Confessions d’un hérétique -Critiques de La Bible de l’athéisme de Sam Harris

6.99 14.90 

Ce livre aurait pu s’intituler « L’athéisme. Ce que tout le monde devrait savoir à ce sujet ». Le présent essai vise à excaver les dessous métaphysiques non-dits, les croyances implicites, sous-jacentes, impensées de l’athéisme qui ne revendique pourtant aucune espèce de croyance. L’essai démasque en profondeur les croyances de l’incroyance en les passant au crible de la critique. L’une des croyances de fond, jamais explicitée par l’athéisme, c’est l’adhésion à une métaphysique matérialiste affirmant que seule la matière existe. L’athéisme pirate la science en la détournant pour servir les fins d’une métaphysique matérialiste. Au-delà de la philosophie anti-religieuse, l’athéisme moderne épouse implicitement le matérialisme.

Pour ce faire, l’auteur examine de manière serrée et rigoureuse les positions prises par l’athéisme de Sam Harris, entre autres, dans Letter to a Christian Nation (2006) (traduction française : La Bible de l’athéisme (2015)). Américain d’origine, Sam Harris s’adresse principalement aux fondamentalistes religieux prégnant aux USA. Neuroscientifique de formation, Harris, tablant sur la science moderne, promeut ainsi sa métaphysique matérialiste.

Cette enquête menée par Jean Laberge sur les fondements métaphysiques de l’athéisme contemporain, vise à rétablir les droits de l’esprit, d’un esprit sain en particulier, libre de toute manipulation.

Effacer
UGS : ND Catégories : , , Brand:

Description

EXTRAIT

Le rationalisme que j’attribue à Harris doit être entendu au sens large, non pas comme une théorie de la connaissance opposée à son adversaire, l’empirisme, mais comme une attitude d’esprit – une foi – suivant laquelle il convient de faire confiance aux capacités de la raison pour connaître le monde tel qu’il est, ainsi qu’adopter le recours exclusif à la raison pour établir le vrai et le faux. Comme le disait Carl Sagan, lui aussi grand rationaliste américain, « la raison est certes limitée, mais elle est notre seul moyen de connaître le monde. »

N’allez toutefois pas attribuer à Harris ainsi qu’aux autres nouveaux athéistes, qu’ils sont des rationalistes dans l’âme, comme le furent par exemple avant eux le grand Bertrand Russell, en Angleterre, ou, en France, Auguste Comte. Le qualificatif de rationaliste les choque au plus haut point. C’est leur faire injure que de leur imputer une certaine foi, même profane. Ils se rabattent alors sur l’exercice de la raison pure ou de la méthodologie scientifique qui serait exempte de toute idéologie, de toute croyance.

Pour ma part, je conteste l’empire de l’emprise qu’exerce sur nos esprits le rationalisme. Sur la philosophie en particulier. À ce propos, le grand Stephen Hawking (1942-2018) a écrit cette phrase stupéfiante qui, même après sa mort toute récente, me jette dans une profonde perplexité : « La philosophie est morte, faute d’avoir réussi à suivre les développements de la science moderne, en particulier de la physique. »[1] Le rationalisme se double ici du scientisme. Pour un catholique comme moi, il s’agit d’une forme nette d’idolâtrie qu’il me faut combattre et dénoncer.

Comme je montrerai dans cet essai, le rationalisme scientiste épouse bel et bien une métaphysique, celle du matérialisme découlant de son adhésion au naturalisme. C’est là, je crois, l’une des contributions majeures de l’essai. Je suis hérétique du credo métaphysique rationaliste scientiste qu’endossent implicitement Sam Harris et ses compagnons d’arme.

D’après Chris Hedges, le combat entre la science (le rationalisme) et la religion est un faux combat. Il est plutôt question d’un combat qui oppose deux types de fondamentalisme, religieux, d’une part, et séculier, d’autre part.[2] Il s’agit de «… deux groupes intoxiqués par la croyance utopique et magique suivant laquelle l’humanité peut maîtriser sa destinée ». En somme, il s’agit de deux formes d’idolâtrie. Cet essai aurait pu également s’intituler Contre l’idolâtrie de la Raison.

[1]
Stephen Hawking et Leonard Mlodinow, Y a-t-il un grand architecte dans l’Univers?, Paris, Odile Jacobs, 2014, p. 11.

 

[2]
Voir Chris Hedges, I don’t Believe in Atheists, Free Press, 2008, p. 10.

 

Informations complémentaires

ISBN Ebook

Version

,

Format Livre

ISBN Livre

Avis

Il n’y pas encore d’avis.

Soyez le premier à laisser votre avis sur “Confessions d’un hérétique -Critiques de La Bible de l’athéisme de Sam Harris”

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A propos de l'auteur : Jean Laberge

L’auteur fut professeur de philosophie pendant 25 ans dans un cégep à Montréal. Aujourd’hui à la retraite, Jean Laberge est un philosophe néo-aristotélicien catholique. À cet égard, il a déjà publié Plaidoyer pour une morale du bien (Liber, 2011), et récemment chez Connaissances et Savoirs, Du fiabilisme. La garantie métaphysique de la foi. Ses auteurs de prédilection sont anglophones, dont William James, Ludwig Wittgenstein, Alvin Plantinga, Harry Frankfurt. Pour n’en nommer que quelques-uns, ses auteurs francophones favoris vont de l’existentialiste chrétien Gabriel Marcel, Simone Weil, Emmanuel Mounier, en passant par Jean Guitton, Jacques Maritain et Roger Pouivet. Néo-aristotélicien, Laberge s’intéresse au renouveau pour la pensée de Saint Thomas d’Aquin. Il aime penser rigoureusement, et veut convaincre ses lecteurs qu’il est possible de penser le christianisme de manière analytique dans la tradition de la philosophie anglo-saxonne. Il fait sien le mot du philosophe britannique d’Oxford, Brian Leflow : « Je suis philosophe parce que je suis chrétien. »