dernier coup de canon. Un roman d’amour et d’aventures sur fond de guerre, dans lequel l’auteur n’épargne personne, pas même les salauds