Confessions d’un hérétique -Critiques de La Bible de l’athéisme de Sam Harris

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Ce livre aurait pu s’intituler « L’athéisme. Ce que tout le monde devrait savoir à ce sujet ». Le présent essai vise à excaver les dessous métaphysiques non-dits, les croyances implicites, sous-jacentes, impensées de l’athéisme qui ne revendique pourtant aucune espèce de croyance. L’essai démasque en profondeur les croyances de l’incroyance en les passant au crible de la critique. L’une des croyances de fond, jamais explicitée par l’athéisme, c’est l’adhésion à une métaphysique matérialiste affirmant que seule la matière existe. L’athéisme pirate la science en la détournant pour servir les fins d’une métaphysique matérialiste. Au-delà de la philosophie anti-religieuse, l’athéisme moderne épouse implicitement le matérialisme.

Pour ce faire, l’auteur examine de manière serrée et rigoureuse les positions prises par l’athéisme de Sam Harris, entre autres, dans Letter to a Christian Nation (2006) (traduction française : La Bible de l’athéisme (2015)). Américain d’origine, Sam Harris s’adresse principalement aux fondamentalistes religieux prégnant aux USA. Neuroscientifique de formation, Harris, tablant sur la science moderne, promeut ainsi sa métaphysique matérialiste.

Cette enquête menée par Jean Laberge sur les fondements métaphysiques de l’athéisme contemporain, vise à rétablir les droits de l’esprit, d’un esprit sain en particulier, libre de toute manipulation.

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Description

EXTRAIT

Le rationalisme que j’attribue à Harris doit être entendu au sens large, non pas comme une théorie de la connaissance opposée à son adversaire, l’empirisme, mais comme une attitude d’esprit – une foi – suivant laquelle il convient de faire confiance aux capacités de la raison pour connaître le monde tel qu’il est, ainsi qu’adopter le recours exclusif à la raison pour établir le vrai et le faux. Comme le disait Carl Sagan, lui aussi grand rationaliste américain, « la raison est certes limitée, mais elle est notre seul moyen de connaître le monde. »

N’allez toutefois pas attribuer à Harris ainsi qu’aux autres nouveaux athéistes, qu’ils sont des rationalistes dans l’âme, comme le furent par exemple avant eux le grand Bertrand Russell, en Angleterre, ou, en France, Auguste Comte. Le qualificatif de rationaliste les choque au plus haut point. C’est leur faire injure que de leur imputer une certaine foi, même profane. Ils se rabattent alors sur l’exercice de la raison pure ou de la méthodologie scientifique qui serait exempte de toute idéologie, de toute croyance.

Pour ma part, je conteste l’empire de l’emprise qu’exerce sur nos esprits le rationalisme. Sur la philosophie en particulier. À ce propos, le grand Stephen Hawking (1942-2018) a écrit cette phrase stupéfiante qui, même après sa mort toute récente, me jette dans une profonde perplexité : « La philosophie est morte, faute d’avoir réussi à suivre les développements de la science moderne, en particulier de la physique. »[1] Le rationalisme se double ici du scientisme. Pour un catholique comme moi, il s’agit d’une forme nette d’idolâtrie qu’il me faut combattre et dénoncer.

Comme je montrerai dans cet essai, le rationalisme scientiste épouse bel et bien une métaphysique, celle du matérialisme découlant de son adhésion au naturalisme. C’est là, je crois, l’une des contributions majeures de l’essai. Je suis hérétique du credo métaphysique rationaliste scientiste qu’endossent implicitement Sam Harris et ses compagnons d’arme.

D’après Chris Hedges, le combat entre la science (le rationalisme) et la religion est un faux combat. Il est plutôt question d’un combat qui oppose deux types de fondamentalisme, religieux, d’une part, et séculier, d’autre part.[2] Il s’agit de «… deux groupes intoxiqués par la croyance utopique et magique suivant laquelle l’humanité peut maîtriser sa destinée ». En somme, il s’agit de deux formes d’idolâtrie. Cet essai aurait pu également s’intituler Contre l’idolâtrie de la Raison.

[1]
Stephen Hawking et Leonard Mlodinow, Y a-t-il un grand architecte dans l’Univers?, Paris, Odile Jacobs, 2014, p. 11.

 

[2]
Voir Chris Hedges, I don’t Believe in Atheists, Free Press, 2008, p. 10.

 

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A propos de l'auteur : Jean Laberge

Avant d’être professeur de philosophie pendant 25 ans dans un cégep de Montréal, Jean Narrache (alias Jean Laberge) s’inscrivit à l’âge de 18 ans dans le même cégep où il fit carrière. Il n’étudia pas la philosophie, seulement la philosophie marxiste qui dominait alors l’enseignement de la philosophie dans les collèges québécois. Jeune catholique, sa foi fut mise à mal par l’enseignement athée ou agnostique que ses maîtres d’alors, les nouveaux clercs, lui prodiguèrent si généreusement. C’était l’époque (1973) où l’on prenait fort au sérieux, dans l’enseignement de la philosophie, la 11e thèse de Marx sur Feuerbach : « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter diversement le monde, ce qui importe, c’est de le transformer. » Aujourd’hui à la retraite, Jean Narrache revient sur le passé ténébreux de l’enseignement de la philosophie au Québec découlant du Rapport Parent qui constitua les cégeps avec sa formation générale, comprenant entre autres la philosophie. L’auteur reconnaît à l’évidence la marche irrésistible de l’extrême-gauche qui adopta le marxisme culturel à la sauce d’Herbert Marcuse.